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Gaz domestique: de nouvelles bouteilles dans le circuit

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Avec l’opération de retrait des bonbonnes non-conformes, les marqueteurs disent avoir importé de nouveaux emballages. Mais, les détaillants déplorent encore leur rareté.

Les bouteilles de gaz domestique ne se fabriquent pas au Cameroun. Du moins, ce n’est plus le cas. Puisqu’à l’époque, « la Société camerounaise de transformation métallurgique (SCTM) en fabriquait, mais avec la hausse du prix de l’acier, principale matière première, par ailleurs, importée d’Europe, tous les marqueteurs trouvaient moins cher d’importer directement les bouteilles déjà fabriquées. La SCTM a dû arrêter la production et se lancer elle-même dans l’achat des bouteilles », confie un responsable du ministère de l’Eau et de l’Energie (Minee). Sauf que l’autorisation d’importer des bonbonnes de gaz domestique a fini par poser un problème d’insécurité. Car à un moment donné, des bouteilles non-conformes à la réglementation camerounaise ont envahi le marché, avec des risques certains pour les consommateurs. Une campagne de sensibilisation et de retrait des emballages non-conformes a été lancée, il y a environ un an, par le ministère de l’Eau et de l’Energie (Minee), avec des résultats conséquents. Des milliers de bonbonnes ont effectivement été sortis du circuit. Une situation qui a malheureusement aggravé le problème de rareté de bouteilles qui se pose depuis quelques années déjà.

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A Yaoundé, certains grossistes et détaillants de gaz domestique parlent de pénurie. « On veut bien acheter plus de gaz mais sans bouteilles, c’est impossible », regrette l’un des détaillants basés au quartier Biyem-Assi. Plus loin, du côté de Mendong, un grossiste assure, pour sa part, que la pénurie est passée il y a moins d’un mois, avec l’acquisition par les marqueteurs de nouvelles bouteilles. Lesquelles sont d’ailleurs bien visibles dans ce dépôt. En effet, la mesure d’assainissement menée par le Minee a contraint certains marqueteurs d’importer de nouvelles bouteilles. « Concernant Camgaz qui était principalement à l’origine des bouteilles non-conformes, son chiffre d’affaires avait chuté, passant de 24 à 17% après les retraits. Elle était obligée d’investir pour de nouvelles bouteilles et depuis, ses parts de marché sont remontées jusqu’à 19% en un laps de temps », apprend-on au Minee.

Impossible de faire parler les marqueteurs eux-mêmes sur le sujet. L’on sait cependant qu’ils ont obligation de produire les bouteilles, puisqu’ils ne peuvent pas vendre le gaz sans ces emballages-là. « L’Etat les assiste, par exemple, en subventionnant le commerce du gaz domestique pour encourager sa consommation », précise notre source du côté du Minee. Selon elle, « il n’y a pas vraiment de rareté. Les grossistes qui profitaient du circuit de faux se retrouvent pénalisés, puisque toutes les bouteilles non-conformes leur ont été retirées pour destruction. Ce sont eux qui donnent l’impression qu’il y a pénurie de bouteilles, parce qu’ils peinent à réinjecter de l’argent dans leur commerce pour l’achat des bouteilles conformes ». Notre source fait, par ailleurs, relever que les consommations du gaz n’ont pas changé. « De janvier à juin 2015, nous sommes entre 7 000 et 8 000 tonnes de gaz vendues par mois. Ce qui correspond à la consommation habituelle. S’il y avait un problème, ça se verrait à ce niveau ».

Félicité BAHANE N

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