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Grogne des militaires: Un «sérieux avertissement» à envoyer aux soldats camerounais en cours d’élaboration

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Suite à la récente marche des soldats camerounais de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca), la hiérarchie militaire serait en train d’élaborer des mesures afin de dissuader les autres soldats qui seraient tentés, eux aussi, de se révolter.

Après avoir battu le pavé mercredi dernier pour réclamer le paiement des arriérés de primes dues à leur participation à la Misca, les casques bleus camerounais revenus de Centrafrique reçoivent depuis jeudi dernier les six milliards dont le déblocage a été ordonné par le président de la République, Chef des armées, Paul Biya. Cependant, la grogne n’a du tout pas été appréciée au niveau de la hiérarchie militaire.

Selon le quotidien Mutations en kiosque ce lundi 14 septembre 2015, les réunions qui ont suivi la grève ont largement évoquées la possibilité d’affliger des sanctions aux instigateurs de la fronde. Le journal indique qu’à ce sujet, une première opinion a évoqué « une traduction diligente des instigateurs de la fronde, environ 80 déjà identifiés, devant le tribunal militaire. Ceux-ci tomberaient alors sous le coup du Code de justice militaire qui réprime les crimes et délits contre le devoir et la discipline militaire, en temps de paix et en temps de guerre ».

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Une autre opinion a fait savoir que sanctionner des militaires qui ont fait des revendications « légitimes » serait une démarche maladroite et une dispersion d’énergie au moment où les forces de sécurité et de défense sont mobilisées pour gagner la guerre contre la secte terroriste Boko Haram. Selon le journal, pour les partisans de cette option, il est plutôt urgent de commettre une mission composée d’officiers supérieurs qui jouissent d’une légitimité certaine en vue de rappeler aux soldats en colère la discipline militaire. Ce bloc est d’avis qu’une traduction des meneurs du mouvement d’humeur devant le tribunal militaire ne laissera pas les autres casques bleus camerounais indifférents. Bien plus, cette démarche est susceptible d’accroître la crise de confiance entre une certaine hiérarchie militaire et la troupe.

Toutefois, l’idée d’envoyer un « sérieux avertissement » à tous les soldats qui seraient tentés, eux aussi, de se révolter serait en passe d’être adoptée, révèle le journal. En fait d’avertissement, Mutations souligne que l’on parle de « sanctions statutaires ». D’après le décret du 25 juillet 2001 portant statut particulier du corps des officiers d’active des forces de défense (article 20), les sanctions statutaires applicables aux officiers sont : la radiation des tableaux d’avancement d’échelon, de grade et de concours pour les ordres nationaux, le retrait d’emploi par la mise en non activité, la radiation des cadres.

Les officiers supérieurs ou des membres de la hiérarchie du ministère de la Défense sont également concernées par les sanctions à prendre, « ce d’autant plus qu’une négociation sans volonté de caporalisation et un renseignement prévisionnel efficace auraient permis d’éviter de voir des militaires sortir des casernes pour protester dans la rue », indique le journal.

Onana N. Aaron

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