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Extreme Nord Cameroun: 26 personnes enlevées en une semaine

Attentat - Boko Haram - Fotokol

Des hommes armés ont mis des villages sous leur coupe. Kerbaï, Mbodo, Bogdoro, Mbali, Mayo-Mbi et Karang Panjama, villages situés dans l’arrondissement de Touboro, sont, depuis quelques jours, sous l’emprise d’hommes armés. En une semaine, 26 personnes ont été enlevées et une cinquantaine de concessions, pillées. «Ces jours-ci, nous n’avons plus droit au sommeil, car nous craignons d’être attaqués à tout moment. Ces hommes armés s’infiltrent dans nos villages entre 24h et 2h du matin, pillent nos maisons et emportent parfois nos femmes, nos enfants et parfois les chefs des villages pour nous contraindre à leur verser la rançon exigée», explique un notable de Bogdoro.

Cette vague d’attaques a débuté le 1er novembre 2015 à Kerbaï quand des hommes armés ont encerclé le village avant d’en prendre le contrôle. Les concessions sont alors passées au peigne fin et des sommes d’argent sont exigées à chaque famille proportionnellement à son statut. Les montants exigés oscillent entre 150.000 et 1.500.000 francs Cfa. Au moment de s’en aller, les assaillants emmènent avec eux six personnes dont Oumarou Daniel, Saidou Ibrahim, Adamou et Moussa Dougma. D’autres habitants sont également passés à tabac. Le lendemain, c’est au tour du village Mbali de recevoir la visite de ces hommes armés aux alentours de minuit. La chefferie est investie et le chef, pris en otage. Le même sort est réservé à Paul, le grand commerçant du coin. Le 03 novembre, c’est au tour de Bogdoro d’être visité. Le chef du village, Djaouro Mérifougna André, est pris en otage et une rançon de 1.000.000 de francs Cfa est exigée pour sa libération. Cinq autres personnes sont aussi enlevées dans la foulée, dont le chef du village Mbodo, en séjour dans la localité.

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Le 04 novembre, Karang Panjama est assiégé vers 01 h du matin. Ici, les assaillants se heurtent toutefois à une forte résistance du comité de vigilance. Toukour, membre dudit comité, et un assaillant, passent de vie à trépas. «Nous ne nous laisserons plus faire même s’il faut payer de notre vie. A quoi cela sert-il de rester les bras croisés, attendre qu’ils viennent nous exterminer ?», s’interroge le chef du village Karang Panjama. Signe de ce destin pris en main : le 05 novembre 2015 au petit matin, les villageois armés des flèches, des machettes et d’autres armes blanches se sont lancés à la poursuite de leurs assaillants et on ratissé les alentours de leur bourgade.

Ce même 05 novembre 2015, une attaque a été enregistrée dans la nuit à Mayo- Mbi. Yama Simon, délégué des cultivateurs du coton, a été copieusement bastonné. Ils lui réclamaient la somme de 250.000 Fcfa alors qu’il ne possédait par devers lui que 60.000 Fcfa. «Quand ils passent et qu’ils ne perçoivent pas la somme qu’ils vous demandent, ils vous laissent une caisse dans laquelle vous devriez mettre le montant attendu et ils vous indiquent où vous devrez la déposer après l’avoir approvisionnée. Ce fut le cas à Bogdoro où ils demandaient 1.000.000 Fcfa pour la libération du chef. L’Etat doit prendre cette situation au sérieux. La zone infestée compte au moins 10 villages, mais aucun poste de sécurité n’existe. La conséquence c’est que les agents de l’Etat ont tendance à abandonner leur poste car il en va de leur vie et celle de leur famille», indique Dzavoua Nganagued, élite de Mofaré.

© L’Oeil du Sahel : DOUWORÉ OUSMANE

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