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Forces de défense: Le cahier de charges des nouveaux généraux

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Ils sont appelés à intensifier la lutte contre la secte islamiste Boko Haram et l’intrusion des groupes rebelles centrafricains sur le territoire camerounais. Le président de la République a pris d’importants actes jeudi 13 août. Le décret n°2015/381 porte promotion au grade, de général de brigade, les colonels de l’armée de terre Valère Nka, Bouba Dobekreo, Jacob Kodji, Simon Ezo’o Mvondo et Frédéric Ndjonkep Mehomy.

Par ailleurs, suivant le décret n°2015/382, les désormais généraux Frédéric Ndjonkep Mehomy et Jacob Kodji sont respectivement promus aux postes de commandant de la 3e région militaire interarmées et commandant de la 4e région militaire interarmées, postes dont ils assuraient l’intérim depuis novembre 2013.

La 3e région militaire interarmées, avec pour poste de commandement Garoua, est composée du 3e secteur militaire (SM3) dont le ressort territorial est la région du Nord et le 5e secteur militaire (SM5), avec pour ressort territorial la région de l’Adamaoua. La 4e région militaire interarmées, quant à elle, est composée du 4e secteur militaire (SM4) avec comme ressort territorial la région de l’Extrême-Nord et comme poste de commandement Maroua.

Un communiqué du ministre délégué à la présidence de la République en charge de la Défense, Edgard Alain Mebe Ngo’o, publié le lendemain, indique que, sur hautes instructions du chef de l’Etat, le Cameroun mobilisera 2450 militaires pour participer à la Force d’intervention conjointe multinationale («Joint Task Force») contre Boko Haram qui doit compter au total 8700 hommes. Le même communiqué précise que, pour occuper la fonction d’adjoint au commandant de la Force multinationale mixte, Paul Biya a choisi le tout nouveau général de brigade Valère Nka. Dans la même veine, Bouba Dobekreo, encore colonel au soir du 12 août, est désigné commandant du premier secteur de la Force mixte situé à Mora, dans la région de l’Extrême-Nord. Le désormais général de brigade Simon Ezo’o Mvondo, quant à lui, conserve son poste de commandant de la 11e brigade d’infanterie motorisée (Brim) qui couvre les régions du Sud et de l’Est où sévissent les bandes armées centrafricaines Anti Balaka et Seleka.

Il apparaît clairement que les nouveaux officiers généraux sont territorialement répartis dans les zones où le Cameroun est sous la menace d’attaques terroristes. Non seulement il s’agit, pour le chef de l’Etat, de porter des officiers généraux à la tête des toutes les régions militaires, mais surtout de redynamiser les troupes au front dans le septentrion contre les fous d’Allah, et à l’Est contre des groupuscules armés. La lutte contre l’insécurité va certainement connaitre une efficacité plus accrue

 J.C.O et Hervé Fouda (stagiaire)

Valère Nka. Natif de Nkolobogo, par Sa’a dans le département de la Lékié, c’est lui qui a été choisi par le chef de l’Etat, depuis le 14 août, pour occuper les fonctions de commandant en second de la Force d’intervention conjointe multinationale. Le sexagénaire jouit d’une expérience éloquente dans la guerre que le Cameroun mène contre les insurgés nigérians. Avant d’être promu au poste de commandant en second de la Force mixte multilatérale, il a été chef d’état-major de la 3è région militaire à Garoua puis commandant du secteur terrestre, avant d’être attaché de défense au haut-commissariat du Cameroun à Abuja. La Force mixte multilatérale est née à la suite d’une résolution de la 484è réunion du Conseil de paix et de sécurité et du sommet des chefs d’Etat de l’Union africaine, qui indiquait que les cinq pays de la région du Bassin du Lac Tchad ainsi que le Bénin devaient réunir un minimum de 7500 hommes pour vaincre Boko Haram, avec pour quartier général la capitale tchadienne, N’Djamena. Les experts, réunis à Yaoundé début février 2015, ont pour leur part porté ce chiffre à 8700. Le Bénin a d’ores et déjà annoncé qu’il enverrait 800 hommes au front.

