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Fécafoot : Que sont devenus les challengers de Iya Mohammed ?

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Ils visaient tous le fauteuil présidentiel a la Fécafoot en 2013. Mais ils ont été balayés par le super président sortant, candidat à sa propre succession, quoique écroué à la prison centrale de Kondengui au soir des élections.

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Les locaux de la Fécafoot

Comme en 2009, l’ancien président de la Société de développement de coton (Sodecoton), n’avait fait que d’une bouchée de ses challengers en remportant le scrutin par un score à la soviétique : 97 voix sur les 102 électeurs inscrits. Au final, ces élections fortement contestées avaient été purement et simplement annulées pour faire place aux « éboueurs » du Comité de normalisation, chargés de donner à cette Fédération camerounaise de football, une nouvelle image bien plus rayonnante que le terreau de la maffia qu’elle a été jadis. A une cinquantaine de jours de ces nouvelles joutes électorales, certains comptent se remettre en selle pendant que d’autres se cherchent encore un électorat avant la date limite de dépôt des candidatures. Gros plan sur ces « infortunés » qui rêvent de trône.

1.- John Begheni Ndeh: Entre business et reconquête, l’avenir en si…

On ne l’a presque plus revu depuis l’installation du Comité de normalisation à la Fécafoot le 22 juillet 2013. Très actif sur la pelouse de la contestation, l’ancien premier vice président du bureau sortant de la Fécafoot, apprend-on, a décidé de consacrer désormais son temps à la Mission de développement du Nord-ouest (Mideno), un organisme public dont il est le directeur général. Aujourd’hui, l’homme d’affaires qu’il est, a juste le temps de discuter au téléphone avec quelques amis et affidés qui lui ont toujours témoigné leur solidarité indéfectible. Subjugué entre business et apparitions sporadiques au stade Ahmadou Ahidjo pour soutenir les Lions indomptables séniors, John Begheni Ndeh a décidé de mettre fin au vent de contestation qu’il a fait souffler sur Tsinga avant, pendant et après les joutes électorales l’an dernier. Sans doute a-t-il trouvé bon de laisser le soin aux normalisateurs de travailler en toute sérénité avant d’envisager un éventuel retour à la course vers le fauteuil de président de la Fécafoot.

On s’en souvient, l’homme, sous sa casquette de vice-président avait usé de force et de ruse pour s’arracher un strapontin, même si l’idylle avec le prestigieux trône n’avait duré que le temps d’un après-midi de vendredi. Grâce au soutien du gouvernement qui avait mis à sa disposition, une milice, le leader de la faction du Comité d’urgence qui s’était désolidarisé au mois de mars 2013 du bureau dirigé par Iya Mohammed, avait sauté sur le Palais de Tsinga, non sans décider avec ses pairs de suspendre de ses fonctions pour « insubordination notoire », Tombi A Roko Sidiki, secrétaire général de la Fécafoot.  Dans la foulée, John Begheni Ndeh et ses alliés avaient interdit à toute personne de communiquer au nom de la Fécafoot sans autorisation écrite préalable du « président par intérim » qu’il était. Soutenu dans cette perspective par Antoine Essomba Eyenga, David Mayebi et  Alioum Alhadji, tous des pontes de l’instance faîtière, en rupture de banc avec Iya Mohammed, Begheni Ndeh s’est retrouvé finalement à l’étroit.

Pendant que certains de ses proches l’annoncent très bientôt dans la nouvelle bataille pour la (re)conquête de la Fécafoot, d’autres soutiennent mordicus que le digne fils du département de la Momo préfère désormais vivre ce nouvel épisode dans sa camisole de spectateur, de peur de se faire humilier et de ressusciter certaines rancunes assoupies. Ce d’autant plus que la tension qui était retombée au lendemain de l’Assemblée générale élective de ce fameux mercredi 19 juin 2013, pourrait déboucher sur de nouveaux conflits post-électoraux. Lesquels peuvent lui être préjudiciables. Pour l’heure, la décision de l’homme fort du Nord-ouest reste attendue.

2.- Marlène Emvoutou: Le pardon comme camisole de consolation

La prison l’a visiblement assagie. Sa fougue et sa réputation de « femme à problèmes » ont passé le relais à une Marlène Emvoutou plus posée, plus respectueuse et moins colérique. Après avoir passé huit mois dans les geôles de la prison centrale de Kondengui, la candidate malheureuse aux dernières élections à la Fécafoot, a démarré une nouvelle vie, bien loin des médias et du feu des projecteurs qui ne lui ont pas toujours rendu service. Sa première apparition en public, après avoir purgé sa peine, remonte au 5 mai dernier, lors de la cérémonie officielle d’inauguration du Centre d’excellence de la Caf à Mbankomo. Dans une tenue plutôt sobre, le port altier et le sourire mesuré, l’ancienne présidente de la Ligue régionale de football du Sud s’est montrée très affable, en serrant la main à ceux qu’elle a parfois présentés comme ses bourreaux d’hier.

