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Insalubrité : Hysacam réclame de l’argent à l’’Etat Camerounais

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La société de collecte des déchets ménagers évoque des factures impayées pour justifier le trop plein d’ordures dans les artères de Douala et Yaoundé. La société d’Hygiène et salubrité du Cameroun (Hysacam) sort enfin de son mutisme pour tenter de faire de la lumière sur la situation de la présence massive des déchets ménagers à l’abandon dans les artères des villes de Douala et Yaoundé, depuis plusieurs jours. Pour les responsables de la société chargée de la collecte des ordures, cela est dû à un retard de paiement des factures de l’Etat. « Au niveau des contrats, on a deux types de règlement.

On a le règlement des communes ou municipalités et on a le règlement de l’Etat. C’est la contre partie de l’Etat qui prend du temps. Lorsque le recouvrement est perturbé, il y a un impact sur l’activité toute entière. Total ne peut nous donner du carburant sans argent», explique Garba Ahmadou, le chef de la cellule de communication. Mais l’état de dégradation des voies au Centre de traitement de déchets (Ctd) (communément appelé décharge) situé au lieu-dit Génie Militaire au quartier Pk 10 y serait aussi pour quelque chose.

Avec la venue des pluies, à en croire Cyrille Batomen, le responsable dudit centre, les voies sont devenues impraticables. Les camions s’embourbent, se renversent. Toute chose qui rallonge ainsi le séjour de ces véhicules qui restent attendus dans les quartiers pour d’autres opérations de collecte des ordures. «Il arrive des fois que toute une file de camions soit bloquée. Sur 10 camions qui arrivent au Centre de traitement des déchets pour déverser les ordures, 6 en ressortent avec des pannes», détaille Cyrille Batomen. Qui rappelle que ce site avait été octroyé à titre provisoire en 2003. L’acquisition d’un nouveau site a été annoncée depuis 2005. Mais il n’en est rien aujourd’hui, 11 ans plus tard.

500t de déchets non collectés chaque jour

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Le Jour a appris que des aménagements avaient été initiés sur les voies de la décharge en prévention à la saison des pluies, mais les travaux n’avaient malheureusement pas été achevés avant la venue des intempéries. Hysacam pointe aussi du doigt le non respect du plan d’urbanisation dans les quartiers, qui rendent difficile l’accès aux camions dans certains points fixes de collecte.

« Les gens volent les bacs à ordures en plastique pour en faire des réserves d’eau. Les bacs à ordures en fer sont vandalisés et vendus chez les recycleurs de ferraille », se plaint Garba Ahmadou. Il fait savoir que 400 bacs à ordures sont disposés à travers la ville de Douala. Mais en dépit de l’incivisme des populations, l’équation de la collecte totale des ordures ménagères à Douala reste difficile.

Les résultats d’une étude  menée en 2001 indiquent que chaque habitant de la capitale économique produit 500 grammes de déchets par jour, soit une production journalière globale de 2000 tonnes. Mais le cahier de charge d’Hysacam recommande la collecte journalière de 1500 tonnes de déchets. 500 tonnes d’ordures restent ainsi abandonnés dans la nature. Et si les quartiers périphériques semblent être les plus insalubres, c’est que, ledit cahier de charge fixé par la Communauté urbaine de Douala (Cud) recommande à l’entreprise créée en 1969, de collecter les ordures du centreville vers les périphéries. Le Jour a appris qu’Hysacam est actuellement entrain de mettre sur pied le concept : « Jeter les ordures en ligne », afin de permettre aux populations de signaler le trop plein d’ordures dans leur zone. « Mais cela sera rendu possible, si les paiements arrivent à temps », martèlent les responsables de l’entreprise.

Sources : Le flux rss de camer.be

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