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Faits divers: retrouvé pendu chez lui huit ans après

La solitude a frappé. Fort. Thomas Ngin, un habitant de Bussy-Saint-Georges qui aurait eu 50 ans dans quelques jours, a été retrouvé mort vendredi dernier. Enfermé dans son appartement coquet, l’homme s’est suicidé… il y a huit ans.

Depuis ce temps-là, personne ne s’est inquiété de son sort, laissant ce quinquagénaire né au Cambodge se momifier sur sa porte d’entrée, contre laquelle il s’est pendu avec un drap, un jour de 2005.<btn_noimpr>

 Cet agent de sécurité, engagé dans une procédure aux prud’hommes contre son employeur, avait « des problèmes d’argent », indique une source proche du dossier.

 Depuis huit ans, les factures s’entassaient, entre son crédit immobilier et ses charges de propriétaire. Il y a plusieurs mois, la banque du Buxangeorgien lance une procédure en justice pour récupérer ses dettes. L’homme doit huit années de traites, alors son créancier décide de faire vendre son appartement de force, pour se rembourser sur le prix. Parallèlement, le syndicat de copropriétaires de l’immeuble vote favorablement pour la saisie immobilière du bien de Thomas Ngin. « Il devait 14000 € au syndic, qui pourront être également remboursés sur la vente de son bien », indique une gestionnaire du syndic.

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Le 3 octobre, l’appartement est donc vendu aux enchères pour 415000 €. « Il a dû recevoir des courriers, mais par définition, ce genre de décision de justice ne nécessite pas l’accord du concerné », explique une habituée de ces procédures. Vendredi, l’acquéreur de l’appartement se présente avec un serrurier… et la porte d’entrée s’ouvre sur le corps du malheureux. Au-delà de cette justice déshumanisée et d’un système qui a littéralement oublié l’un de ses enfants, il reste que personne ne s’est manifesté depuis 2005.

Thomas avait deux frères et deux sœurs, domiciliés dans le Val-d’Oise. Il y a dix ans, alors qu’il était hébergé chez l’un de ses frères, il se brouille avec lui. « C’était un maniaque de la propreté et il n’a pas supporté les habitudes de son frère », indique une source proche de l’enquête. Résultat : l’homme a « coupé les ponts » avec sa famille et est venu, en 2001, s’installer à Bussy-Saint-Georges. « Ils ont essayé de reprendre contact avec lui, en vain. »

Au rez-de-chaussée de son immeuble, une orthophoniste se rappelle simplement de « sa boîte aux lettres qui débordait, et que certains d’entre nous ont vidée et trié. Courriers d’avocats, lettres de la CAF : « On pensait que cet homme, qui avait un nom asiatique, était retourné au pays », poursuit la praticienne. De leur côté, les propriétaires des logements voisins expliquent être « allés tambouriner de nombreuses fois à la porte » de chez Thomas Ngin, notamment parce qu’il « devait beaucoup d’argent au syndic ». Une autopsie doit être pratiquée dans les prochains jours pour confirmer la date et les circonstances du décès.

 Le Parisien

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