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Football jeunes et dames: A réorganiser !

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2011. Le Cameroun est vice-champion d’Afrique juniors. Une performance qui lui vaudra une qualification pour la coupe du monde, la même année, en Colombie où les Lionceaux sont éliminés en huitièmes de finale, aux tirs au but, par le Mexique. Déjà élu meilleur joueur de la CAN quelques mois plus tôt, Edgar Salli marquera de nouveau les esprits, lui qui avait comme coéquipiers Ambroise Oyongo Bitolo et Franck Kom. Mais depuis cette année plutôt heureuse pour le football jeune Camerounais, il n y’a plus rien eu. En 2013, les Lionceaux sont sortis lors des éliminatoires par la RDC. Bis repetita cette année mais cette fois, ce sont les Sud-africains qui barrent la route au Cameroun.

Chez les Cadets, le scénario est presqu’identique. Les CAN 2011 et 2013 se joueront sans eux. Les Camerounais attendent la confirmation de la disqualification du Ghana pour espérer participer à l’édition 2015 au Niger. C’est dire que la situation est loin d’être reluisante dans les catégories jeunes. C’est d’ailleurs un secret de polichinelle puisque la situation des sélections nationales ne fait que refléter la triste réalité. Cela vaut autant pour les jeunes que pour les femmes. Les deux composantes paraissent, en effet, comme des parents pauvres du football camerounais. Tous les regards sont principalement rivés sur l’équipe-fanion.

Chez les Lionnes indomptables, l’objectif immédiat est de réaliser une prestation honorable à la coupe du monde 2015. Une compétition qui servira de préparation pour la CAN 2016 que le Cameroun accueillera et qu’il envisage de remporter. Mais comment atteindre ces objectifs quand les préalables ne sont pas posés ? La saison sportive tire vers sa fin et le championnat, qui était pourtant passé de 10 à 14 clubs pour plus de compétitivité, n’a tenu qu’en quelques journées. A cela, il faut ajouter la suspension de huit équipes et on se retrouve avec une compétition au rabais. Au point où le sélectionneur doit s’en remettre à des statistiques datées pour convoquer les joueuses. « Nous ferons un effort pour avoir un championnat conséquent, avec au moins 12 clubs qui fonctionnent », n’a pas manqué de rassurer le président du Comité de normalisation de la Fédération camerounaise de football au lendemain de la finale de la CAN, perdue par les Lionnes en Namibie.

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Le football jeune…

Le football jeune, pour sa part, est carrément abandonné à lui-même depuis des années. Le scandale de la tricherie massive sur les âges des joueurs avait, par exemple, provoqué une saison blanche en 2012. Et depuis, plus rien. Ou presque. En mars dernier, le Comité de normalisation, à travers la commission spécialisée transitoire de football jeunes, a organisé un « championnat » un peu à la va-vite. Les centres de formation continuent de pulluler sans qu’aucun contrôle ne soit effectué pour séparer le bon grain de l’ivraie. Parce qu’il faut saluer l’action de ces quelques structures dédiées à ce sport qui s’organisent, à travers différentes compétitions, pour exister et offrir un avenir à ces jeunes. Le tournoi Semences olympiques par exemple, réunit deux fois par an, des jeunes qui viennent de tout le pays. Les championnats de vacances permettent de voir éclore un ou deux talents qui se perdent très vite. La question de la détection et du suivi restent donc problématique. Une autre difficulté, et non des moindres, est le manque d’infrastructures. Très peu de stades au Cameroun sont adaptés aux compétitions jeunes.

Dans un contexte où on parle de reconstruction, il est plus que jamais temps de remettre de l’ordre dans ce capharnaüm. Un peu à l’instar d’un Nigeria qui privilégie les catégories jeunes et le football féminin. Il est donc peu surprenant de voir ce pays présent à toutes les compétitions mondiales dédiées. Avec succès. C’est ici que l’institution de véritables ligues spécialisées, en lieu et place des commissions existantes, est importante pour une meilleure organisation. La création d’une Académie de football, par le chef de l’Etat, devrait déjà en grande partie résoudre les problèmes qui se posent. Mais les acteurs doivent définitivement placer l’intérêt du football camerounais au-dessus de toutes les autres considérations. Et ça, ce n’est pas gagné.

©Josiane R. MATIA |Cameroon Tribune

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