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Grand stade Paul Biya a #Yaoundé: reprise du projet par la Chine

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Suspendu en 2009 en raison du non-respect des engagements contractuels vis-à-vis du partenaire chinois, le Programme national de développement des infrastructures sportives (Pndis) devra reprendre avec la construction attendue à Yaoundé, d’un stade moderne d’une capacité de 60.000 places assises. Ceci dans la perspective de l’organisation par le Cameroun, en 2016, du championnat d’Afrique de football féminin, et la Coupe d’Afrique des nations senior messieurs prévue en 2019.
1-CHINE-CAMEROUN, UN PARTENARIAT NEW-LOOKIl aura fallu du temps pour que la Chine et le Cameroun décident de finaliser un nouvel accord pour la construction des stades de football dans les dix régions du pays. Un projet ficelé depuis plusieurs années sous l’appellation Programme national de développement des infrastructures sportives (Pndis), mais qui a été momentanément suspendu de commun accord par les deux parties. Le nouvel accord entre les deux pays a été signé le vendredi 17 janvier 2014 à Yaoundé, entre MM. Adoum Garoua, le Ministre des Sports et de l’Education physique, et Li Chang Xin, le Directeur général de China Machinery Engineering Corporation (Cmec) pour la construction des stades Omnisports de Yaoundé et Douala.

«Nous sommes venus pour s’accorder sur tous les détails liés à l’exécution des travaux. Nous allons démarrer rapidement les travaux par les détails techniques et au fur et à mesure nous vous donnerons les informations», a déclaré M. Li Chang Xin, le Directeur général de China Machinery Engineering Corporation.

M. Adoum Garoua a quant à lui indiqué que le Cameroun est dans la logique et la dynamique de mise en place des infrastructures sportives.

«Comme vous le savez, la partie chinoise a déjà, dans le cadre de ce travail, commencé à construire le stade de Limbé qui, aujourd’hui, est achevé à 96% et celui de Bafoussam qui est en plein chantier. Dans le cadre de ce programme, nous avons le stade de Yaoundé de 60.000 places qui sera construit à Olembé et un nouveau stade à Douala de 50.000 place.

Selon le Ministre des Sports et de l’Education physique, «le Cameroun voudrait organiser des événements sportifs, notamment en football. Il y a déjà la Can 2016 des dames, qui aura lieu au Cameroun. D’ici là, le stade de Limbé sera prêt, celui de Bafoussam également. Le stade de Yaoundé sera aussi en réhabilitation ainsi que ceux de Douala et Garoua. Tout cela dans la perspective d’organiser la Can des seniors messieurs en 2019, tel que nous l’a instruit le Chef de l’Etat, de déposer notre dossier à la Caf, comme vous le savez aussi», a-t-il par ailleurs indiqué.

Avant la signature du mémorandum of Undestanding (Mou), une délégation camerounaise composée d’experts du Minsep, de l’Economie, du plan et de l’Aménagement du territoire, ainsi que des Travaux publics, s’est rendue en Chine dans le cadre des discussions préalables entre les deux parties sur les conditions de réalisations de ces projets réévalués. Les montants de ce nouveau partenariat n’ont cependant pas été indiqués. Toutefois, dans l’ancienne formule du Pndis, le Cameroun avait négocié et obtenu un crédit acheteur auprès des banques chinoises, d’un montant de 415 millions d’Euros, soit deux cent soixante-douze milliards deux cent douze millions quatre-vingt-quinze mille FCFA (272.212.095.000 FCFA), sur neuf ans, à des conditions concessionnelles de durée et de période de grâce.

2- PLUS DE 85 MILLIONS DÉTOURNÉS AU PNDIS

Le Pndis a connu moult déboires. Par arrêté n°115/cab/Pm du 8 avril 2009, l’ancien Premier Ministre M. Ephraïm Inoni dissout le comité interministériel de supervision du Pndis, créé par arrêté n°098/cab/Pm du 23 juin 2008. Le Pndis prenait ainsi du plomb dans l’aile avec comme conséquence majeure, l’arrêt de tous les chantiers décidés par le gouvernement camerounais. Une décision sévère mais logique au vue des nombreuses zones d’ombre qui entouraient ce Programme national de développement des infrastructures sportives.

