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France: Madame Marafa en campagne pour la libération de son mari

Jeannette-Marafa

Jeannette Marafa qui sort à peine d’une longue maladie a reprécisé la position de sa famille, lors d’une conférence sur les droits de l’homme au Cameroun. « Cette journée pour nous est assez triste parce qu’elle nous rappelle les quatre ans de malheurs qui sont tombés sur nous et que nous continuons à subir », a-t-elle déclaré d’emblée.

Et de poursuivre : « Le 16 avril marquait le quatrième anniversaire de l’arrestation et de la détention de mon mari sous le fallacieux prétexte de détournement de deniers publics. Au cours d’un procès expéditif, le tribunal n’ayant rien trouvé à reprocher à mon mari l’a condamné pour complicité intellectuelle de détournement de deniers publics. Un motif inexistant dans le code pénal. » « Tout le monde s’accorde à dire que mon mari est un prisonnier politique. Les Etats Unis le classe dans cette catégorie depuis sa condamnation. Et l’Assemblée générale de l’Internationale Socialiste tenue l’année dernière au siège des Nations-Unis à New York a adopté une résolution appelant à sa libération. »
La Cour suprême du Cameroun vient de réduire la peine de l’ex-ministre de 25 a 20 ans de prison. Evoquant l’état d’esprit de son époux, Mme Marafa a déclaré : « Tous ceux qui connaissent mon mari savent que c’est une personne qui n’est animé ni de haine ni d’amertume. Tout ce que je souhaite c’est que les autorités camerounaises reviennent à la raison et libèrent mon mari afin qu’il puisse retrouver sa famille dont il est séparé depuis quatre années et qu’il puisse enfin avoir accès aux soins dont il est privé alors que la détérioration de son état de santé est de notoriété publique. »

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Les trois enfants Marafa ont aussi fait leur entrée dans la campagne internationale en vue de la libération de leur père. Samedi 16 avril à Paris, lors de la journée de solidarité pour les droits de l’homme au Cameroun organisée par le Comité de libération des prisonniers politiques camerounais (CL2P), ils ont distribué des centaines de tracts dans les artères de la ville de Paris.

Ils ont pour prénom Lily, Aïssatou et Fayçal et vivent en France où les a rejoints leur mère il y a quatre ans. Les deux premières ont fini leurs études et se sont engagées dans la vie professionnelle. Leur cadet Fayçal poursuit des études d’ingénieur, suivant en cela les traces de son père lui-même ingénieur en pétrochimie de l´Université du Kansas (Etats-Unis).
Jusqu’ici, la fratrie était inconnue du grand public. Toutefois, en juillet 2015, la presse camerounaise avait signalé un incident impliquant Aïssatou, deuxième fille de la famille, lorsque les autorités de Yaoundé lui avaient refusé le permis de visiter M. Marafa dans sa cellule du Secrétariat d’Etat à la gendarmerie de Yaoundé. Alors qu’elle s’était rendue expressément au Cameroun pour le voir, après plus de trois ans de séparation.

Les enfants Marafa entendent désormais aller directement au contact du public français que l’on sait très sensible sur les questions des droits de l’homme, pour plaider la cause de leur père. Objectif : faire pression sur le pouvoir de Yaoundé, signataire de nombreuses conventions internationales relatives aux droits humains et aux libertés individuelles.

René DASSIE

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