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Franklin Nyamsi critique la révolution Burkinabé et encense Compaoré

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En voilà un qui n’applaudit pas des deux mains les changements survenus fin octobre dans la vie de l’Etat du Burkina Faso. Lui, c’est l’agrégé de philosophie franco-camerounais Franklin Nyamsi.

Dans une tribune en trois parties intitulée: «une crise de la signification de la démocratie au Faso», l’intellectuel dénonce clairement les conditions du départ forcé de Blaise Compaoré. Dans le premier chapitre de sa réflexion, l’ancien étudiant de l’université de Yaoundé commence par  valoriser le bilan du président déchu.  « L’avenir, je n’en doute pas, saura reconnaître ce qu’en 27 ans accomplis à la tête du Burkina Faso, le président Compaoré lui aura apporté d’essentiel et de lumineux », qu’il classe aux côtés de leaders comme De Gaulle, Houphouët, Nkrumah, Mandela, cités parmi les « hommes de grande destinée ».

Pour lui, ce n’est pas le peuple burkinabé qui s’est déployé dans les rues de Ouagadougou en octobre, mais de simples vandales et pilleurs. « La première foule venue, croit-on, est le peuple. La première horde capable de casser, de brûler, de violer et de vilipender sans être punie, est l’expression de la colère légitime et toute-puissante des dieux, qui choisissent inopinément leur camp, en ces carrefours de l’Histoire où, soudain, tout devient possible. La foule, Nietzsche nous en avait prévenus, c’est la canaille. La foule ne pense pas », écrit le philosophe.

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Franklin Nyamsi s’en prend aux puissances occidentales qui coupent les vivres aux Etats faibles du Sud pour peu qu’ils modifient leur constitution. Il indexe aussi ces groupes politiques « notamment gauchistes et chauvinistes, convaincus de ne jamais pouvoir atteindre la gestion de l’Etat par un processus de compétition électorale, se sont spécialisés dans l’incitation des foules désœuvrées à l’insurrection civile, mais aussi dans la manipulation de certains corps d’armée, qui ne découvrent qu’après coup la supercherie dont ils ont été victimes ». Pour Nyamsi, la crise burkinabé est d’abord « une crise de la signification africaine de la démocratie ». L’agrégé ès philosophie soutient que l’opposition burkinabè pour arriver au pouvoir, s’est constituée en « réseau d’opportunistes sans foi ni loi ».

Saran Sérémé par exemple est soupçonnée d’avoir voulu prendre le pouvoir en s’autoproclamant présidente de la transition. Le Pr Nyamsi la présente comme la « présidente d’un obscur parti d’opposition ». Ce proche du président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro, prône une démocratie intégrant une saine concurrence et qui intègre le dynamisme du peuple. Chose que l’opposition, à son avis, redoute. Il voit d’un bon œil l’intervention de l’armée qui selon lui, a empêché cette opposition « de se pencher pour ramasser le pouvoir laissé par terre par le président Blaise Compaoré ». Nyamsi se demande si l’opposition burkinabè jugée « référendophobe », ne deviendra pas bientôt « transitoirophobe », voire tout simplement « démocratophobe » au moment d’aller aux « élections libres » promises par le nouvel homme fort de Ouagadougou, le lieutenant-colonel Zida.

Robert Ndonkou

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