Features

Grève manquée des transporteurs à Yaoundé

Taxi-Douala_Clients_transporteurs-agressions
La cessation de travail des transporteurs urbains et interurbains n’aura pas eu lieu. Maintes fois annoncée en fin de semaine dernière, le mot d’ordre de grève lancé par le président du syndicat national des employés du secteur des transporteurs terrestre (Synester), Jean Collins Ndefossokeng dans les colonnes du quotidien Le Messager (édition du mercredi 2 juillet 2014, page 4 ; Ndlr) n’a pas été suivi par les transporteurs.
Le poussin aurait été étouffé dans l’œuf, ainsi qu’en témoigne l’affluence remarquée dans la cité capitale de Yaoundé. Les conducteurs de taxis vaquent sereinement à leur tâche. Sans complexe d’ailleurs, souligne Shune, chauffeur de taxi.
« Après les tractations qui se sont tenues en fin de semaine dernière entre les représentants des syndicats et les pouvoirs publics, il nous a été instruit de travailler aujourd’hui ». « Je me serais senti coupable si mes collègues étaient garés »,
confie-t-il, non sans exprimer quelques souhaits. Et de poursuivre : « Nous espérons tout simplement que des mesures seront prises pour normaliser cette situation qui fait déjà des gorges chaudes au sein des transporteurs, et des populations ». Toujours est-il que l’on a noté lundi matin un début d’activité très timide dans le camp des taximen. « Lorsque je suis rentré de l’Ouest ce matin, les taxis étaient garés, seuls les mototaxis circulaient. Au point où j’ai craint le pire », confesse Emmanuel Kemajou. Visiblement, les transporteurs urbains et péri-urbains étaient dans une certaine expectative, et n’attendaient qu’un signal qui n’a pas été donné. Dans la foulée, ce sont les citoyens qui paient le lourd tribut, eu égard à l’augmentation unilatérale des prix de transport dans certaines zones de la ville, à l’instar du tronçon Nkoabang-Avenue Kennedy qui coûte déjà 300 francs.

Même si le climat semble être à l’apaisement en l’état actuel, les transporteurs ne décolèrent pour autant pas

Même si le climat semble être à l’apaisement en l’état actuel, les chauffeurs de taxi ne décolèrent pour autant pas, à s’en tenir aux propos qu’ils tiennent (en majorité) à bord de leurs véhicules. « Nous sommes sur le qui-vive. Si rien ne change d’ici-là, nous allons faire grève, sans autre forme de procès. L’État a tout intérêt à accéder à nos revendications, à défaut de supprimer l’augmentation des prix des hydrocarbures, car ce n’est pas à nous (taximen ; nldr) de boire la tasse », précise Paulin Tounejou, taximan.

Nous suivre ►► Facebook   Twitter   Instagram   Youtube 

Surtout que la pilule est déjà très forte depuis mardi dernier. En attendant, les regards sont tournés vers le ministère du Travail et de la sécurité sociale (Mintss), où les confédérations syndicales tiennent ce jour une concertation avec le ministre Grégoire Owona, pour décrisper l’atmosphère. Sinon, le mot d’ordre de grève lancé pour le 10 juillet prochain par le regroupement des 11 confédérations et centrales syndicales- lesquelles avaient claqué la porte des négociations du jeudi 3 juillet dernier au ministère des Transports- reste pendant.

Gibrile KENFACK TSABDO (Cp)

Populaires cette semaine

To Top