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Hollande annoncé à Yaoundé

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Le Chef de l’Etat Français devrait également se rendre en Angola, première étape de son périple, mais aussi et surtout au Gabon et au Congo Brazzaville. Dans sa livraison N° 707 du mercredi 3 juin 2015, dans la sous-rubrique Diplomatie/Mission spéciale, le confrère de la Lettre du Continent révèle que le Chef de l’Etat Français effectuera une visite en Afrique centrale en juillet 2015.

D’après la célèbre revue d’Antoine Glaser, ce périple qui va conduire l’ex-maire de Tulle en Angola, au Gabon et au Congo Brazzaville, pourrait avoir pour point d’orgue, le Cameroun, considéré comme «l’un des pays privilégiés» de cette tournée. En visite au Cameroun il y a quelques mois, on se souvient déjà que le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, avait indiqué que des pourparlers entre Yaoundé et Paris sur le sujet étaient avancés. Par ailleurs, pour la Lettre du Continent, les conseillers diplomatiques de l’Elysée travailleraient actuellement sur le dossier.

Rencontres BIYA-HOLLANDE

Les rencontres entre le Président Paul Biya son homologue français se sont multiplié ces dernières années. Preuve s’il en est encore besoin, des liens étroites qui existent entre les deux pays. On se souvient que le Chef de l’Etat camerounais avait été chaleureusement accueilli le 30 janvier 2013, au perron du Palais de l’Elysée par son homologue Français, François Hollande, avec qui il avait eu un entretien, suivi d’un déjeuner de travail. Un déjeuner de travail auquel avaient pris part les proches collaborateurs des deux Chefs d’Etat. Les deux hommes d’Etat se sont entretenus, pendant 25 minutes, le dimanche 30 novembre 2014 à Dakar, en marge des travaux du 15e Sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Paul Biya a par ailleurs répondu présent à l’invitation de son homologue français, qui le conviait, avec de nombreux dirigeants du monde, à prendre part à la commémoration du 70e anniversaire du Débarquement en Normandie. De même, se souvient-on, c’était au Palais de l’Elysée, il y a pratiquement un an quand, prenant part au sommet sur la sécurité au Nigéria, le Président Paul Biya avait solennellement déclaré la guerre à la secte islamiste Boko Haram.

Partenariat commercial

A noter que le Cameroun représente le premier partenaire commercial de la France en Afrique centrale, hors pétrole. Il est le deuxième client de la France (derrière le Gabon) et son deuxième fournisseur (derrière le Congo) en Afrique centrale et se révèle un partenaire significatif pour les importations françaises de certains produits (fruits tropicaux, aluminium, bois et pétrole). Depuis 2012, dépassée par la Chine, la France est le deuxième fournisseur du Cameroun hors pétrole. Le solde commercial France-Cameroun en 2013 a présenté un excédent de 479,7 M€. Les exportations françaises ont progressé (+5,2%) à 707 M€ et sont constituées en premier lieu de produits pharmaceutiques (129,4 M€), de produits des industries alimentaires (101,6 M€), de machines industrielles et agricoles (97,3 M€) et de produits agricoles (76,9 M€). Les importations françaises (227,7 M€, +4,8 %), sont dominées par les produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture qui affichent une progression de 8,8% par rapport à 2012.

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Les investissements de la France au Cameroun.

La France demeure l’un des trois principaux pays investisseurs au Cameroun, avec les Etats-Unis et la Malaisie (oléoduc Tchad-Cameroun). La présence française s’appuie sur une centaine de filiales de groupes français, présentes dans les secteurs des hydrocarbures, de l’agroalimentaire, du ciment, du bois, du BTP, des télécommunications et de la logistique. L’implantation d’environ 200 PME-PMI fondées par des Franco-Camerounais témoigne en outre de la vitalité des liens économiques tissés entre nos deux pays. Total s’est désengagé de sa composante exploration et production au profit de Perenco (groupe français spécialisé dans les forages de moindre taille), conservant son réseau de distribution. GDF-SUEZ développe actuellement avec la Société nationale des hydrocarbures un projet de liquéfaction du gaz sur le site de Kribi, qui pourrait représenter un investissement de 4 Md$. EDF a signé fin 2013 un accord avec l’Etat, Rio Tinto Alcan et la Société financière internationale pour la construction d’un barrage hydroélectrique à Nachtigal, non loin de Yaoundé, dont le coût estimé à 800 M$. EDF exploitera à terme le barrage dont l’électricité serait principalement vendue à l’aluminerie. Dans le domaine de la téléphonie mobile, Orange bénéficie d’une position favorable sur le marché camerounais, qui devient de plus en plus concurrentiel avec l’arrivée d’autres opérateurs. Des intérêts français sont aussi représentés dans la filière de la banane (Compagnie fruitière). Le groupe Bolloré est présent dans les ports (gestion du terminal à conteneurs de Douala), le chemin de fer (concession de CAMRAIL, ligne Douala-Ngaoundéré) et les opérations de transit. Ce groupe a montré son intérêt pour la gestion des terminaux du futur port en eau profonde de Kribi, futur pôle industriel et minier. Lafarge est présent au Cameroun à travers sa filière CIMENCAM. Cette liste, non exhaustive, illustre l’intérêt que portent les groupes français à ce pays.

Contrat développement et désendettement « C2D »

Dans le cadre d’une remise de dette bilatérale additionnelle, le premier contrat de développement et de désendettement (C2D), d’une durée de 5 ans (2006-2011), a bénéficié d’une enveloppe globale de 537 M€ intégrée dans un document cadre de partenariat (DCP) d’un montant total de 653 M€. Le second C2D, d’un montant de 326 M€ pour la période 2011-2016, est concentré sur 2 secteurs : l’agriculture et le développement rural (60%) et les infrastructures et le développement urbain (34%).

Très présente au Cameroun, l’Agence française de développement finance de nombreux projets de développement, notamment au moyen de prêts souverains bonifiés (par l’apport du C2D). Un premier prêt de 60 M€ a ainsi été signé pour la réhabilitation de l’entrée est de Douala tandis qu’un second prêt de 100 M€ a été signé pour la construction du second pont sur le Wouri (Douala), pour lequel 33 M€ du second C2D sont aussi mobilisés. A titre d’exemple, des conventions ont été signées pour la part française dans le financement du barrage de Lom Pangar (50 M€), l’aménagement de l’entrée ouest de Douala (75 M€) ou l’assainissement de la ville de Douala (130 M€).

 Franck BAFELI 

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