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Extrême-Nord Cameroun : Boko Haram avance !

11 camerounais tués non loin de Kousséri le jour de l’an. Une base militaire mise à sac dans le Lac Tchad.

Des attentats à la voiture piégée et des agressions ciblées dans les domiciles à la périphérie de Maroua et ses environs. En plus des tueries qui se comptent à la pelle, voici que des éléphants viennent saper la précaire sérénité des populations de la région. Au même moment, les attaques ciblées, la présence d’engins explosifs dans les agences de voyages et édifices publics détaillent les desseins de Boko Haram dans cette partie du pays en 2015. La situation dévoile des populations hantées par le cycle infernal de la violence.

Alors que les forces de défense camerounaises s’emploient à leur barrer la route, les ardeurs des hommes de la secte terroriste Boko Haram ne sont pas freinées. Le 1er janvier 2015, Boko Haram a encore fait parler de lui dans le village Kandaleli (département du Mayo Sava, à 05 kilomètres du Nigéria). Ce jour là vers 16 heures, cinq membres de la secte ont tué 11 citoyens camerounais. Selon une source bien informée, les morts se comptent parmi les occupants d’un car. Quinze (15) au total (11 hommes, 03 femmes et une petite fille) qui rentraient d’une fête religieuse dans la ville de Kousséri.

D’autres détails révèlent que parmi les infortunés, huit (08) étaient originaires du canton Mémé (sur l’axe Maroua Mora) et les trois autres étaient des fils de Mora centre dans le Mayo Sava. Des informations glanées auprès des rescapées de cette attaque meurtrière précisent que des hommes cagoulés roulant à bord de motocyclettes sont arrivés à la hauteur de leur véhicule, intimant l’ordre aux passagers de s’exécuter au plus vite. Au finish, en plus du bilan humain évoqué plus haut, argent, objets de valeurs et voiture ont été emportés.

Alors qu’une vaste enquête militaire est en cours pour débusquer les auteurs de cette tuerie, le 04 janvier 2015 aux premières heures de la matinée, des cris de détresse des populations de Mahola (toujours dans le Mayo Sava) signalaient parmi elles des assaillants terroristes. La chronique fait état d’un échec de l’attaque. Un happy end que des témoins mettent à l’actif des éléments du Bataillon d’intervention rapide (Bir) qui ont repoussé un convoi blindé transportant troupes et matériel.

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Explosifs

Dans la journée du samedi 03 janvier 2015, une grenade a été découverte sous le Pont Vert au cœur de Maroua. Dissimulé sous une vieille voiture blanche, l’engin explosif a été récupéré par les forces de sécurité aux fins d’exploitation. Par cette trouvaille, une lueur enveloppe la capitale régionale de l’Extrême nord. Elle semble dire que Boko Haram a investi les édifices publics. Les «BH» comme on les appelle veulent aussi donner aux endroits de brassages des populations, en l’occurrence les agences de voyages, l’une de ces images de terreur qu’ils aiment à distribuer. Des informations précisent qu’ils agissent depuis quelques jours comme de sombres ouvriers d’une puissance basée au Nigéria. C’est ainsi que le 1er janvier 2015 à 13 heures, un homme promenant des explosifs a été interpelé à l’agence Danay Express à Kousséri.

C’est dans cette ville qui talonne Ndjaména, la capitale tchadienne, que des sources rapportent l’assassinat par les djihadistes nigérians du chef d’agence d’une banque. D’après des informations puisées à bonne source, le pauvre a inauguré, en fin d’année dernière, la série d’attaques ciblées devenues importantes en termes de volume dans la bande de la région de l’Extrême nord frontalière au Nigéria. D’où des convois désormais sous fortes escortes militaires sur l’axe Kousséri Mora. Pendant que les usagers les plus téméraires se rendent à Kousséri en passant par Bongor au Tchad ou par Yagoua.

Débandade 

Et comme si cela ne suffisait pas, voici qu’un troupeau d’éléphants (200 au moins, selon les estimations des populations) dicte sa loi dans les plantations de sorgho dans le canton Bogo (à une trentaine de kilomètres de Maroua). Les pachydermes habituellement perçus dans le parc de Waza, sont eux aussi pris de panique lorsque tonne une arme lourde. La contrée est plus que jamais sous l’emprise de l’insécurité alimentaire, dit-on.

Dans cette zone où plane incessamment le spectre du désert sur le fragile équilibre de la nature domestiquée, la menace des animaux additionnée à celle du flux important de réfugiés à Bogo a fini par raviver la gangrène de la psychose. Les personnels médicaux sont partis, alimentant une diaspora qui continue de grandir à Maroua. A en croire d’autres pistes, l’escadrille de Boko Haram se consacre déjà autour du Lac Tchad, terrorisant les populations civiles désarmées. Pour peu, on se croirait au Far West.

Jean-René Meva’a Amougou

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