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Equipe type de ceux qui influencent notre football

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Par leurs actions, ils font avancer, ralentissent ou bloquent la machine du football camerounais. Ils font et défont l’opinion footballistique du pays. Ils ont des ambitions plus ou moins avouées de pilotage du foot au pays des Lions Indomptables. Dans tous les cas, ils influencent le foot au Cameroun en ce moment. Feuille de match.

 I- Les titulaires

1- Pr Joseph OWONA

Professeur agrégé de droit de grande notoriété au Cameroun, il est le président du Comité de Normalisation (CN) de la Fecafoot. Sa désignation à la tête de cet organe avait suscité beaucoup d’espoirs auprès de ceux qui veulent un Changement dans la gestion du foot camerounais, en raison de sa réputation d’homme à poigne et de son passé dans les hautes sphères du gouvernement, notamment à la tête du ministère des sports. 

Ces attentes ont été malheureusement atterrées, et en huit mois, le CN est devenu aussi impopulaire que l’équipe de Iya Mohammed à la Fecafoot. Cela est dû à l’absence de résultats significatifs en 8 mois d’exercice, et à une série de décisions malheureuses prises sous la normalisation: recrutements flous du personnel; passage arbitraire de 14 à 18 clubs en championnats professionnels; refus d’appliquer des décisions juridictionnelles du Cnosc; nominations douteuses au sein de la Fédération; etc. 

Le Pr Owona, sûr de dominer son sujet du fait de ses grandes connaissances et de sa longue expérience, a adopté un comportement jugé hautain et condescendant, ce qui a construit l’antipathie qu’il suscite aujourd’hui dans une bonne frange de l’opinion. 

Il semble s’être accommodé des méthodes du clan lya Mohammed, d’où sa grande confiance envers son Secrétaire Général, sa tendance à ne pas tenir le ministère des sports en haute considération, et une certaine propension à effectuer des dépenses non indispensables, destinées à contenter des personnes précises. C’est lui qui assumera le bilan de la participation du Cameroun à la coupe du monde 2014, et les élections qu’il aura la charge d’organiser seront une opération à haut risque: soit le foot camerounais retrouvera un minimum de sérénité, soit il sera plombé durablement. 


2.- Tombi à Roko Sidiki 

C’est le Secrétaire Général de la Fecafoot. Il l’était déjà sous l’ère Iya Mohammed, et on croyait qu’il serait éjecté du foot après sa chute. Dépositaire d’un système décrié, on pense que la Fifa l’a imposé au CN pour protéger certaines combines et certains intérêts. Discret au début du règne du CN, il a retrouvé des couleurs au fils des mois, et on voit sa patte dans certaines décisions prises par le Pr Joseph Owona. Par exemple, la non désignation de comités régionaux dans l’ensemble des régions du pays, alors que les élections avaient été dénoncées partout. Le SG a ainsi conservé le gros de ses troupes dans les régions, et c’est aux prochaines élections que cela sera véritablement perceptible. D’ailleurs, on lui prête l’intention de se présenter lui-même à la présidence de la Fecafoot. 

Le blocage du football dans la région phare du Littoral est imputé à Tombi à Roko, ses «soldats» rassemblés dans une nébuleuse dénommée mutuelle des clubs du littoral, étant à la base de tous les tripatouillages qui ont conduit le foot dans l’impasse dans la région par laquelle il est entré au Cameroun. 

Très courageux, à la limite de la témérité, son impopularité ne semble pas l’émouvoir outre mesure, et ceux qui estiment qu’il ne sera pas assez fou pour se présenter à l’élection du président de la Fecafoot risquent de déchanter. le moment venu. En tout cas, il est à la tête d’une grosse machine de guerre qui aura son mot à dire lors des prochaines élections à la Fédé. 


3.- General Pierre Semengue 

C’est le président de la Ligue de Football Professionnel du Cameroun (LFPC). Il a eu la charge de conduire le lancement du foot professionnel au Cameroun pendant les deux années expérimentales qui avaient été décidées. Le choix avait été porté sur sa personne parce qu’on pensait qu’avec sa stature de général au sommet de la hiérarchie militaire, il ferait contrepoids au pouvoir devenu gênant d’Iya Mohammed qui n’oserait pas s’attaquer à lui. 

