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Football féminin : Une performance à capitaliser

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Il y aura un avant-Mondial 2015 et un après pour le football féminin au Cameroun. Comment imaginer, en effet, que la brillante performance des Lionnes indomptables, éliminées en huitièmes de finale, ne soit pas capitalisée ? « Nous espérons simplement que grâce à notre performance, beaucoup de choses vont changer au Cameroun et en Afrique », a lâché Enow Ngachu, le sélectionneur national du Cameroun après le match contre la Chine.

Jusqu’ici marginalisé, parfois méprisé et traité comme un appendice de la catégorie masculine, le football féminin a l’occasion de prendre, en effet, son envol. Pourtant, ce ne sont pas les résultats qui font défaut aux filles. Depuis cette médaille d’or aux Jeux africains en 2011 et cette participation aux Jeux olympiques de Londres, l’année suivante, les Lionnes sont au-devant de la scène. Une scène qui a reçu un autre coup de projecteur avec la finale de la coupe d’Afrique des nations 2014, perdue face au Nigeria.

Il faut croire que tout cela n’était pas suffisant pour qu’elles bénéficient de plus de considération. On espère que ce sera le cas après la coupe du monde au Canada. Car, jusqu’alors, très peu de monde prenait véritablement au sérieux un match de football entre femmes. Désormais, on peut citer en exemple les chevauchées et les débordements d’une Gabrielle Aboudi Onguene ou encore la technique et le sens du but de Gaëlle Enganamouit. L’image du football féminin au Cameroun a connu un vrai booster avec cette cuvée qui joue pourtant ensemble depuis des années. Or, c’est cet intérêt qui pourrait attirer les spectateurs dans les stades, et donc les sponsors.

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C’est dire qu’il y a intérêt à le développer pour qu’enfin, les joueuses, qui vivent dans la misère pour la plupart, puissent véritablement profiter de leur art. Et cela passe par la création de clubs, l’encadrement de ceux qui existent et la mise sur pied d’une Ligue spécialisée, à l’exemple de la Ligue 1 chez les hommes. Au Cameroun, l’on compte 1600 licenciées, 15 arbitres centrales dont quatre internationales, 25 assistantes dont quatre internationales aussi, d’après la Fécafoot. A cet effet, la manne financière de cette compétition, couplée aux financements offerts chaque année par la Fédération internationale de football association dans le cadre de programmes de développement, pourrait aider. Il faut aussi espérer que la performance de l’équipe-fanion permette un meilleur encadrement et qu’elle aura un effet domino sur les catégories dites inférieures. « La préparation d’une équipe est un élément essentiel. On a bien vu que cela a été préjudiciable au Cameroun à un moment. Espérons que cela serve de leçon pour l’avenir », souhaite un observateur.

C’est clairement l’occasion de poser les vrais problèmes, de remettre tout à plat et de repartir sur de nouvelles bases. Pour des résultats futurs, il va falloir investir. Le Cameroun peut devenir une nation qui compte dans le monde du football féminin. Le talent est là. C’est indéniable. « Le jour où nous pourrons nous préparer et nous organiser de manière optimale, je crois qu’une nation africaine sera capable de remporter la coupe du monde », affirme Enow Ngachu. Des défis plus urgents attendent déjà l’équipe. Notamment, les éliminatoires des JO 2016 en juillet prochain et les Jeux africains à Brazzaville en septembre 2015. Sans oublier la CAN qu’elles vont accueillir chez elles en 2016. Les Lionnes indomptables ont désormais un statut à défendre. Pour l’honneur du pays certes, mais surtout pour l’avenir du foot féminin qui ne demande qu’à éclore.

Josiane R. MATIA

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