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Hôpital Général de Douala : en attente de dialyse, les patients sont « démarchés » par des individus vereux

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Ils investissent le service d’hémodialyse pour proposer des « solutions miracles » aux patients souffrant d’insuffisance rénale. La mine fatiguée, un sexagénaire vient de prendre place sur un banc devant la salle de soins du service Hémodialyse de l’hôpital Général de Douala. Le patient s’est adossé au mur et reste bien calme. Il vient de terminer sa séance d’hémodialyse entamée cinq heures plus tôt. Un employé de l’hôpital s’approche et lui tend un plateau de nourriture. Du riz, du poulet, des fruits. Le patient a dû débourser une somme de 600 F. Cfa pour bénéficier de ce repas, apprend- on. « C’est pour qu’il prenne un peu de force avant de quitter l’hôpital pour regagner son domicile », fait savoir un autre patient.

Bientôt, le  sexagénaire termine son repas et reçoit la visite de proches. Un brin de sourire illumine son visage. D’autres malades attendent leur tour. Marie Fankam, une jeune dame venue accompagner sa mère malade, indique que la prochaine vague de patients pour la séance d’hémodialyse rejoindra la salle des machines probablement autour de 14h. Les patients sont reçus par vague de 40 environ, indique –t-elle. Marie Fankam réside à Loum, une localité située dans le département du Moungo. Elle accompagne sa maman pour des séances d’hémodialyse à l’hôpital Général, deux fois par semaine (le mardi et le vendredi, ndlr) depuis huit ans déjà. La jeune dame affirme que « tout se passe bien ». Loin donc du climat délétère dans lequel sont plongés les patients du service hémodialyse de l’hôpital Général de Yaoundé, qui observent un mouvement d’humeur pour réclamer de meilleures conditions de prise en charge. A 13h25 ce mardi 11 octobre 2016, le hall qui sert de salle d’attente aux patients de l’hôpital Général de Douala reçoit encore du monde. Le service fonctionne 24h/24, fait –t-on savoir. Tout nouveau patient qui se présente devant la salle de soins doit inscrire son nom sur une fiche. Il prend ensuite place dans le hall et attend d’être appelé.

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Les malades souffrant d’insuffisance rénale déboursent la somme de 5 000 F. Cfa à chaque séance. Ce matin, un « patient » peu ordinaire s’est invité auprès des malades. Agé d’environ 35 ans, le jeune homme se rapproche des patients pour les proposer ses services. « Il dit que la médecine moderne ne peut rien faire pour nous. Qu’il a des produits qui peuvent nous soigner. Il dit qu’il faut débourser 2,5 millions F. Cfa pour le traitement complet. Il vient ici une fois par semaine et s’assoit près des patients. Il discute avec eux discrètement», détaille un malade, sceptique. Ce malade se souvient de ces autres démarcheurs,  il y a quelques mois, qui avaient approché les patients dans l’hôpital pour leur proposer des solutions avec la médecine chinoise. «Les malades avaient été nombreux à les suivre. Ils sont revenus quelques jours après, avec des complications. On a dû les interner aux urgences», se souvient –t-il. Le démarcheur se déplace d’un banc à l’autre. De temps à autre, il note un numéro de téléphone sur un format. Rendu chez le Major du service d’hémodialyse pour plus de lumière, le reporter a été renvoyé au service de la Communication, puis à la direction générale de l’hôpital et au secrétariat médical, sans être reçu.

Sources : Le flux rss de camer.be

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