Il a essayé d’user de son autorité, notamment en imposant les règles de répartition des fonds alloués au foot professionnel et la mutation des clubs en sociétés. Mais «la peur du gendarme» n’a pas réussi à confiner les présidents de clubs à la totale docilité, et ils ont installé à la présidence de leur association un irréductible adversaire du Général, le «Patriarche» Onambele Zibi, pour lui tenir tête. 

Pour ne pas être descendu de son strapontin à la LFPC, le Général a dû céder à la mise en place d’un comité de surveillance, et il a fallu compter sur un des passages en force du Pr OWONA pour qu’il soit porté à la tête d’un Comité Provisoire de Gestion (CPG) qui gère la transition à la LFPC. Aujourd’hui, on ne l’entend quasiment plus, il fait le mort, mais personne ne peut croire qu’il n’influence pas certaines décisions. On peut également penser qu’il fait partie du «think tank» qui est en train d’organiser la prise en main de la LFPC par des gens «convenable». 

Personne ne sait s’il finira par présenter un vrai bilan du lancement du foot pro au Cameroun, mais s’il consent à le faire de façon objective, il est fort à parier que certains «coqs qui chantent si fièrement aujourd’hui» se souviendront qu’ils viennent d’un œuf couvé par un système qui peut les broyer à tout moment. 


4.- Issa Hayatou 

Le président de la CAF est un ancien président de la Fecafoot. On pense qu’il tire toujours les ficelles à la fédé pour veiller à ce que ce soit ses hommes qui la dirigent, afin qu’elle lui serve de base arrière pour certaines opérations. C’est ainsi que son responsable du protocole à la Caf (Seydou Mbombo Njoya) a failli diriger la Fecafoot, puisqu’il a été «élu» Vice-Président à la dernière élection annulée, et, lya Mohammed étant incarcéré à la prison de Yaoundé, il aurait assuré son intérim. 

La construction d’un centre d’excellence de la CAF à Yaoundé peut être interprétée comme un geste positif de sa part pour doter son pays d’une infrastructure de dimension internationale et aider à combler le déficit infrastructurel du Cameroun. 

On le soupçonne d’avoir programmé l’inauguration de ce centre par Sepp Blatter à dessein, pour lui permettre d’être reçu par le Chef de l’Etat, afin qu’un échange de promesses soit effectué: celle du Cameroun de soutenir la candidature de Blatter à la prochaine élection de la Fifa, et celle de Blatter d’appuyer la candidature du Cameroun pour l’organisation de la CAN 2019. Dans tous les cas, sans le dire ouvertement, les camerounais estiment qu’il a intérêt à user de son influence pour que le Cameroun soit retenu s’il veut améliorer sa côte d’amour qui n’est pas au mieux dans le pays. 

5.- Samuel Eto’o Fils 

Le capitaine des Lions indomptables du Cameroun n’intervient pas directement dans la gestion du football dans le pays, mais les audiences que lui accordent le Chef de l’Etat et d’autres autorités gouvernementales témoignent de son influence dans la prise de certaines décisions. 

Son action au sein de la sélection nationale fanion est la plus voyante. Tantôt messie, tantôt démon, il pèse sur l’ambiance au sein de l’équipe nationale, et son influence tant sur ses coéquipiers que sur le staff technique est visible. On lui attribue par exemple la sélection régulière de son ami Achille Webo, tout comme la non venue du jeune Dongou avec qui il serait en froid et qui redoute de se retrouver en sa présence. 

On attribue aussi à Eto’o l’appui à la création de certains médias au Cameroun avec le dessein de dénoncer et faire tomber le système mafieux qui gère le foot du Cameroun. De même qu’on pense qu’il soutient financièrement en sous-marin certaines associations qui luttent pour le redressement du foot camerounais. 
Eto’o se positionne souvent comme recours social dans les milieux du foot camerounais. La prise en charge récente d’une évacuation sanitaire de Jean-Paul Akono, ancien sélectionneur des Lions Indomptables, illustre bien cette réalité plusieurs fois vérifiée. 

La simple évocation du nom d’Eto’o déchaine les passions dans le pays; pros et anti Eto’o se déchirent, reléguant parfois au second plan les vrais problèmes du foot camerounais, ce qui constitue du pain béni pour ses dirigeants paresseux et fourbes. 

6.- Roger Milla 

Le vieux Lion, malgré son étiquette prestigieuse d’ambassadeur itinérant semble n’avoir que sa parole aujourd’hui pour exercer une certaine influence dans le foot camerounais, tellement on le sent impuissant face à la déliquescence de ce football qu’il a contribué à hisser dans les cimes mondiales. 

