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Gouvernement: pourquoi le remaniement est imminent

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De sérieux signes avant-coureurs se précisent quant au tsunami tant attendu

Les jours à venir devraient être marqués par de profonds bouleversements sur le front de la politique intérieure. Le Conseil supérieur de la magistrature, annoncé pour jeudi prochain, plantera le décor avec des mouvements allant des affectations aux promotions en passant par les sanctions des magistrats. Des sources introduites font également état d’une intense activité en rapport avec la mise en place du Conseil constitutionnel que le président Biya, le 31 décembre 2013, annonçait «dans un délai raisonnable» et destiné à «parachever l’édifice institutionnel prévu par la Loi fondamentale».

Mais le plat de résistance attendu reste le remaniement du gouvernement, ou mieux, la réorganisation de l’appareil gouvernemental pour lequel, dit-on, un vrai coup de balai est annoncé. Il ne s’agit pas seulement de changer ou de muter des femmes et des hommes. Le discours du chef de l’État, mardi dernier à l’occasion du conseil ministériel, constitue à cette effet un indicateur sérieux : «Je demande au gouvernement de réduire son train de vie en bloquant les dépenses des biens et services, et en réduisant drastiquement les frais de missions, les achats de véhicules et de carburant.» Paul Biya s’était en effet ému de constater «que la qualité de la dépense publique n’a cessé de se détériorer, avec notamment une accumulation de dépenses dont la nécessité n’est pas évidente». Une forme claire de désaveu à un groupe à la fois inerte, laxiste, tatillon et qui n’hésite pas à confondre les caisses de l’État avec le patrimoine personnel. Une équipe qui, à l’heure du décollage vers l’émergence, au moment de la mise en marche du plan d’urgence économique, s’avère incapable d’impulser les réformes ou d’implémenter la pensée présidentielle.

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Explication de contexte : on ne peut pas, en même temps tenir le langage de la rigueur, de l’austérité et maintenir une équipe de 65 membres. Qui plus est, écrivions-nous voici quelques jours, certains membres du gouvernement sont actuellement sous le coup d’enquêtes judiciaires en rapport avec leur gestion de la fortune publique. Il est ainsi question de les «libérer» afin de les mettre à la disposition de la Justice. Une autre catégorie, également appelée à être remerciée, est constituée de hauts commis de l’État appelés à faire valoir leur expérience au Conseil constitutionnel, sans oublier ceux des membres du gouvernement, secoués par des maux divers, ne semblent plus tenir physiquement. Autant de raisons qui militent à tout le moins pour un réajustement à la fois urgent et en profondeur de l’exécutif actuel. Même si d’autres sources, tout aussi crédibles, soutiennent qu’aucun réajustement ministériel, aucun remaniement ministériel, aucune réorganisation gouvernementale ne seraient à l’ordre du jour pour le moment…Paul Biya étant préoccupé ailleurs.

Dans l’une ou l’autre hypothèse, les Camerounais ne perdent rien à attendre. Eux qui attendent le chef de l’État le 31 décembre 2014, à 20 heures.

© Michel Tafou | La Météo

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