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Guinee Equatoriale: des riches stripteaseuses camerounaises témoignent

Carole B vit à Malabo depuis plus de 9 ans. Stripteaseuse professionnelle à Candy, un des plus grands clubs de la ville, elle jouit d’une popularité impressionnante auprès des habitués des lieux qui l’adulent pour son talent hors du commun.

Chacune de ses apparitions sur la scène constitue toujours un petit événement. L’on apprend que c’est elle qui a donné une « autre dimension » à cette activité dans la capitale équato-guinéenne. Elle se sent plutôt à l’aise dans cette ville insulaire, où son activité a visiblement le vent en poupe. Arrivée comme simple danseuse, elle a déjà gravi plusieurs échelons au point de se voir confier le prestigieux poste de Directrice générale de l’établissement qui l’emploie.

« Je gagne 500 000 francs de salaire mensuel. J’ai commencé à 200 000. Je suis logée, nourrie, avec chauffeur et médecin », indique notre interlocutrice.

Avant de déposer ses valises à Malabo où elle a été conviée par une importante autorité du pays, elle avait déjà fait le tour des salles de danse au Cameroun : « Chat noir », « Gogo dance »… Sans pour autant réussir à côtoyer une telle fortune.

« Au pays, on ne gagne pas grande chose dans la danse », remarque-t-elle. Grâce à cette activité, elle subvient aux besoins de  sa famille dont elle est l’ainée.  « Je n’ai pas de père, ni de mère.  Je m’occupe de plusieurs enfants, de mes frères, de mes sœurs et de moi-même. Je paie leur loyer. Je suis le moteur de ma famille. C’est vers moi qu’on se tourne quand il y a n’importe quel problème », confie celle qui remercie la Guinée Equatoriale, un pays qui  lui a porté beaucoup de chance. « Je n’oublierai jamais la Guinée Equatoriale. Si je pars d’ici, j’y reviendrai constamment même si c’est pour quelques jours », lâche-t-elle toute souriante.

La trentaine sonnée, Carole B ne cache non plus sa reconnaissance envers ses patrons qui l’ont portée si haut. «Je suis à la tête d’une société avec des blanches, des personnes issues de toutes les tribus, les dominicaines, paraguayennes, gabonaises… » Se réjouit-elle. Un poste qui lui donne plusieurs pouvoirs, comme celui d’aller dénicher de nouveaux talents au Cameroun ou ailleurs. Tirole L, Annette et Claire qui l’accompagnent sur la piste de danse cette nuit du vendredi 30 janvier 2015  devant pas moins d’une centaine de spectateurs, sont quelques camerounaises arrivées dans la capitale guinéenne grâce à son concours.

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Leurs déhanchements et leurs parties intimes presqu’à découvert semblent ne laisser personne indifférent. Elles n’hésitent pas à se rapprocher du public pour qu’il les apprécie de plus près, non sans glisser quelques billets de banque entre les fines cordes de leurs strings. Ces trois virtuoses de la danse érotique avaient déjà également fait leur preuve au Cameroun, sans véritablement réussir à s’épanouir.

« Aujourd’hui, je gagne trois cent mille francs de salaire chaque mois. Sans compter les pourboires qui peuvent parfois dépasser 150 milles Francs par nuit », confie Tirole L, une autre orpheline presque désormais à l’abri du besoin.

En plus de s’occuper de toute sa famille restée au pays,  ses revenus lui permettent d’effectuer une épargne hebdomadaire de  200 000 Francs Cfa dans une tontine entre stripteaseuses. Cette chanteuse en herbe promet d’abandonner ce métier lorsqu’elle aura réussi à réunir une somme capable de financer son premier album musical.

Selon des informations, les danseuses camerounaises de Malabo ne mènent cette activité que le temps d’amasser suffisamment d’argent pour poursuivre d’autres rêves. Beaucoup qui sont passées avant celles que nous avons rencontrées ont réussi à regagner l’Europe où cette activité, apprend-on, rapporte davantage. Une attitude que regrette Carole B qui doit forcément des explications à sa hiérarchie après chaque départ.

Mais des écueils aussi ne manquent pas. « Il y a beaucoup de risques comme dans tout métier. Déjà, être étranger ici, ce n’est pas facile. Il faut savoir comment marcher. La nuit, c’est davantage compliqué », confie Carole B.

Leur position de prostituées de luxe les expose davantage. Elles ont souvent affaire à des « clients mal intentionnés » et essuient les regards stéréotypés que leur portent leurs compatriotes présents dans la ville. Qu’importe, les stripteaseuses camerounaises de Malabo rêvent toutes d’un retour glorieux au pays où elles projettent beaucoup de réalisations.

Wiliam Tchango

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