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Extrême-Nord : Des terroristes parmi les réfugiés

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Hier, le ministre de la Communication a publiquement reconnu l’existence des membres de Boko Haram au camp de Minawao. Quatre personnes, soupçonnées d’appartenir au groupe terroriste Boko Haram, ont été interpellées  il y a quelques jours au camp de réfugiés nigérians de Minawao, situé non loin de Mokolo, le chef-lieu du département du Mayo-Tsanaga,  à l’Extrême-Nord.

Les suspects sont «en exploitation», a déclaré le ministre de la Communication (Mincom), Issa Tchiroma Bakarylors d’un point de presse ce mardi 4 août 2015 à Yaoundé. C’est la première fois que le gouvernement camerounais reconnaît officiellement l’existence des membres de Boko Haram au camp de Minawao, implanté à près de 120 km de la frontière avec le Nigeria. Ces interpellations ne sont cependant pas les premières. En effet, depuis l’ouverture de ce camp de réfugiés en 2013, les forces de maintien de l’ordre ont interpellé près de 10 personnes soupçonnées d’avoir des liens avec cette nébuleuse.

Un présumé membre de cette secte terroriste y a été arrêté le 18 juin dernier. Lors de son interrogatoire, ce dernier a déclaré avoir trouvé asile à Minawao, après avoir volontairement quitté Boko Haram. Pour le Mincom, il est difficile de prendre des mesures particulières pour éviter des infiltrations au sein de la population. «Il faut simplement intensifier la sensibilisation. Que les populations jouent leur rôle en dénonçant tout comportement suspect», a dit en substance le «porte-parole» du gouvernement. Hier, ce dernier a, une fois de plus, appelé les populations de l’Extrême-Nord en particulier à communiquer aux autorités publiques «toute information susceptible de débusquer Boko Haram et ses complices partout où ils pourraient se trouver sur notre territoire

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Refoulement

C’est grâce à l’information que seules peuvent procurer les populations que «les barbares» de Boko Haram peuvent être démasqués et appréhendés, affirme le ministre, dont la communication visait  à faire le point sur les opérations de lutte contre la secte terroriste, à la suite des attentats kamikazes des 12 (Fotokol), 22 et 25 juillet (Maroua) derniers dans l’Extrême-Nord. Ces attentats ont officiellement fait 47 morts et 127 blessés. De nombreux suspects, actuellement placés en garde à vue, ont été interpellés dans le cadre des opérations de riposte engagées par l’armée camerounaise. Jeudi dernier, trois présumés kamikazes ont été arrêtés à Maroua.

L’arrestation de l’un de ces trois hommes a été rendue possible grâce à la collaboration d’un conducteur de mototaxi. Celui-ci a détourné le présumé kamikaze de sa destination et l’a conduit dans un commissariat de police de la ville, avec ses explosifs, apprend-on. Hier, Issa Tchiroma Bakary  a salué «le comportement exemplaire et la bravoure» de ce citoyen. Cet acte «a permis de sauver plusieurs vies humaines et de préserver d’importants biens matériels», a jouté le Mincom, qui indique par ailleurs que plus de 3.000 étrangers en situation irrégulière ont été interpellés et remis au service de l’Emi-immigration de la Sûreté nationale pour leur refoulement.

Patricia Ngo Ngouem

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