Economie

Impôts, la corruption se porte bien

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Les services déconcentrés des impôts dans la région de l’Adamaoua sont depuis quelques temps, le théâtre d’un certain nombre de pratiques illicites. Arnaques, escroqueries, trafic d’influences s’ajoutent au climat délétère qui règne depuis peu  au sein de cette institution. Exaspérés, les usagers annoncent un mouvement de colère.

De sources concordantes,  l’escroquerie et l’arnaque ont dressé  leur lit dans les centres des  impôts de la région de l’Adamaoua. Le vaste réseau serait bien huilé par un certain Afidinsou Balam.

De sources bien introduites, l’inspecteur des régies financières qui s’occupe de la brigade de vérification générale aurait  établi un listing de tous les transporteurs de Ngaoundéré.  Le sieur Afidinsou Balam ciblerait  les prestataires dont la situation fiscale est problématique  pour se mettre pleines les poches.

« Lorsque Monsieur Balam se rend compte que vous n’avez pas tous les papiers, il vous contacte et vous propose un arrangement soit disant pour vous faire éviter les ennuis. Il vous demande de lui verser une somme d’argent en vous promettant de ne pas produire des avis de mis en recouvrement (AMR). Par peur de représailles, plusieurs usagers cèdent. Mais à leur grande surprise, après avoir versé de l’argent à Monsieur Afidinsou Balam, ce dernier sort des AMR », s’est plaint un usager

L’un des derniers  avis de mis en recouvrement émis  par M Afidinsou Balam s’élèverait à 800.000.000 de FCFA.

Toujours selon l’usager, le même inspecteur des régies financières aurait également produit un AMR de 9 millions de FCFA après avoir perçu des pots de vin chez les transporteurs.

D’autres sources révèlent que le sieur Afidinsou Balam agirait de mèche avec le maitre des lieux, notamment le chef du centre régional des impôts M. Menguélé Jean Paul.

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« A chaque fois que, le chef de centre est en congés, l’intérim est assuré par son homme de main Afidinsou Balam qui est en complément d’effectif », a expliqué à Africa Info  un cadre des impôts,   ajoutant qu’il est  « le tout puissant N°2 de la maison ». Selon lui, pour pérenniser ces magouilles, le régional des impôts a muté plusieurs de ses collaborateurs dans les services déconcentrés.

Une grève annoncée

Courroucés par ces pratiques mafieuses, les usagers s’apprêtent à entrer en grève. « Je ne me reconnais pas dans toutes ces accusations. Je n’ai aucun contact avec les transporteurs pour recevoir des pots de vin d’eux », a pour sa part déclaré M Balam.

Et d’ajouter : « étant donné que je m’occupe du contrôle et de la vérification, il est tout à fait normal que je dispose le  listing de tous les transporteurs de la ville». L’inspecteur des régies financières suspecterait, un sabotage visant à le déstabiliser dans l’accomplissement de ses missions.

Selon  certaines indiscrétions, les usagers  camerounais ne seraient  pas les seuls à subir les magouilles des responsables en service  aux impôts de l’Adamaoua. Même les « Biafrais » du nom de ces ressortissants nigérians basés au Cameroun qui se sont spécialisés dans la vente des pièces détachés et des produits manufacturés sont aux abois.

« Nous sommes  obligés de verser des pots de vin aux patrons des impôts pour leur classement dans des régimes qui sied à leur activité », a confié l’un d’eux.

Une liste de tous les nigérians ayant des quincailleries à Ngaoundéré, le chef-lieu de la région de l’Adamaoua aurait été établie par le chef du centre départemental des impôts de la Vina Danwang Nathaniel.

« Si tu donnes de l’argent on te met sous impôt libératoire. Et si tu refuses on te met sous la patente » a dévoilé  une source proche du dossier.

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