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Exécration qu’inspirent certains officiers supérieurs de nos forces de défense

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Qu’adviendra-t-il de rapports entre officiers et hommes de rangs des forces de défense camerounaises? On n’en sait rien. On est dans la grande muette. On ne parle pas des problèmes de cette forteresse comme on parlerait des journalistes ou des marchands de serpents. Vu de dehors, l’armée est indéchiffrable. Elle est même grosse d’énigmes. On se serait contenté dans ce cas des lambeaux d’informations difficiles à recouper, si quelques 200 Casques bleus (enfants du pays) n’avaient pas menacé de décréter l’apocalypse au cas où leurs primes restaient gelées.

Avec cette séquence-là, on conclut que le temps long, caressé par les problèmes de toutes sortes, ne pouvait plus consoler le temps court assombri par les primes impayées. A Makary, dans l’Extrême-nord, un soldat de la Marine, visionnaire, disait en octobre 2014 que «ça ne va pas. Les chefs nous tiennent par les couilles». Jeune, le militaire travaillait à repérer les fondements d’une gouvernance moderne de l’armée. Ce jour-là, il se demandait s’il ne faudra pas une conférence de presse pour en montrer l’urgence. C’est peu dire que cet argumentaire est, à maints égards, interpellateur. Parce qu’il tient à l’exécration qu’inspirent certains officiers supérieurs de nos forces de défense.

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Sous l’overdose d’un pouvoir absolu, généraux, colonels et tout le bazar d’officiers sont devenus les archétypes des despotes capables de toutes les extrémités: ils s’assoient sur le fric des subalternes et loin de composer avec la colère des pauvres, ils s’occupent à la mater. Mise bout à bout, cette bande d’officiers gaspilleurs et profiteurs des deniers publics, cumulards et lovés dans le sérail, jouant sur plusieurs tableaux, prend l’allure d’une grande compagnie de pillage des sommes destinées aux moins gradés. Dans les casernes, les hommes de rangs qui marchaient hier avec des pattes de colombe sont désormais juchés sur les pattes d’aigle.

Résultats: insubordination, crise de confiance et leur cortège d’aléas. Comment borner tout cela quand on voit déjà pointer la contestation et que les troupes voient en leurs supérieurs hiérarchiques les avatars des anciens modèles militaires? Ce dont on est assuré au moins, c’est que le chef des armées reçoit chaque fois des rapports. Il a «la main lourde» depuis quelques temps, nous dit-on. Même si on soupçonne que seuls les officiers spécialement maladroits se font pincer et que les sanctions sonnent comme des actes de foi qui n’éclairent véritablement pas la conjoncture au sein de la grande muette.

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