La structure sanitaire a été inaugurée jeudi par le Premier ministre, chef du gouvernement, représentant le chef de l’Etat, Paul Biya. 11h 10 mn, ce jeudi 23 juillet. Le temps vient de s’arrêter dans la petite localité d’Etoun-Nlinga, un quartier périphérique de la ville de Sangmelima dans la région du Sud.

La fanfare de l’armée de terre lance un air solennel, annonciateur de l’arrivée du Premier ministre, chef du gouvernement, Philemon Yang. L’illustre visiteur, pour l’occasion représentant personnel du chef de l’Etat, Paul Biya, doit y procéder à l’inauguration officielle de l’hôpital de référence de Sangmelima. A l’entrée de l’enceinte, des milliers de badauds se sont amassés. A l’intérieur, tout aussi nombreux, les autorités et autres invités installés sous la trentaine de chapiteaux dressés pour la circonstance, adoptent leur attitude la plus sérieuse. Protocole d’usage, puis, dans un savant mélange d’utile et d’agréable, les différents orateurs se succèdent, chacun avec son mot pour louer ce jour de grâce.

C’est le principal officiant du jour, Philemon Yang, qui a eu le fin mot pour circonscrire l’évènement : « Une traduction concrète d’une grande ambition du président Paul Biya, devenue une grande réalisation ». En fait, il s’agit d’un saut qualitatif et quantitatif de l’offre en soins médicaux dans le Sud en général. Nous apprendrons que dans les années 80, cette région ne comptait que 39 formations sanitaires, publiques et privées. Aujourd’hui, elle en compte 315…  C’est, selon le PM, une manifestation ostensible de la volonté du chef de l’Etat de donner au système de santé du Cameroun la capacité de répondre à toutes les sollicitations des populations dans le domaine. La tendance devrait d’ailleurs s’accentuer, avec la mise en œuvre du plan d’urgence triennal ordonné par le président Paul Biya, qui consacre 150 milliards de F au volet santé et prévoit la construction de huit hôpitaux du modèle de celui de Sangmelima, dans huit autres villes.

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L’utile et l’agréable

En attendant, les populations de Sangmelima, elles, ont su apprécier par la voix de leur maire, André Noël Esssian, le « cadeau précieux, somptueux, dont l’éclat illumine les cœurs… » Et ce ne sont pas seulement les habitants du coin qui bénéficieront de l’ouvrage, mais aussi celles des autres villes et villages du pays et d’ailleurs. Avec son imposant plateau technique et sa capacité d’accueil (entre 115 et 150 lits), cette structure a, en effet, une vocation sous-régionale. A la bonne heure, dans une ère géographique où certaines pathologies ont encore des soucis majeurs. A titre illustratif, le taux de prévalence du VIH/Sida ici est de 7,2%, en même temps que des foyers rebelles de rougeole, de paludisme et d’autres maladies endémiques entretiennent le spectre de la mort.

Autant pour la beauté de ses atours, que pour son utilité, l’hôpital de référence de Sangmelima apparaît donc comme un don précieux. Le représentant des élites de la région du Sud, Jean Louis Beh Mengue, l’a bien saisi, lorsqu’il a déclaré : « le gouvernement ne nous a pas seulement gratifié de cet ouvrage, il nous l’a confié… » Il anticipait par ces mots sur ce qui peut s’entendre comme une consigne du PM, qui a fait remarquer que l’hôpital de référence de Sangmelima est le premier du genre à être mis en service. Sa position pionnière doit donc servir de modèle sur le plan de la gestion, pour toutes les structures en gestation.

Serges Olivier OKOLE