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Elle qui jurait avoir donné de l’argent à plusieurs membres de l’Assemblée générale de la Fécafoot pour solliciter leur vote. Mais ces derniers, avec son pactole dans les poches, avaient préféré voter Iya Mohammed qui était pourtant aux arrêts. Aujourd’hui, Marlène Emvoutou ne compte pas déclarer une nouvelle guerre  à ses créanciers. « Moi j’ai appris à pardonner, à comprendre et à oublier le mal que les autres me font (…) c’est la vie et je la prends désormais comme elle vient », avait-elle confié le 23 août dernier lors d’un échange à l’hôtel Mont Fébé, en marge de l’Assemblée générale extraordinaire de la Fécafoot. Celle que certains présentent comme la fille de Gervais Mendo Zé, n’est plus prête à se faire broyer par une meute d’adversaires véreux. Toutefois, elle constitue une autre corde à son arc en décidant de mettre sur pied, la fédération des supporters du Cameroun. Inspirée par la mise en place d’une commission des supporters dans les nouveaux textes de la Fécafoot, elle ambitionne de fédérer tous les groupes de supporters à son nouveau projet pour que ladite Commission lui revienne enfin. Aux dernières nouvelles, Marlène aurait reçu le mandat d’un club de D3 dans le département de la Sanaga maritime.

3.- Robert Atah: Inoxydable candidat ou gladiateur incompris ?

Ne comptez pas sur lui pour baisser les bras. Robert Atah n’est pas du genre à abdiquer. Il n’a pas chômé depuis que sa candidature en 2013 a été rejetée pour « dossier incomplet ». Un an après son éviction de la course vers le fauteuil présidentiel, le directeur technique national N°3 se remet en selle et promet cette fois, de rassembler, réconcilier et instaurer un climat de dialogue à la maison mère du football camerounais. Du coup, l’homme, pour marquer la différence, présente sommairement sa feuille de route qui se décline en 6 points à savoir: le rassemblement et la réconciliation de tous les acteurs du football camerounais; les infrastructures de football; le professionnalisme dans l’organisation et le management des championnats et compétitions de football; le sponsoring; les équipes nationales; la création d’une nouvelle association amicale des présidents des fédérations sportives. Pour le président fondateur de Bome United Football club de Mbengwi dans le département de la Momo, il s’agit de « créer un climat harmonieux avec l’ensemble des corps de métiers car seule une relation fusionnelle dans un esprit de partage, puis de réciprocité nous permettra pleinement d’atteindre mes objectifs », explique-t-il.

Sur le plan des infrastructures, le candidat président promet de faire un inventaire existentiel réel du capital infrastructurel existant. Mais aussi, « améliorer les différents cadres, aménager substantiellement de nouvelles aires de jeu afin de permettre un déroulement harmonieux de nos compétitions ». Il compte également rechercher les financements ainsi que des partenaires locaux et internationaux pour la maintenance de ces équipements. De même qu’il ambitionne de signer des conventions avec les collectivités territoriales décentralises pour l’accès aux espaces fonciers en l’occurrence la bonification de nos espaces marécageux pour la formation à la base. L’homme envisage également de procéder au découpage des circonscriptions footballistiques en favorisant soit le rapprochement pour la fusion de certaines ligues pour plus de compétitivité.

Ce, à travers une bonne définition d’un calendrier de compétition respectueux à la fois des enjeux, des équilibres le tout en cohérence avec le calendrier des compétitions internationales (Caf-Fifa). Professeur certifié d’éducation physique et sportive, doté d’une maîtrise avec option football, Robert Atah n’a pas peur d’essuyer un nouveau revers. D’autant plus que titulaire d’une licence A obtenu en Allemagne et instructeur senior Caf en entraînement, il est sûr de ne pas se ronger les pouces. Saura-t-il tirer son épingle du jeu cette fois ? On ne perd rien à attendre.

4.- Seydou Mbombo Njoya: Président d’un jour, fils de sultan pour toujours

Sa démission de la vice-présidence de la Fécafoot le 1er juillet 2013, avait été accueillie comme une trahison par ceux de ses pairs qui estimaient qu’il venait là, de griller le seul fusible qui lui manquait en refusant ainsi d’assurer l’intérim de Iya Mohammed écroué à la prison centrale de Kondengui. Mais le fils du sultan roi des Bamouns n’en avait cure. Ce d’autant plus que, « mon éducation et les fonctions que j’ai le privilège d’occuper dans les instances de notre pays et sur le plan international ne m’autorisent pas à nager dans des eaux troubles », avait expliqué le démissionnaire dans une lettre d’information. Avant de confier qu’il s’est  laissé convaincre que ma modeste personne pouvait jouer un rôle de conciliation entre toutes les tendances afin d’apaiser les turbulences que je voyais poindre à l’horizon.  L’homme se proposais de réunir autour d’une table tous les acteurs de la grande famille du football pour qu’ensemble, ils mettent un terme à cette cacophonie que les conflits pré et pos-électoraux avaient fini par engendrer.

Mais, le père fondateur de la Loterie nationale du Cameroun (Lonacam) s’était vite ravisé en se rendant à l’évidence que des intérêts extra sportifs avaient pris le dessus sur l’avenir du football camerounais, des attitudes tendancieuses, des propos orduriers et malveillants doublés d’une irresponsabilité injustifiable avaient fait leur nid à la fédé. Toutes choses qui l’ont confirmé qu’il n’était pas dans une fédération ; mais, dans un panier à crabes.  Depuis que Seidou Mbombo Njoya a rendu son tablier, on ne l’a revu en public que le jour de l’inauguration du Centre d’excellence de la Caf à Mbankomo. Pour l’occasion, l’homme jouait son rôle de membre du protocole d’Issa Hayatou, le président de la Confédération africaine de football (Caf). Membre de la commission des compétitions de l’instance faîtière du football africain, il est aujourd’hui l’un des patrons du Bureau Fifa Afrique centrale. Une fonction qui l’oblige à être tous le temps entre deux avions. Sera-t-il candidat cette fois ? Niet ! En homme civilisé, Mbombo Njoya est conscient qu’il s’agira là d’une incongruité.

Une enquête de Christian TCHAPMI

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