Economie

Hausse des enchères dans la vente du sable

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A l’origine du phénomène, la hausse des prix du carburant et la marée haute au fleuve Sanaga.

Au lieu dit Olembé, une banlieue de Yaoundé, les vendeurs de sable se tournent quelques peu les pouces. Depuis quelques temps, les camions de sable viennent au compte goutte déverser du sable dans ce dépôt. Ce lundi 18 août en fin de matinée, un seul camion a pu être vidé de son contenu par deux jeunes gens. Tandis que le deuxième est attendu impatiemment. « C’est le tout premier chargement et pour en arriver là, il faut 3h de route pour arriver à Nkoteng où sont alignés les camions par ordre d’arrivée. Le mien a pu être chargé vers 9h. En ce moment, le sable se fait rare », explique Bernard Nkoulou, vendeur.

La hausse des prix

C’est ainsi qu’un camion de sable Sanaga de 20 tonnes (t) coûte 80 000 F dans les zones d’approvisionnement au lieu de 75 000 F comme à l’accoutumée. Le prix du camion de 25 t s’élève à 95 000 F contre 80 000 F. Quant au sable fin, la contenance de 20 t revient à 25 000 F au lieu de 20 000 F et celui de 25 t s’élève à 30 000 F au lieu de 25 000 F. « Pour transporter ces quantités jusqu’à Yaoundé, il faut débourser en moyenne 60 000 à 70 000 F pour l’achat du carburant, environ 20 000 F pour les contrôles, 3 000 F pour la commune et 45 000 à 50 000 F pour la recette du patron sans oublier le pont bascule » ajoute Melingui Nogo. Et de poursuivre : « Vous voyez qu’avec tout cela c’est le client qui subit toutes les dépenses ». C’est pourquoi au final, le client de Yaoundé devra actuellement débourser 185 000 F au lieu de 170 000 F pour le sable Sanaga. Pour celui de 25 t, il lui faudra  200 000 F au lieu de 140 000 et 150 000 F. Concernant le sable fin, le camion de 20 t revient à 130 000 F au lieu de 115 000 F et celui de 25 t est vendu à 140 000 F au lieu de 125 000 F.

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Selon les vendeurs, la demande en sable s’accroît au fil des jours au regard des infrastructures à mettre en place. « Pour la construction du camp Sic d’Olembé par exemple, il faut à peu près 140 camions de sable par jour sans compter les autres ouvrages », relève un autre. Du côté des plongeurs, l’on se plaint des difficiles conditions de travail. « Ils utilisent les seaux pour puiser du sable. Ils ne disposent d’aucun appareil mécanique et c’est pénible », souligne un autre vendeur. Avec la marée haute du fleuve Sanaga, la situation n’est guère reluisante. « Avec les pluies, les plongeurs camerounais sont hostiles à l’eau qu’ils trouvent trop froide », lance Melingui Nogo. Une situation qui permet aux étrangers (maliens, tchadiens nigérians) de s’accaparer du business. D’où la hausse des enchères. « Une pirogue qui coûtait 500 F par exemple est vendu aujourd’hui à 1 000 F voire plus », reconnaissent unanimement les vendeurs. Les zones d’approvisionnement restent Sa’a, Monatélé, Ebebda et Nkoteng. Des zones qui, selon ces commerçants ne sont pas toujours faciles d’accès en raison du mauvais état de route.

-Le sable est actuellement hors du prix.


Sorèle GUEBEDIANG à BESSONG | Cameroon-tribune

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