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Histoire du Cameroun: Le pain bénit de François Hollande

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L’annonce de la déclassification de ses archives, par François Hollande sonne comme une aubaine pour les camerounais de rétablir la mémoire historique.

Au cours de son escale au Cameroun le 3 juillet dernier, le président français a pour la première fois reconnu le rôle tragique joué par la France dans les massacres chez les Bamiléké et les Bassa lors de la guerre des indépendances. « Quand on regarde l’histoire, il faut regarder toute l’histoire. Et la France n’oublie pas les violences qui ont été commises au Cameroun après l’indépendance parfaitement très fortes contre les éléments indépendantistes.

Et nous ne voulons pas tourner la page sans avoir l’avoir bien auparavant lu pour exprimer là encore notre reconnaissance de ce drame », a-t-il déclaré. Une référence aux épisodes tragiques des années 1950 et 1960 où plusieurs dizaines de milliers de militants indépendantistes pro-upécistes ont été massacrés d’abord par l’armée française, puis après 1960 par la jeune armée camerounaise encadrée par des officiers français. Cette déclaration qui est la toute première d’un chef d’Etat français sur ce drame de l’histoire, est perçue comme un pas vers la réhabilitation de l’histoire du pays. « Le président français, François Hollande a réhabilité l’histoire du Cameroun.

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C’est inédit. Il faut savoir qu’après avoir reconnu l’esclavage comme étant un crime contre l’humanité, initiative de madame Christiane Taubira, Garde des Sceaux, ministre de la Justice, pour la deuxième fois dans l’histoire François Hollande reconnait les crimes qui ont été perpétrés ici par l’armée coloniale française », explique le professeur Pascal Charlemagne Messanga Nyamding.

L’annonce la déclassification des archives sur le Cameroun est donc l’occasion d’accéder aux documents secrets, longtemps mis sous le boisseau pour ternir la vérité historique. Même si d’aucuns prennent les propos du président français avec des pincettes, au vu du caractère changeant du discours politique, pour les observateurs avertis la solennité de la visite engage en conséquence l’Etat français.

« Le fait que le président français ait fait cette déclaration au cours d’une visite d’Etat, est très important. Cela signifie qu’il implique l’Etat français. Ce n’est pas banal. Nous voudrions justement que ce ne soit pas des mots, et quand ce serait des mots pour certains, nous sommes disposés à prendre l’Etat français au mot », souligne le professeur Charly Gabriel Mbock.

Ce qui permettra sans doute aux camerounais de s’approprier, et d’assumer leur histoire. Question de déconstruire, les interprétations idéologisées du passé, soit par le colonisateur pour son propre profit, soit par l’élite politique de l’époque qui ont pu altérer la réalité historique.

Luc Justin Kamguia

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