Société

GERARD KUISSU : «on m’a arrêté pour outrage au chef de l’état»

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Le coordonnateur national de Tribunal article 53 « GERARD KUISSU » revient sur les raisons de son interpellation.

Que s’est-il passé le 14 mars dernier à Douala ?

Je suis allé prendre part à une rencontre avec les membres de la délégation d’Amnesty international en séjour au Cameroun. Nous étions au foyer des marins. A la fin de la rencontre, nous sommes interpellés aux environs de 23h à Akwa par deux hommes en civil. La seule chose qui m’a fait dire que ces hommes étaient les gendarmes c’est que chacun d’eux avait un walkie-talkie, un émetteur-récepteur radio mobile servant aux liaisons radiotéléphoniques. Ensuite j’ai été embarqué dans un pick-up de la gendarmerie avec trois de mes camarades. Les éléments en question nous ont conduits à la légion de gendarmerie de Bonanjo où nous avons été auditionnés.

Pendant mon audition, on m’a posé un certain nombre de questions comme : pourquoi j’ai eu une rencontre avec les membres d’Amnesty international, quels étaient mes mouvements dans le pays ces trente derniers jours, pourquoi j’ai posté le photomontage du président de la République sur internet? Concernant ce photomontage, je l’ai partagé sur ma page Facebook un jour après sa publication dans le site internet de la présidence de la République, qui avait pour but de déstabiliser le chef de l’Etat et porter atteinte à la haute sûreté de l’Etat. Après mon audition, j’ai été placé en garde à vue sans être enregistré ni à la main courante, ni sur un autre document. En plus je ne savais toujours pas ce qu’on me reprochait.

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Pourquoi avez-vous été transféré à Yaoundé en début de semaine ?

Le lundi 16 mars, on me sort de la cellule vers 5h du matin, en me disant que j’ai un mandat de recherche. Je leur ai posé la question que ce mandat vient du Sed ou de la Présidence de la République? Ma question n’a pas obtenu de réponse. Nous sommes arrivés à Yaoundé vers 14h, j’ai été auditionné et on m’a fait comprendre qu’on m’accuse d’outrage au chef de l’Etat en période de guerre. Après mon audition, j’ai été conduit dans une cellule qu’on appelle le Pentagone, cette cellule est obscure, étroite et n’a pas de lumière. C’est un bâtiment au Sed où se trouvent les bureaux des employés. Mais il y a une porte qui mène au sous-sol. Lorsque vous êtes dans les bureaux, vous ne pouvez pas imaginer que les gens sont en train de souffrir dans le Pentagone. C’est dans cette cellule que j’ai été gardé. On m’a interpellé le 14 mars et c’est deux jours après qu’on enregistre ma garde à vue. Pendant mon séjour au Sed, mes téléphones portables étaient confisqués jusqu’au moment de ma libération.

Est-ce qu’on peut considérer que votre affaire est terminée ?

Mon avocat m’a fait comprendre que j’ai été entendu dans le cadre d’une enquête préliminaire. Après cette enquête, le tribunal militaire peut revenir à la charge ou il peut également suspendre les poursuites. Mais je ne vais pas céder au découragement. Je pense que je n’ai rien à me reprocher dans cette histoire. Je remercie tous les hommes politiques et d’autres activistes qui se sont mobilisés pour ma libération.

© Le Jour : Propos recueillis par P.N.

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