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Insécurité : Haute surveillance au marché Ekounou

marché-Ekounou

Hier, dès trois heures du matin, les forces de l’ordre ont procédé à un bouclage de la zone. Des centaines de personnes immobilisées, des visages crispés, des bouches nouées, c’est l’attitude observée sur plusieurs individus hier sur le tronçon stade Abega-carrefour Ekounou, à Yaoundé. On pouvait compter plusieurs centaines de personnes. Parmi celles-ci, des travailleurs, des malades qui se rendaient à l’hôpital, des ménagères qui allaient au marché.  Il était déjà un peu plus de 8h, mais la majorité des magasins n’avaient pas encore ouverts.

Certains habitants sont restés chez eux. «Il ne fait pas bon de sortir», justifie un riverain. Les fouilles sont minutieuses.  Ici et là, sacs et plastiques sont contrôlés pour identifier les contenus de ces derniers. Il faut, en plus, présenter sa carte nationale d’identité avant chaque passage devant un check-point. Semble-t-il, certaines personnes qui ont pourtant présenté leur Cni se sont faites embarquer. Pas moyen d’avoir des explications sur ce qui se passe dans ce quartier. «Ma sœur et moi nous rendions au marché Ekounou ce matin. Elle s’est faite embarquée pourtant elle avait sa carte d’identité. J’ignore pourquoi», se plaint une jeune fille dans la foule,  toute hystérique. Les attroupements sont aussi interdits puisque «c’est même quand beaucoup de personnes sont regroupées qu’il y a danger», justifie un policier.

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Selon certaines explications, les policiers ont pris d’assaut ce quartier aux environs de 3h du matin. «Je fais le call-box ici toute la nuit. Hier matin, j’ai vu les hommes en tenue surgir bien armés. On aurait cru un vrai film d’action. Pris de panique, j’ai emballé ma marchandise et je suis rentré à la maison», confie un jeune homme. La foule est perplexe, on entend de part et d’autre plusieurs interrogations : «Que recherchent-ils au juste ? Que se passe-t-il ? Où vont-ils avec des personnes embarquées ?» Des interrogations qui ne trouvent aucune réponse fiable puisque quelques policiers peu courtois essayent de se justifier en disant qu’ils essayent de traquer «les fumeurs de chanvre». D’autres avancent qu’ils sont juste présents sur les lieux pour veiller à la sécurité.

A 9h30 lorsque le contrôle s’est achevé, la vie a repris son cours sur ce tronçon comme à l’accoutumée. Mais, les centaines de personnes embarquées par les forces de l’ordre étaient toujours regroupées sur la cour du commissariat du XVème arrondissement d’Ekounou, attendant d’être fixées sur leurs sorts.

Prisca Balla

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