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Jacob Kodji. Confirmé jeudi dernier au poste de commandant de la 4e région militaire, il est né le 27 janvier 1960 à Mogobé (Mayo Tsanaga), un village frontalier avec le Nigeria. Après des études primaires et secondaires au lycée de Mokolo, il est admis à l’Ecole militaire interarmes (Emia) d’où il sort sous-lieutenant le 1er juillet 1983. Passé capitaine le 1er juillet 1987, il est fait officier supérieur dès le 1er juillet 1998. Il est colonel en 2008, puis nommé commandant de la 31ème brigade d’infanterie motorisée (Brim) à Ngaoundéré par décret présidentiel du 5 mars 2014. Avec les textes du chef de l’Etat du 14 août 2014 portant réaménagement du commandement territorial de l’armée, Jacob Kodji s’est vu confier, par intérim, la toute nouvelle 4e région militaire interarmées avec comme ressort territorial la région de l’Extrême-Nord. C’est donc lui qui conduit depuis lors la guerre déclarée par le chef de l’Etat contre la secte islamiste Boko Haram. Les résultats sont visibles et la nébuleuse semble décapitée. Pour éradiquer complètement le phénomène, il a désormais pour mission la recherche, en tout temps, des renseignements prévisionnels et de défense, la franche et loyale collaboration avec les autorités administratives, les autorités municipales et traditionnelles ainsi que les dignitaires religieux, sans oublier la coopération avec les autres corps de sécurité.

Bouba Dobekreo. Du haut de ses 2 mètres, le désormais général est un lauréat de l’Emia d’où il sort en 1986 avec le grade de sous-lieutenant. Plus tard, il fera de nombreuses rotations dans la péninsule de Bakassi durant le conflit frontalier qui a opposé le Cameroun au Nigeria. Il fut, au cours de l’une de ses missions, victime d’un accident de voiture dans lequel il faillit perdre une jambe. Malgré de nombreux mois passés en convalescence et de multiples opérations chirurgicales, il tient le gouvernail et dirige ses hommes d’une main de fer. Comme l’appellent ses proches, «Dobé» fut l’un des tout premiers officiers choisis pour former le Bataillon léger d’intervention rapide, ancêtre du Bataillon léger d’intervention (Bir) dont il est actuellement le chef. Ses états de service sont éloquents : c’est lui qui a sécurisé le parc de Bouba N’Djidda et qui mène des expéditions punitives contre les hommes d’Abubakar Shekau dans l’Extrême-Nord. Depuis le 14 août, il est commandant du premier secteur de la Force d’intervention conjointe multinationale contre Boko Haram situé à Mora. C’est à lui que revient la lourde responsabilité de diriger les troupes de la Joint Task Force au Cameroun.

Frédéric Ndjonkep. Commandant par intérim pendant un an, jour pour jour, de la 3e région interarmées qui couvre les régions de l’Adamaoua et du Nord, il a été confirmé à la faveur des textes du 14 août dernier. Né le 15 novembre 1960 dans la région de l’Ouest, le désormais général de brigade est de la promotion 1987 de l’Emia. Promu colonel le 1er janvier 2009, il doit désormais faire face à la circulation incontrôlée dans son unité de commandement des militaires démobilisés au Nigeria et en Rca, aux réfugiés qui inondent le territoire camerounais, à l’orpaillage clandestin et au braconnage à l’arme lourde. Le nouveau commandant doit également s’investir, sans ménagement, à la préservation de son territoire contre exactions de la secte islamiste. Une tâche qu’il ne pourra bien mener qu’en entretenant de saines relations avec les autorités administratives, traditionnelles et politiques ainsi qu’avec les autres composantes des forces de sécurité.

Simon Ezo’o Mvondo. Aujourd’hui âgé de 59 ans, il est sorti de l’Emia le 1er juillet 1987 – promotion Rudolf Douala Manga Bell. Promu capitaine le 1er juillet 1994, il passe commandant de bataillon le 1er juillet 1999. Cinq ans plus tard, il sera lieutenant-colonel puis colonel le 1er janvier 2009. Marié et père de trois enfants, il est, depuis fin 2013, à la tête de la 11e brigade d’infanterie motorisée (Brim). Unité d’élite de la gendarmerie chargée de sécuriser les frontières dans les régions du Sud et de l’Est, celle-ci est dotée de plusieurs bureaux dont un spécialement chargé du renseignement. C’est avant tout une mesure palliative au problème épineux de la porosité des frontières, un moyen dissuasif vis-à-vis des bandes rebelles anti Balaka et Seleka à l’Est. Promu au grade de général de brigade, Simon Ezo’o Mvondo aura désormais les coudées franches pour organiser le renseignement et densifier les troupes sur le terrain. Il est surtout attendu de lui l’éradication des actes de grand-banditisme perpétrés le long de la frontière avec la République centrafricaine.

J.C.O et Hervé Fouda

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