Ses prises de position tranchées sont parfois jugées maladroites et hâtives, mais on ne peut nier l’évidence que ses avis mettent la pression à ceux qui gèrent le foot camerounais. Son inimitié avec Issa Hayatou semble l’éloigner du lobby des anciennes stars africaines qui, avec l’appui de la Caf, tiennent les manettes du foot dans leurs pays respectifs (Kalusha BWALYA et d’autres). 
Cependant, ses entrevues avec le Chef de l’Etat permettent d’imaginer qu’il influence les décisions discrètes mais fermes que le Président de la république et son gouvernement prennent quelquefois au sujet du football dans le pays. 

7.- Michel Kaham 

Directeur de la Kadji Sport Academy (KSA) et membre du CN de la Fecafoot, il était aussi à la tête d’une association de footballeurs dont il a cédé le siège à Maboang Kessack en raison de ses multiples casquettes. 

Il est bien connu pour ses positions médianes qui tendent toujours à ménager la chèvre et le choux, ce qui faisait de lui à un moment donné l’homme de tous les camps qui se disputaient la gestion du foot camerounais. Sauf que les dernières élections de 2013 à la Fecafoot l’ont obligé à se déterminer, et son choix s’était porté sur le clan Iya. 

L’air de rien, malgré sa discrétion apparente au sein du CN, on voit la patte de Michel Kaham à travers certaines décisions prises comme celle concernant la désignation d’entraîneurs en charge de la supervision des adversaires des Lions Indomptables. 

8.- Franck Happy 

H est président de l’Union de Douala, et Vice-Président de la LFPC. Spécialiste des effets d’annonce, il a été de ceux qui ont «rassuré» le public que le passage au foot professionnel allait induire l’amélioration qualitative du foot camerounais. 

Candidat non déclaré mais manifeste à la présidence de la LFPC, toute son action semble focalisée sur cet objectif, ce qui explique ses prises de position qui déçoivent les fans du consultant télé qu’il était. De son poste de vice-président de la LFPC, on pense qu’il influence le calendrier du championnat pour nuire à ses «adversaires» dans la course à la tête de la LFPC. 

Grand admirateur des modèles occidentaux, il est souvent enclin à faire du «copier/coller», annihilant ainsi la réflexion préalable à l’action, d’où le caractère éphémère de plusieurs initiatives prises par la LFPC. Mais à chaque fois, grâce à de solides amitiés dont il dispose dans les médias, il investit largement ceux-ci, pour essayer de justifier certaines décisions qui sont prises à la LFPC, et à faire croire que c’est ceux qui les interprètent qui les appréhendent mal. 

9.- Pierre Batamack 

Il a été rendu mondialement et tristement célèbre à travers une image qui a fait le tour du monde par les réseaux sociaux, qui le présentait cravaté par Mme Marlène Emvoutou qui lui réclamait de l’argent dont il l’aurait spoliée moyennant des promesses fallacieuses. 

En réalité, il était membre du Comité Exécutif de la Fecafoot, statut qu’il obtenait en prenant mandat dans le Littoral, sans que personne ne puisse véritablement définir à quel titre. On attribue à M. Pierre Batamack la paternité de La Mutuelle des Clubs du Littoral, qu’il dirigerait comme le gourou d’une secte. Il ne se passe pas une journée sans qu’il soit vilipendé dans les médias de Douala. Pour beaucoup, c’est le démon qu’il faut extirper du foot pour retrouver un minimum de sérénité dans la région du Littoral où l’action de sa Mutuelle a conduit au blocage du championnat. 

Il a le chic de désobéir aux injonctions des autorités administratives, tout en tenant à leur endroit un discours laudateur de citoyen faussement respectueux de la légalité. De même que, honni par le public du foot au Cameroun, il a assez de carapace pour menacer de procès tous ceux qui dénoncent ses agissements. 

En tout cas, il est de notoriété publique qu’il est le bras armé du Sg de la Fecafoot, et son action électoraliste souterraine (création de nombreux clubs de foot) le positionne comme un maillon essentiel pour le retour aux affaires des anciens fidèles de Iya Mohammed. En réalité, cette clique entend juste se servir de la puissante machine électorale mise en place par lya Mohammed, mais elle n’est fidèle qu’à ses intérêts égoïstes. 

