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Examens officiels :Comprendre les statistiques

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Les résultats aux différents examens officiels se donnent sous forme de chiffres et classements pas toujours compréhensibles pour le commun des usagers.

L’Office du baccalauréat du Cameroun (Obc) a livré sa copie des examens dont il a la charge, pour le compte de l’année 2015. Sur ceux-ci, l’on retient que la région du Nord-Ouest arrive en tête avec un pourcentage de 67,44%, tandis que celle du Nord est classée dernière avec un taux de réussite de 30,31%. Tous ces chiffres racontent pourtant une histoire qui va de l’inscription aux examens à la proclamation des résultats. A l’Obc, l’explication est simple : « Il s’agit d’un simple calcul statistique, sur la base du pourcentage relatif », apprend-on d’un responsable de cette structure. Mais au-delà du simple calcul, il s’agit de faire comprendre au commun des camerounais, pourquoi ceux qui présentent le plus grand nombre de candidats et ont aussi le plus grand nombre d’admis à ces examens ne sont pas classés en tête, dans les fiches définitives de l’office.

La session 2015, par exemple, a donné les résultats suivants, en ce qui concerne les examens organisés par l’Obc : s’agissant du taux de réussite, il est de 55,53% et en hausse, comparativement à celui de l’année dernière qui était de 55,20%. Les taux de réussite supérieurs au pourcentage national sont observés dans 6 régions sur 10. Il s’agit du Nord-Ouest (67,44%), de l’Ouest (60,49%), du Littoral (59,20%), du Centre (58,98%), de l’Est (57,33%), et du Sud (54,88%). Le taux de réussite du premier national, en l’occurrence le Nord-Ouest, est en baisse par rapport à la session précédente (2014) : il passe de 75,05% à 67,44%. Quant au classement des régions, le Nord-Ouest arrive en tête comme signalé plus haut, suivi de l’Ouest, qui progresse d’un rang. La région du Centre, avec le tiers des effectifs, se maintient à la 4eplace, tandis que le Littoral et le Sud améliorent leur classement (3e et 6e). Le Sud-ouest connaît une chute significative, partant de la 2e à la 8e place, tandis que le Nord remplace l’Extrême-Nord à la dernière place, avec un taux de réussite en forte baisse.

Critères

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A l’Office du baccalauréat du Cameroun, les responsables en charge du volet « statistiques » affirment que « tout se passe comme lors d’une élection. Le calcul au pourcentage relatif est simple. On voit le nombre d’inscrits par région. Puis, le nombre de candidats ayant effectivement pris part à l’examen, que l’on applique au nombre de candidats qui ont été reçus à celui-ci ». Puis, suit une autre explication : « Un centre qui présente moins de candidat a aussi de fortes chances de n’avoir aucun admis. Par contre, un centre qui présente plus de candidats a de fortes chances d’avoir plusieurs réussites ». Un argument qui est rejeté en bloc par Guy Rémi O., principal dans un collège privé de Yaoundé. Pour ce chef d’établissement, « ceux qui présentent moins de candidats s’arrangent souvent à ne présenter que les meilleurs, ou les plus forts de leurs effectifs. C’est un phénomène qui se rencontre parmi nous ici dans le privé. Certains établissements préfèrent présenter les candidats ayant moins de 10 de moyenne en candidature libre pour grossir leur pourcentage », déclare-t-il. Cela est-il possible à l’échelle d’une région telle que le Nord-Ouest classé en tête par l’Obc en 2015 ? Et la région du Nord qui est dernière, que dira-t-elle ?

Pour la direction des statistiques de l’Obc, il n’y a pas de magie dans les calculs de pourcentage. Les résultats auraient été autres, si on avait appliqué le principe du pourcentage absolu. Il consiste entre autres, contrairement à celui du pourcentage relatif, à tenir compte, non seulement du rapport du nombre de candidats présenté sur celui des admis, mais de faire une sorte d’analyse particulière au cas par cas. Partant des effectifs et s’appuyant sur les moyennes des uns et des autres. On comprend bien que si un tel principe de calcul était appliqué, le Nord-Ouest ne serait jamais en tête en 2015. Les régions du Centre, du Littoral et de l’Ouest occuperaient inexorablement les premières places chaque année, compte tenu de leurs effectifs toujours plus nombreux. Engelbert Wong Ondoa, ancien délégué régional de l’Education à l’Est, reste dans le sillage de l’Obc et ajoute : « Ce calcul fait ressortir les efforts fournis par les uns et les autres et empêche la suprématie des grandes régions sur les petites, en nombre de candidats ». L’Obc entend donc rester sur des critères objectifs et simples qui participent d’une approche de calculs statistiques universels. Il n’en demeure pas moins que les premiers, au niveau des moyennes, sont pris en compte de façon individuelle par l’Obc, dans le classement au mérite des candidats.

Georges Parfait Owoundi

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