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Football :Comment Samuel Eto’o a fait douter toute une nation

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Il aura fallu quatre rugissements des lions indomptables du Cameroun dans la cuvette de Nfandena, après une victoire sur les léopards du Congo, pour que les langues se délient dans l’univers du football Cameroun.

Après la belle épopée de 2000 et de 2002, avec au bilan deux CAN, une médaille en or obtenue aux jeux olympiques en Australie, une finale perdue face à la France lors de la coupe des confédérations, s’en était suivie une longue série de défaites. Le départ brutal de Marc Vivien Foe, le retrait de certains, à l’instar de Patrick Mboma, Salomon Olembé, Etame Mayer, Joseph Désirée Job de la tanière contribueront à fragiliser l’harmonie du groupe.

Les résultats sont de plus en plus mauvais. Les victoires s’obtiennent au forceps. avec Deux coupes du monde ratés, le football camerounais est aux ras des pâquerettes. Dans la tanière des lions, on parle peu du football, et plus de clans, de rivalité, de leadership, de lutte d’influence, d’ingérence de hautes personnalités de administration. Des entraîneurs succèdent à d’autres. Le porte feuille du ministère des sports, passe d’une main à une autre. La Fecafoot explose. son président est destitué et mis aux arrêts. Dans l’urgence, un comité de normalisation est mis sur pied.

Pourtant, malgré la série de mesures prises ci et là, rien n’y fait. L’équipe nationale est dans un état comateux. L’expédition foireuse au mondial Brésil sonne comme un hallali. Le chef de l’Etat ordonne une enquête. Une enquête à laquelle, personne n’y croit. Malgré les promesses de refondation faites par le ministre des sports, lors de son passage à l’Assemblée nationale, l’heure est au plutôt au scepticisme. Le Cameroun ne draine-t-il pas une réputation d’Etat laxiste? Pour les chroniqueurs sportifs, comme cela se passe sous d’autres, cieux, après une débâcle comme celle du Brésil, il faut normalement démissionner le sélectionneur.

Les instructions sont venues “d’en haut”.

Il faut assainir la tanière. Disloquer les clans. Exclure les frondeurs. A La veille, du premier match de poule comptant pour la qualification à la phase finale de la Can 2015, le sélectionneur allemand présente sa nouvelle cuvée. Excepté quelques rescapés du mondial brésilien, beaucoup de visages semblent inconnus du public. Grave, le goléador national a été écarté. Le capitanat lui a été arraché, au profit d’un certain Stéphane Mbia. Des mesures qui n’émeuvent personne. Dans les débits de boissons et autre lieux de rassemblement. Pas questions de regarder le match qui se déroule ce samedi 06 septembre 2014 à Kinshasa et retransmis en direct sur les antennes nationales. Et l’absence de Samuel Eto’o y est pour beaucoup.

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Eto’o fils demeure la pierre angulaire de l’équipe nationale de football au Cameroun.

Au bout de 90 minutes d’une rencontre âprement disputée, les lions sortent vainqueurs de ce premier face à face. Pour beaucoup, cette première victoire ne prouve rien. Eto’o fils demeure la pierre angulaire de l’équipe. Sa mise à l’écart est un lourd handicap, Pour la sélection nationale. Et c’est une erreur que le Cameroun va payer chèrement, laissent croire les plus sceptiques. Mais au milieu de toutes ces spéculations, et de cette mise aux enchères, Volke Finker recommande beaucoup de sérénité à ses poulains. Mais également un maximum de concentration pour le deuxième match, qui va opposer le Cameroun à la Côte d’ivoire, le mercredi 08 septembre au stade Ahmadou Ahidjo.

A quelle sauce les Lions vont-ils être mangés ce 08 septembre au stade de Nfandena,

S’interrogent la majorité des camerounais à l’entame du match, contre les éléphants de la côte d’ivoire. Et surtout en l’absence de Samuel Eto’o, à lui seul capable de fixer la défense ivoirienne, qui va marquer le but pour le Cameroun? Le doute gagne peu à peu les spectateurs d’un Nfandena qui a peiné à se remplir. Le Cameroun n’avait jamais autant douté de son football. Quatre rugissements dans la cuvette de Nfandena, vont suffire pour libérer tout un peuple. Au coup de sifflet final de l’arbitre, les passions se déchaînent. Sur le coup de la victoire, les uns et les autres ne peuvent se retenir. “Nfandena est exorcisé” peut-on entendre.

La deuxième victoire de l’équipe fanion du Cameroun sans le goléador, ex capitaine, dont le palmarès au double plan national et international est fort évocateur, commence à susciter des interrogations. Les commentaires meublent les conversations autant dans les milieux du football, que dans les salons feutrés de la cité politique. A Yaoundé comme à Douala, le débat s’est transporté dans la rue, et autre débits de boisson. Il n’est plus question de la nébuleuse Boko haram. Encore moins de la radiation de certains militants du parti du flambeau. Samuel Eto’o alimente les chaumières et nourrit les passions.

C’est encore plus certainement dans le nouveau staff technique, que la joie est débordante. Joseph K ancien international ne cache pas sa joie. “C’était Eto’o le problème” laisse-t-il tomber. “Tout le monde était au courant du copinage qu’il avait érigé dans la sélection nationale. L’attaque camerounaise était sérieusement handicapée. Idrissou et Webo, des incompétents, imposés par l’ex capitaine qui ne souffrait pas qu’on lui fasse ombrage.. Nous avions fini par oublier que le Cameroun était une nation de football”, conclut-il exacerbé.

Pour le nouveau staff des Lions, l’ère Eto’o est définitivement tournée. Plus de superstar incontournable dans l’équipe. Désormais les stars, ce sont ces jeunes visages sur lesquels il dorénavant faudra apprendre à inscrire un nom.

© Camer.be : Flore Honga

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