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Gestion de l’effort de guerre: panique dans le réseau de détournement

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Après le limogeage du commandant de la Base aérienne 101, l’on s’achemine vers un véritable coup de balaie profond de tous les responsables militaires soupçonnés d’avoir détourné les dons destinés aux militaires et aux populations victimes d’exactions de Boko Haram.

L’opération de mobilisation de l’effort de guerre contre la secte islamiste Boko Haram est ponctuée par des affaires de détournement de dons en nature sensés être acheminés à l’Extrême Nord pour les soldats au front. En effet, pendant que certains hommes en treillis, par leur courage, leur abnégation et leur détermination, contribuent activement à repousser les assauts de la secte terroriste, d’autres s’approprient les nombreux dons mobilisés par les populations et les opérateurs économiques. Lundi 11 mai dernier, c’est le commandant de la Base aérienne 101 qui est passé à la trappe. Soupçonné d’indélicatesse, le colonel Martin Claude Owona a été remplacé au pied levé par le colonel Alfred Mvondo Menyengue, jusque-là chef de division du suivi des opérations de maintenance des matériels majeurs des forces de défense, au ministère de la Défense. Selon des indiscrétions, le colonel Martin Claude Owona est impliqué dans un réseau de détournement de dons mobilisés courant février, mars et avril à la base aérienne 101, puis revendus dans des supers-marchés et grandes surfaces ou pour être consommés à domicile. Dons constitués de produits et denrées alimentaires telles que le sucre, le riz, les pâtes alimentaires, la farine, l’huile végétale raffinée, la mayonnaise, la banane, les sardines, le sel de cuisine, les biscuits, le maïs, le haricot, la confiture, les petits pois, le pâté, le chocolat, l’eau minérale, le lait, la viande de bœuf, la tomate, le savon, les médicaments, etc.

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Branle-bas

La tournure des choses indique clairement que d’autres larrons en foire tapis à la base aérienne 101 (tous grades confondus), connus et identifiés, mouillés dans ce scandale pourront également subir la même colère présidentielle dans les prochains jours. À l’ancien aéroport de Yaoundé, à Mvan, on rapporte déjà les trémolos des militaires en charge des magasins, qui semblent désormais avoir perdu tout sommeil. La création du Comité interministériel ad hoc de gestion des dons financiers, des denrées alimentaires et des matériels destinés aux militaires et aux populations victimes des exactions de Boko Haram, est donc significative de sens.

En fait, le président de la République en signant le 21 avril dernier, un arrêté portant création de ce comité placé sous l’autorité du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, tenait à une gestion saine, transparente et rationnelle des collectes dans le cadre de la lutte contre Boko Haram. Dans cet arrêté, le chef suprême des armées donne des indications précises quant à l’organisation et le fonctionnement de ce Comité placé sous la présidence du ministre de l’administration territoriale et de la décentralisation.

Dans les détails, ce Comité est chargé de superviser la collecte et la centralisation des dons reçus des populations, des États étrangers et des organisations humanitaires nationales et internationales; d’identifier, en liaison avec les autorités administratives locales et la hiérarchie militaire, les besoins en vivres et autres matériels, le cas échéant; de superviser les opérations de distribution des dons aux populations et aux personnels des forces de défense; de servir de cadre de concertation entre la gouvernement et les donateurs nationaux et internationaux; d’effectuer toute autre mission à lui confiée par le gouvernement. Le 30 avril dernier, René Emmanuel Sadi a indiqué qu’à cette date-là, plus d’un milliard était déjà dans le compte spécial intitulé «contribution du peuple, lutte contre Boko Haram».

Mamouda Labaran

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