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Herman, fils de pasteur et homosexuel

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Le débat reste d’actualité brulante au Cameroun. Faut-il dépénaliser le délit d’homosexualité ? Les thèses s’affrontent, les unes aussi pertinentes que les autres. Les partisans de la culture dite traditionnelle Africaine rejettent la pratique d’homosexualité jugée « contre nature » cependant que les dits « évolués » soutiennent la libéralisation des mœurs. En attendant, au Cameroun, la pratique de l’homosexualité est punissable par la loi en vigueur. Malgré les appels des avocats et des organisations des défenses des droits humains, rien n’y fait. Force reste à la loi.

Plus grave encore cette pratique expose tout « contrevenant » à la vindicte populaire. Conséquence, la minorité homosexuelle est recluse dans son coin et partage la portion congrue de l’espace vital dans la ville comme au village. Traqués et repoussés dans leurs retranchements, ils sont à l’instar du journaliste Lembe trouvé sans vie sur son lit, exposés à la mort. Et ce n’est pas le nommé Yakoubou Hermann qui nous démentirait. Lui homosexuel déclaré et pratiquant, il court, la police est à ses trousses et sa famille dans le désarroi.

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Six mois à cinq ans de prison pour rapports avec les personnes du même sexe.

C’est à partir de 18 ans que le jeune Yakoubou Hermann, fils de pasteur et lycéen à Douala a commencé à présenter des signes de «Mademoiselle » sous le nom sentimental de héma. Grand sportif, Hermann a entrepris après le lycée d’encadrer l’équipe de Football de son quartier. Sponsorisé par un blanc de nationalité Française qui s’appellerait Michel Lenoir, il se dit dans l’entourage qu’en fait d’équipe de football, c’était un subterfuge pour recruter des jeunes pour des orgies de tout genre. Le pot aux roses a été découvert le 7 Mai dernier lorsqu’à la suite de la plainte d’un jeune désabusé, Hermann a été interpellé par la gendarmerie puis relaxé au bénéfice du doute.

Le 2 juillet, suite à une deuxième plainte, une perquisition faite chez lui, des vidéos des séances de partouzes avec le blanc et les « joueurs » y ont été découvertes. Pendant que l’enquête se poursuivait, des informations proches de la police révèlent que des complicités des milieux gays parmi les gendarmes ont contribuées à le soustraire de la gendarmerie. Un avis de recherche de la gendarmerie pour coaction d’homosexualité a été émis contre lui. Selon l’article 347 bis du Code pénal camerounais : «Est puni d’un emprisonnement de six mois à cinq ans et d’une amende de 20.000 F à 200.000F toute personne qui a des rapports sexuels avec une personne de son sexe ».

© Camer.be : Franck BAFELI

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