10.- Abdouraman Hamadou 

Ancien responsable de la communication et ancien directeur de cabinet à la FECAFOOT, il est aujourd’hui à la tête de ceux qui combattent le système Iya dont il est pourtant l’un des concepteurs. Pressé de revenir au-devant de la scène, il ne supporte pas la «longévité» du CN, et il s’en est plaint au TAS. 
Connaissant bien le système lya, il affirme que le CN est entré dans la danse. Bon client pour les médias, notamment en raison de sa verve et de ses largesses envers les journalistes, il sait occuper l’espace des médias sans trop se faire bousculer au sujet de son passé. 

Qu’ils l’admettent ou pas, ceux qui gèrent actuellement le foot camerounais le redoutent, du moment où ils le savent détenteur de nombreuses informations; il peut les toucher là où ça fait mal. Sa capacité financière à assurer le suivi des procès qu’il engage au TAS en fait également un adversaire redoutable. Mais on estime aussi qu’il sait jusqu’où ne pas aller trop loin dans ses dénonciations, au risque de se tirer une balle dans le pied. 

11.- Celine Eko 

PCA de Canon de Yaoundé, elle a été récemment désignée présidente de la commission nationale de football féminin. Une décision pour le moins surprenante (prime à la médiocrité ?) au regard du climat délétère qui règne au sein du Canon et les mauvais résultats qu’il accumulait. 

Vomie par le conseil des sages du club, elle a été évincée de son poste de PCA par cet organe, à la suite d’une assemblée générale. Seulement, non seulement Mme EKO s’est cramponnée à son poste, mais en plus les instances juridictionnelles du foot ont invalidé l’assemblée générale du Canon pour absence de quorum. Il n’en fallait pas plus pour qu’on déduise qu’elle bénéficie du soutien du Pr Joseph Owona qui fut jadis président du conseil des sages du Canon. Sa nomination à la tête du foot féminin du pays est venue confirmer ce soupçon. 

On se souvient qu’elle a été la porteuse du projet de passage des effectifs de 1ère division de 14 à 18 clubs, et rien que pour cela, elle était, estime-t-on dans l’opinion, en droit d’attendre un retour d’ascenseur: elle a sauvé le Tonnerre de Yaoundé de la descente en 2ème division; la voici sauvée de la déchéance dans le Canon de Yaoundé. 

Au train où ça va, et lorsqu’on a vu sa participation voyante à l’inauguration du centre d’excellence de la CAF de Yaoundé avec ces hôtesses arborant des t-shirts mensongers sur le foot féminin, on peut croire que Mme Eko ne va pas s’arrêter à la commission du foot féminin. N’est-elle pas en train d’être préparée pour porter les ambitions que Marlène Emvoutou n’a pas pu assumer jusqu’au bout? 

II.- Les Réservistes 

12.- Adoum Garoua 

Le ministre des sports et de l’éducation physique était relativement présent et enthousiaste sur la scène du football jusqu’à la qualification des Lions Indomptables à la coupe du monde 2014. Depuis, on le sent assez mal à l’aise, ce qui justifie son silence, que son SG du ministère a expliqué comme étant voulu. 
Certains analystes pensent que le ministre Adoum Garoua n’est pas très satisfait de la gestion actuelle du foot par le CN, mais il est intimidé par la carrure du Pr Joseph Owona qui a occupé de très hautes fonctions dans le gouvernement, et qui reste un «officier de réserve» dans le sérail. N’est-ce pas pour éviter le choc frontal avec le Pr Joseph Owona qu’il a fait publier par le Premier Ministre le barème des frais de mission des accompagnateurs des Lions Indomptables au Brésil ? En tout cas, il n’est pas exclu que le ministre des sports ait opté pour une action insidieuse face aux actes (irrévérencieux ?) du Pr Joseph Owona. Et il serait naïf de croire à la nouvelle conversion du ministre Adoum Garoua à la religion du «système fédéral en football» qui prônerait que le ministère laisse faire la Fecafoot à qui il a délégué la gestion du foot. 

13.- Guy Nsigue 

Journaliste, cet ancien proche assumé d’Iya Mohammed s’est désormais revêtu de la tunique de justicier du foot camerounais. Les infos qu’il publie dans les médias où il intervient en permanence, même si elles s’avèrent parfois infondées, conditionnent grandement l’opinion camerounaise du foot. Il dispose certainement d’informateurs tapis au sein de la Fecafoot, mais soit ceux-ci s’amusent souvent à le manipuler, soit alors c’est lui-même qui pimente ses récits dont il n’assure pas le follow up. Par ses articles abondants sur le Comité de Normalisation, il a fortement contribué à son impopularité et à celle du Pr Owona. 

