Economie

Grogne chez les producteurs de la filière cacao-café

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L’impôt sur le revenu désormais exigible aux producteurs qui n’apprécient manifestement pas. Le problème a récemment été posé à Eséka, alors que s’achevait la cérémonie d’évaluation de la campagne cacaoyère 2014-2015. A l’endroit de Luc Magloire Mbarga Atangana, ministre du Commerce, les délégués de regroupements de producteurs de la filière cacao – café ont égrainé des difficultés qui s’imposent à leurs activités.

Longuement, il a été question de fiscalité, notamment du paiement de l’impôt sur le revenu, de plus en plus exigé par la direction générale des Impôts (DGI). Et d’assurer qu’il s’agit d’une taxe de trop. « Le producteur de cacao supporte toutes les charges de la filière, de la production à l’exportation. Il y a la redevance à l’exportation qui est passée en fin d’année de 54 F, à 150 F le kilogramme. Alors que le prix du cacao lui-même vient d’atteindre 1 380 F le kilogramme. Avec toutes les charges, si en plus on doit payer un impôt dont on ignore la source, c’est une pression de trop sur le paysan », assure Emmanuel Baleba, représentant des producteurs, président du conseil d’administration de la Société coopérative des producteurs de cacao du Nyong-et-Kellé. Il souligne néanmoins que l’impôt en question n’est pas encore prélevé.

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Du côté de la DGI, une source explique que « selon les dispositions de la loi camerounaise, toute personne qui travaille doit payer l’impôt sur le revenu. Et les paysans n’échappent pas à cette règle. » Notre informateur souligne que « de manière générale, les Camerounais ne sont pas très au fait de la fiscalité. Et la politique du nouveau directeur général est de vulgariser les textes et sensibiliser les uns et les autres sur ce devoir civique ». A propos de sensibilisation, la DGI souligne qu’il y a deux ans que les regroupements de cacaoculteurs ont été informés du paiement de l’impôt sur le revenu, dont le montant est justement fonction du revenu de chaque travailleur. Sauf que pour les producteurs, « le moment est mal choisi pour exiger cet impôt. En ce moment, il est question de relancer la filière et améliorer les conditions de vie des paysans. Le prix du kilogramme de cacao est déjà résiduel. S’ils doivent payer un autre impôt, ils seront découragés », pense Emmanuel Baleba.

Même observation du côté Conseil interprofessionnel du cacao et du café (CICC). Ici, l’on explique également que le producteur a déjà beaucoup de charges. Un responsable de l’officie souligne que tous les intermédiaires, c’est-dire les transporteurs, les responsables d’entrepôts, les exportateurs et même l’Etat, dégagent leurs marges bénéficiaires avant de verser le reste aux producteurs. « C’est sans doute normal qu’ils paient l’impôt sur le revenu, surtout dans un contexte où il faut soutenir l’effort de guerre. Mais, le moment est assurément mal choisi pour l’exiger », conclut notre source.

Félicité BAHANE N

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