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Insécurité :La criminalité se porte bien à Bertoua

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Après l’assassinat d’un opérateur économique au quartier Italie, le corps sans vie d’une femme a été retrouvé à Tigaza. Depuis près de deux mois, la ville de Bertoua, chef-lieu de la région de l’Est, est devenue le théâtre d’une criminalité grandissante. Au cours du week-end du 08 au 09 août dernier, la consternation s’est emparée des riverains du quartier Italie. Les populations de cette zone qui abrite les services de l’Hôpital régional de Bertoua, à leur réveil ont découvert le corps sans vie de l’un des habitants.

D’après les témoignages recueillis, la victime était un opérateur économique, propriétaire d’une boutique au marché de la ville et d’un débit de boisson au quartier Mandjou. « On a tué ce monsieur avec une arme à feu, il avait une balle dans la tête», nous explique un habitant dudit quartier qui ajoute également : «Notre quartier est un bon terrain pour les bandits parce qu’il est éloigné des services de sécurité, même si les forces de maintien de l’ordre font des patrouilles constamment».

Une nouvelle découverte macabre a été faite hier au quartier Tigaza. Là-bas, la population a été frappée d’effroi suite à la découverte de la dépouille d’une jeune femme, la trentaine à peine. Selon les témoignages recueillis sur place, la jeune femme ne serait pas du quartier ou du moins, des environs et son corps à peine voilée aurait passé la nuit à cet endroit. « Quand on regarde le corps de cette femme, il doit être là depuis hier nuit, car il est tout mouillé. Mais, je ne pense pas qu’elle soit du secteur», croit savoir un habitant du quartier Tigaza.

« Mais, comment expliquer que malgré la présence d’une unité du Groupement mobile d’intervention (Gmi) dans le quartier et leurs patrouilles incessantes dans toute la ville, nous assistions toujours à des scènes de criminalité ?», s’interrogent les habitants de ce quartier.

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Depuis pratiquement un an aujourd’hui, la criminalité caractérisée par des découvertes macabres de corps sans vie, d’agressions à main armée et de braquages est devenue une sorte de mode de vie à Bertoua. Ainsi, au mois de mai dernier, le corps d’un jeune homme avait été retrouvé à la gare routière de la ville. Les sources policières de l’époque affirmaient que « ce jeune homme, âgé d’une vingtaine d’année, aurait été agressé et mortellement frappé à la tête. Ses assaillants lui auraient ensuite tranché la langue. Ce crime serait le pathétique résultat d’un règlement de compte entre « Nanga-boko ». Des enquêtes ont été ouvertes pour les assassinats des quartiers Italie et celui et de Tigaza. Cependant, ces crimes qui peinent à être élucidés se multiplient à Bertoua.

On se souvient encore de cette jeune fille qui avait été froidement assassinée au quartier Mokolo dans la nuit du 22 au 23 octobre 2014. Poignardée de plusieurs coups de couteau dans le dos et la nuque, la jeune fille, jusqu’alors étudiante à l’école des infirmiers de Bertoua, avait été arrachée à la vie à la fleur de l’âge. Jusqu’à ce jour, aucune information sur son meurtrier. Par ailleurs, en décembre 2014, des éléments de la brigade de gendarmerie de Mandjou découvraient le corps d’un homme en état de putréfaction avancé. A la même période, la dépouille d’une jeune fille était découverte au quartier Nkolbikon. Cette malheureuse avait été dépouillée de ses parties génitales. Pour le moment, les auteurs de ces différents crimes crapuleux demeurent inconnus.

Pour la plupart des habitants de Bertoua interrogés ce jour, « il serait très important de créer des comités de vigilance dans les quartiers, mais il faut qu’il y ait une politique de formation et d’appui par l’Etat destinée aux membres de ces comités afin qu’ils puissent fonctionner normalement», a martelé l’un de nos interlocuteurs, ce lundi 17 août 2015.

Sébastian Chi Elvido et Cédric Maï Mbadinga (Cp)

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