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Gabon : 24 Camerounais en liberté après 8 mois de prison

24 camerounais liberés de prison au Gabon
24 Camerounais en liberté après 8 mois de prison. Ces chercheurs d’or pour la plupart, ont été relaxés depuis le 16 juillet dernier aux environs de 11 heures. Après plusieurs pourparlers entre les autorités des deux pays, ils ont été reçus à Ebolowa par Jules-Marcelin Ndjaga gouverneur de la région du Sud.
Tout part de Mvam II, village situé dans l’arrondissement d’Oveng, département du Dja et Lobo, dans la région du Sud, ce dimanche 10 novembre 2013. Ces Camerounais orpailleurs, exploitaient l’or dans les alluvions du village de Mvam II situé à 37 kilomètres du territoire Gabonais.
Selon Rodrigue Ekamba, originaire de Mvam II, c’est au lieu d’activité en territoire camerounais qu’ils ont été embusqués par les militaires gabonais. En ce lieu de frontière artificielle, la délimitation ne peut être reconnue que par les autorités, puisque c’est une forêt vierge. « Les pygmées gabonais qui chassent de ce côté sont allés signaler leur présence aux autorités gabonaises, les suspectant de détenir non seulement les armes mais aussi les trompes d’éléphant ». La nouvelle reçue, 34 commandos de l’armée gabonaise ont investi cette brousse pendant plusieurs jours en vue de maîtriser « l’ennemi ».Les Camerounais finiront par être arrêtés. Certains ont pu fondre dans la forêt. C’est bien de ceux-là que la nouvelle a atteint le village de Mvam II, puis le sous préfet d’Oveng qui a saisi le patron de la région du Sud Jules-Marcelin Ndjaga. Ainsi, 27 personnes ont été arrêtées donc, 24 Camerounais, 01 Nigérian et 02 Sénégalais couchés face contre sol disent-ils pour une fouille systématique. Fouille au cours de laquelle, ils ont été dépouillés de tout ce qu’ils avaient comme objets, argents et pièces d’identité qu’ils ne retrouveront plus parce que brûlées par leurs bourreaux. Copieusement bastonnés, et soumis à toutes sortes de tortures, ils ont passé trois jours de marche dans la forêt pour rallier le premier village gabonais appelé Minvoul où les attendaient deux camions militaires pour leur convoiement à la prison centrale d’Oyem.

Traumatisme

Rodrigue Ekamba sous le contrôle de ses camarades de misère affirment qu’ils ont passé 9 jours sous mandat de dépôt, puis traduits au tribunal pour enfin atterrir à la prison centrale d’Oyem. Laissant le corps de leur compatriote le nommé Tabela Roger, commerçant ayant succombé sous le coup de deux balles tirées par les soldats gabonais. Son frère, Fako Etienne, originaire de la région de l’Ouest Cameroun garde encore ce traumatisme en mémoire. Ce dernier dit être en ce lieu pour le commerce des téléphones portables, postes radio, plaques solaires et autres objets, commerce qu’il effectue depuis dans cet arrondissement d’Oveng de village en village. Pendant leur séjour carcéral, ils déclarent avoir reçu la visité d’un officier supérieur de l’armée camerounaise en la personne du colonel Abondo Evina Zeh Etienne qui est venu les rassurer du soutien du président de la République, et que leur problème était en cours de résolution « diplomatique ».

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Huit mois de prison

Ainsi, plusieurs fois ils sont passés à l’audience au tribunal à Oyem, plusieurs fois renvoyés et condamnés finalement à trois mois alors qu’ils en avaient déjà purgés huit mois de prison. Ces 27 détenus retrouvent alors leur liberté le 16 juillet dernier vers 11 heures, et convoyés par l’armée gabonaise jusqu’à la frontière à Meyo – Ekié où les 24 Camerounais ont retrouvé leur territoire, Nigérian et Sénégalais restant retenus au poste de sécurité gabonais. Marie-Thérèse Amakoumeïna qui était ce jour là « partie vendre la nourriture au chantier » pleure sa famille qu’elle n’a plus vue depuis 8 mois. Dieu merci, sous escorte, ils ont rallié Ebolowa, la capitale régionale du Sud le même jour aux environs de 21 heures.

Accueillis comme des enfants prodiges par le gouverneur de la région, ils ont été servis chacun à sa convenance et logés dans un hôtel de la place. Le 17 juillet au matin, ils ont été reçus par le gouverneur et son état major. Jules Marcelin Ndjaga dit les avoir reçus pour des souhaits de bon retour chez eux au Cameroun, et que le sommet de l’Etat était au courant de leur situation. Ayant compris les circonstances de leur arrestation et détention, le patron de la région du Sud leur a demandé de prendre connaissance que leur pays le Cameroun était un beau pays, et les a conviés à se « battre » sur place. Parmi les 24 Camerounais, on a décelé 02 cas d’infection pulmonaire déclarée. Ceux-ci, apprend-on, poursuivront les soins localement. Les dispositions ont été prises pour que chacun d’eux puisse retrouver sa famille.

Rapatriement de la dépouille

Pour le cas du décédé, le gouverneur les a rassuré que la mission diplomatique camerounaise basée au Gabon suivait bien ce dossier, et que le corps de Tabela Roger se trouverait encore à la morgue d’Oyem, et qu’avec ce dénouement, les dispositions pour le rapatriement de la dépouille vont s’enclencher. Il faut noter qu’il y a deux ans, un refoulement massif des Camerounais a eu lieu du côté de Minkémé au Gabon, plusieurs autres cas de « brutalité » se sont encore produits entre temps. Le souhait pour ces libérés aujourd’hui est que le Cameroun et le Gabon puissent toujours vivre dans la paix et la sérénité, mots qui trouveront un sens réel qu’avec la volonté des chefs des deux Etats.

© Jacques Pierre SEH | Le Messager

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