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Gourgouro : L’armée élimine 94 combattants de Boko Haram

BIR-Boko Haram-villages

5 morts et 7 blessés enregistrés dans les rangs des forces armées camerounaise. Le visage filiforme et une paire de lunettes d’intello posée sur le nez, le chef de bataillon Oumar Nchankou, commandant du poste de commandement du Bataillon d’intervention rapide (BIR) de Waza intégré à la zone centre de l’opération Alpha, a un moral de gladiateur.

«N’eut été mes chefs, je serai resté au front !», lance-t-il gaillardement. L’officier vient pourtant d’être blessé à la jambe droite à la suite d’une embuscade des éléments de Boko Haram le 16 février 2014. Insuffisant pour entamer son moral. Sur la base de renseignements faisant état de mouvements suspects non loin de Gourgouro, à 7 km de Waza, les éléments du BIR prennent l’initiative d’y mener une patrouille. Après avoir franchi la localité de Ngnem Ngnem à 5 Km de Waza, le véhicule de tête tombe dans une embuscade.

Visiblement bien renseignés sur cette mission, les éléments de Boko Haram commencent à tirer. Leur but premier, apprendra-t-on, était de poser des engins explosifs improvisés pour stopper le convoi. La suite, le chef de bataillon n’est pas prêt de l’oublier : «Le Boko Haram qui m’a blessé au genou était à moins de 10 mètres de moi. Je ne sais pas comment il m’a raté. Les combats étaient durs, pratiquement du corps-à-corps (…)», relate-t-il sur un ton bien amer. Surtout que les éléments du groupe armé avaient juré de lui faire la peau et savaient qu’il empruntait régulièrement cette piste. Au cours de l’affrontement, la secte islamiste reçoit le renfort d’une centaine d’éléments équipés de lance-roquettes de type RPG qui vont s’abattre à plusieurs reprises sur le second véhicule dans lequel se trouve le commandant. Une roquette s’enfonce dans le capot avant, sans exploser. L’intensité de l’attaque est telle que quelques soldats sont tués sur le coup, et d’autres blessés.

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RIPOSTE Le chef de bataillon Oumar Nchankou qui reconnaît avoir été «pris de cours mais pas surpris» par cette attaque, réorganise son équipe et riposte. Les dégâts seront énormes. A l’aide du redoutable canon de 14/5 qui est mis à contribution, les éléments du BIR font mouche. Face à la riposte de l’armée camerounaise, les membres de la secte Boko Haram engagent dans la bataille un blindé. Il s’agit d’un véhicule anti-émeute arraché à l’école de police de Gwoza, au Nigeria. A l’intérieur du blindé, quatre membres de Boko Haram tirent en se croyant à l’abri derrière le blindage du mastodonte.

Sans compter qu’à côté de ce blindé, une dizaine d’autres éléments de la secte à bord des véhicules tout-terrain surmontés de mitrailleuses faisaient feu à tout va. Deux éléments du BIR vont neutraliser le blindé et ses occupants. Dès cet instant, la peur change de camp. Malgré les «Allah akhbar !» lancés à tout-va, ils sont contraints au repli. Ce, après avoir perdu de nombreux hommes. Dans leur retraite, ils ramassent les corps des leurs qu’ils balancent derrière leurs pick-up.

Ils vont néanmoins laisser sur le champ des opérations 86 cadavres. Auxquels il faut ajouter les 8 corps retrouvés le lendemain matin au cours du ratissage. Dans les rangs du Bataillon d’intervention rapide, l’on déplore néanmoins 5 morts au total, tous des caporaux-chefs du contingent 2009. Ils seront transportés avec les 7 autres blessés à Maroua à bord d’un hélicoptère. Ce dernier bilan porte à 27 le nombre d’éléments du Bataillon d’intervention rapide tombés pour la patrie.

Via L’Oeil du Sahel

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