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Dans une correspondance adressée à Roger Melingui, ancien Ministre délégué aux finances chargé du budget, et promoteur de Société civile et immobilière l’Afamba (Socia), entreprise agréée le 19 juillet 2007 par l’ancien Minsep Augustin Edjoa pour la recherche des financements du Pndis, les responsables chinois évoquent un détournement de plus 85 millions de FCFA.

«Please check amount of your payment, it falls short of down payment. The correct amount of down payment is Euro 24,557.740.76. While your payment is Euro: 24430443.15, the balance in Euro is 127 297, 61», indiquait une dépêche adressée le 24 December 2008 à M. Roger Melingui. M. Li Huaijun de la Cmec, auteur dudit message, demandait à l’ancien Ministre délégué du budget de bien vouloir vérifier la contribution du gouvernement versée à Exim Bank. Celle-ci avait été arrêtée exactement à 24 557 740,76 euros.

Par contre, les Chinois affirment n’avoir reçu que 24 430 443,15 euros. Soit une différence de près de 85 millions de FCFA. Les responsables chinois appellent les pouvoirs publics camerounais à respecter leurs engagements. Face à ces zones d’ombre, le Premier Ministre avait voulu redéfinir les contours du projet et nommer d’autres hommes à la tête, du Programme.

3- PNDIS, UN PROJET AMBITIEUX

Le Pndis, tel qu’il a été conçu en 2008, lors de la signature des documents contractuels, devait se dérouler en trois phases. La première partie de 2008 à 2010 devait comprendre la construction à Olembé, dans la banlieue Nord de Yaoundé, d’un complexe sportif ayant un stade omnisports semi-ouvert de 60.000 places assises. La construction d’un stade de 50.000 places assises dans la capitale économique à Douala, la construction d’un stade de 20.000 places à Bafoussam (Ouest).

La deuxième phase de Pndis, de 2011 à 2013, était censée déboucher sur la construction des stades de 20.000 places dans les autres régions, dont les villes de Bamenda, Bertoua, Ngaoundéré, Maroua, Sangmélima ainsi que la construction dans ces villes, comme dans chaque région, d’un Palais des Sports d’au moins 2000 places assises.

La troisième et dernière phase prévue de 2013 à 2016 devrait quant à elle permettre à l’entreprise chinoise Cmec de construire un hôtel 3 étoiles pour les Lions indomptables à Olembé, le complexe de l’Institut national de la Jeunesse et des Sports (Injs) de 12.000 m2 plancher avec une piscine olympique sur le même site, la réfection du stade de Garoua ou la construction d’un stade de 20.000 places dans la même ville.

Face à un déficit et la décrépitude totale de l’ensemble des infrastructures, l’aide de la République populaire de Chine apparaît alors comme une véritable bouée de sauvetage. En effet, les nombreux lauriers glanés au plan africain et mondial par les sportifs camerounais contrastent avec l’état scabreux de quelques rares infrastructures existantes.

Un cadre du Ministère des Sports essaye de justifier l’incapacité du gouvernement à trouver une solution efficace à ce casse-tête: «seule une synergie de compétences et d’actions peut nous permettre d’envisager des issues concrètes au manque d’infrastructures sportives. Je pense par exemple qu’en association, avec les communes, le secteur privé et les ressources étrangères, nous pourrons approfondir la réflexion à ce sujet», a-t-il déclaré.

Déjà, on peut modestement se réjouir que ces projets ne soient plus seulement dans la sphère du virtuel. Le nouveau stade de Limbe dans le Sud-Ouest est achevé à 96%. Il sera livré au mois d’avril. Les traçages et la finition de la piste débuteront en début février. Dans les tribunes, les sièges en plastique sont flambants neufs. Véritable joyaux architectural, le stade a une capacité de 20.000 places assises.


http://bit.ly/1l3utdw

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