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Fmi : Sous pression, le Cameroun sollicite l’’assistance technique

Cameroun-FMI-Investissements

« Le Cameroun est un membre de longue date et partenaire du Fmi ; nous sommes très intéressés d’approfondir notre relation, de l’améliorer. C’est le sens de ma visite car j’ai toujours mis un point d’honneur de rendre visite à nos meilleurs membres, le Cameroun est sans aucun doute l’un d’entre eux ». Ce sont là, quelques mots de Christine Lagarde à son arrivée au Cameroun le 07 janvier dernier.

Pendant trois jours, elle a passé en revue les évolutions récentes de l’économie locale, exactement comme cela a été le cas dans les autres pays que la DG du FMI a visités durant son périple africain. A l’occasion, Christine Lagarde a rappelé les conseils que ses collaborateurs donnent avec insistance depuis de longs mois au Cameroun, sur la nécessité d’appliquer de manière rigoureuse une discipline budgétaire, s’agissant surtout de ses revenus et de ses dépenses.

D’ailleurs, elle ne manque pas de le rappeler au sujet des discussions qu’elle a eues avec le ministre des Finances (Minfi) Alamine Ousmane Mey,  quand elle déclare : « nous avons évoqué les défis, les chocs exogènes auquel est confronté le pays, la résilience de l’économie camerounaise et la nécessité d’appliquer une discipline rigoureuse à la fois en matière de revenus et de dépenses ». Il convient, selon le Fmi, que les autorités camerounaises adoptent un budget fondé sur une hypothèse réaliste du cours du baril, qu’elles apurent les arriérés et contrôlent les passifs des entreprises publics. Il faut rappeler que le déficit budgétaire en 2015 devrait être de 5,4%, donc en augmentation, alors que le déficit des transactions extérieurs courantes devrait lui aussi augmenter pour passer à 5,1 % du Pib, du fait de la baisse des prix des exportations et de la vigueur persistante des importations, portée par l’expansion de l’investissement.

Ces recommandations viennent appuyer celles déjà faites avec insistance tant par le représentant résidant du Fmi au Cameroun lors de la présentation du rapport 2015 des perspectives économiques régionales pour l’Afrique subsaharienne en décembre dernier, que par le chef de mission lors de la mission de consultation annuelle au titre de l’article quatre en septembre 2015. Ces deux rappels à l’ordre sur la dette croissante du pays avaient déjà eu le don d’irriter les autorités camerounaises qui avaient réaffirmé leur volonté de poursuivre avec leurs projets programmés et l’endettement qui va avec, pour les réaliser sous prétexte qu’il était d’à peine 23 % du Pib, loin des limites de 70 % des directives Cemac. Et Christine Lagarde de rappeler qu’on ne mesure pas l’endettement par rapport au Pib qui est une chose, mais par rapport au bien-être des populations qui est une autre chose.

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Assistance sociale

C’est devant le chef de l’Etat que la première responsable du Fmi a réitéré son propos en insistant sur la nécessité pour le Cameroun de faire un arbitrage sur les projets à réaliser, en privilégiant ceux qui ont une valeur ajoutée  en termes d’impact économique. Elle a d’emblée salué la réalisation du barrage de Lom Pangar  et celle du port en eau profonde de Kribi, mais a aussi fustigé la léthargie qui caractérise la mise en application des recommandations qui aideraient à instaurer un meilleur climat des affaires.

Elle a également dénoncé les exonérations  généralisées et remis en cause la loi sur les incitations à l’investissement qui octroie des avantages énormes aux investisseurs étrangers. Ceux-ci n’en ne demandent pas tant selon Christine Lagarde, sinon la levée des goulots d’étranglement. Le président de la République s’est contenté dans son discours durant le toast de rappeler que le Cameroun travaille pour rendre son endettement viable, productif et plus soutenable,  qu’il a prescrit des réformes pour tirer avantage de nombreuses ressources naturelles du pays, non sans rappeler à la directrice générale qu’il salue l’initiative du Fmi de poursuivre les reformes sur la gouvernance financière internationale.

Cette pression exercée par le Fmi et qu’est venue appuyer sa directrice générale, porte déjà ses fruits, puisqu’elle révèle en passant que le Cameroun a sollicité de bénéficier du programme d’assistance technique du Fmi à l’instar du Gabon pour l’aider à un meilleur arbitrage de ses priorités sur la base de ses revenus réels. Reste maintenant attendu que le gouvernement affiche sa volonté d’adhérer en acceptant de faire des choix au sein des projets annoncés et qui pourraient selon eux remettre en cause l’émergence tant chantée pour l’horizon 2035.

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