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Francophonie : Comment Michaëlle jean a évité les questions qui fâchent

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La secrétaire générale de l’organisation internationale  de la francophonie (Oif) a achevé hier sa  visite officielle au Cameroun. Elle n’a pas rencontré l’opposition et a gardé le silence sur certains sujets relatifs à la bonne gouvernance, comme la loi non appliquée sur la déclaration des biens.

La première femme à exercer la fonction de secrétaire générale de l’Organisation internationale  de la francophonie (Oif) Michaëlle Jean est donc venue au Cameroun pour un séjour  dont le calendrier, certes chargé, n’a pas prévu de rencontre ni avec l’opposition parlementaire ni avec l’opposition tout court. Si on peut comprendre le fait  qu’elle soit venue rencontrer Paul Biya non seulement dans le cadre de la coopération entre l’Oif et le Cameroun, mais aussi  pour le remercier pour le rôle qu’il a joué parmi ses pairs au  XVème sommet de la francophonie de Dakar, au Sénégal, le 30 novembre 2014 pour sa désignation  par consensus, on peut s’interroger  sur certaines  choses. Notamment sur la façon de Michaëlle Jean  d’effleurer  à  peine les questions relatives aux élections, à  la démocratie et à la bonne  gouvernance dans un pays qui, malgré des efforts,  n’a pas définitivement  quitté le tableau des pays les plus corrompus du monde.

Des doléances non écoutées…

Le Cameroun étant appelé  à  organiser plusieurs  élections à la fois en 2018, Michaëlle Jean  aurait pu prévoir une rencontre avec l’ensemble des parties impliquées dans le déroulement des élections. Pour se faire une idée plus juste de la situation réelle après les sénatoriales du 14 avril 2013 et après les législatives et municipales du 30 septembre 2013. Des  doléances abondent pour perfectionner le  processus électoral dans notre pays. La rencontre effectuée avec les responsables d’Elections Cameroon (Elecam) aurait gagnée  en qualité à travers des échanges que l’on pourrait  imaginer plus riches et plus fructueux. Entrée en fonction début janvier 2015, la secrétaire générale de l’Organisation internationale  de la francophonie (Oif)  Michaëlle Jean ne maîtrise peut-être pas encore tous les enjeux, tous  les défis et toutes les contraintes de l’Oif. Tel est l’avis de certains diplomates sur cette question délicate.

Sacrée  bonne excuse pour  une débutante…

Sauf que son expérience d’ancienne  gouverneure générale  et commandante en chef du Canada aurait pu lui permettre de s’exprimer  avec conviction et sans hypocrisie  sur des questions qui fâchent, y compris sur les élections.  Lors de son audience au palais de l’Unité, à Yaoundé, du  mardi 14 avril 2015  à 12 h ou lors du déjeuner offert Paul Biya  et  Chantal Biya à 13h le même jour, Michaëlle Jean  aurait pu faire des recommandations, des suggestions ou une interpellation  au Cameroun  sur la nécessité par exemple d’adopter une biométrie complète, mais aussi d’appliquer la loi sur la déclaration des biens à travers une éventuelle signature des décrets d’applications par le président de la République. Ce d’autant que l’Oif fait partie des institutions  qui participent  aux efforts financiers et matériels visant l’organisation des élections libres, régulières, transparentes et démocratiques  au Cameroun. Et qui promeut aussi  la bonne  gouvernance.

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Occasion manquée

L’Oif envoie régulièrement des observateurs électoraux lors des élections dans notre pays depuis presque deux décennies. En dehors de la société civile constituée des associations des femmes et des jeunes que  Michaëlle Jean a rencontrés lors de son séjour, les  partis politiques de l’opposition –  qui n’ont pas été sollicités – auraient pu aider Michaëlle Jean à mieux cerner les manquements ou les lacunes observées. Ce fut une occasion manquée de saisir la réalité des faits. Après la Guinée  où en mars dernier elle a séjourné pour des raisons  humanitaires,  à cause  de l’épidémie de la fièvre hémorragique du virus Ebola qui a  sévi et fait des milliers de morts en Guinée comme au Liberia et en Sierra Leone, Michaëlle Jean  a cependant eu un entretien avec le ministre des Relations extérieures Pierre Moukoko Mbonjo et une importante séance de travail avec une bonne vingtaine de ministres concernés par la coopération avec  la francophonie.

Michaëlle Jean  a aussi rencontré le Premier ministre, chef du gouvernement et des operateurs économiques pour aborder entre autres sujets de la création d’emplois pour les jeunes et les femmes. L’Oif  est présent au Cameroun  à travers le bureau Afrique centrale et des Grands lacs de l’Agence universitaire de la Francophonie.  L’Oif se déploie  dans  ses  volets  culturel et éducatif;  sur le développement social et  le développement durable; sur  la justice et la solidarité, sur la démocratie et les questions de droits de l’homme et sur l’économie. Michaëlle Jean a mis l’accent sur ce dernier volet. Elle entend travailler pour une francophonie axée sur  l’économie, les femmes et les jeunes. Michaëlle Jean a effectué d’autres visites et  participé  jeudi après-midi à une conférence  avec des étudiants de l’Institut des Relations internationales du Cameroun (Iric).

Arrivée mercredi soir dans capitale politique  du Cameroun, Michaëlle Jean qui a été distinguée  par le  titre de «Docteur  Honoris Causa» à l’Université de Yaoundé I devait quitter Yaoundé pour Paris jeudi soir selon  le programme de sa visite.

Edmond Kamguia K.

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