En même temps, Guy Nsigue cache mal les élans de protection et même de promotion envers ceux qui bénéficient de sa sympathie (Synafoc, Eto’o, etc.). Sébastien Bassong a bénéficié de son appui promotionnel, mais il n’a pas été sélectionné par Volker Finke. 

14.- Faustin Domkeu 

Président du club de 1ère division New stars de Douala, et «sponsor» de plusieurs autres clubs (Matelot FC, Noblesse du Ndé, etc.), Faustin Domkeu ne cache plus son ambition de postuler à la présidence de la LFPC. 

Pour montrer qu’il en a la carrure et surtout la volonté, il a tendance à intervenir dans tous les problèmes concernant le football camerounais à quelque niveau que ce soit. Financièrement nanti, il prend à son compte une partie importante des détresses des gens du foot, ce qui lui confère une image d’homme au grand cœur qui s’occupe déjà de tout le foot sans le diriger, et qui le fera forcément plus s’il est porté à la tête de la LFPC. 

Assez habile quand il s’agit de jouer sur l’émotivité de ceux qui l’écoutent, il sait passer de dénonciateur des errements de ses pairs présidents de clubs et dirigeants de la LFPC, à victime de son Courage que lui feraient payer ceux-là. Cela lui a valu le pseudonyme de Nelson Mandela du foot camerounais qu’il fait souvent semblant de réfuter pour mieux se l’approprier. 

Sa rivalité avec Franck Happy, qui lorgne lui aussi le siège qu’occupe provisoirement le Général Semengue, est perceptible dans le déroulement du championnat de Ligue 1. Une rivalité qui amène ces deux présidents de clubs à occuper en permanence l’espace médiatique dans lequel ils comptent beaucoup d’amis. 

15.- Volker Finke 

Malgré lui, le sélectionneur allemand des Lions Indomptables exerce tout de même une influence certaine sur le football camerounais. Cible de plusieurs personnalités du foot qui ne rataient aucune occasion pour le traiter d’incompétent indigne de la sélection fanion du Cameroun, il a su ne pas répondre à tous ces propos offensants, en se concentrant exclusivement sur son sujet. Cela a contribué à installer un relatif climat d’apaisement au sein des Lions qui n’est pas étranger à leur qualification à la coupe du monde. 

Il a également réussi à amoindrir les pressions dont il était l’objet, qui lui demandaient de procéder à un véritable Tsunami dans l’équipe du Cameroun, et d’y intégrer plusieurs joueurs «locaux» afin que les présidents-commerçants à la tête des clubs bénéficient des retombées financières de la coupe du monde. Il a opté pour la continuité et la stabilité, d’où la sélection pour le moins ordinaire qu’il va emmener au Brésil. Certes, on lui reproche de ne pas avoir lui-même annoncé sa liste, mais journalistes et analystes n’ont réellement pas grand-chose à en dire et cela peut contribuer à garantir une relative sérénité dans la préparation. 

Homme de la situation ou pas, les camerounais n’ont pas d’autre choix que de compter sur ce sélectionneur pour faire une bonne coupe du monde. 

16.- Joseph Feutcheu 

Président de la ligue régionale de la Fecafoot de l’Ouest et propriétaire de plusieurs clubs dont le plus célèbre porte son nom (Feutcheu F.C.), on prête à Joseph Feutcheu l’intention de se porter à la tête de la Fecafoot, maintenant que son candidat Iya Mohammed est hors course. 

Le foot semble se jouer à l’Ouest dans le calme et la sérénité, même si certains pensent que ce calme apparent est acheté à coups de franc CFA pour que cela serve de référence au futur candidat à la fédé lorsqu’il faudra démontrer sa capacité à gérer le tumultueux foot camerounais. 

Son club dispose d’installations appréciables à Bandjoun, ce qui ajoute un élément supplémentaire aux preuves d’engagement et de passion pour le développement du foot que l’ancien capitaine d’armée pourra brandir le moment venu pour emporter les suffrages des votants à la Fecafoot. Il disposerait d’un club au moins dans chaque région du Cameroun, ce qui sera certainement d’une grande utilité quand il sera question d’aller convaincre le corps électoral dans ces régions. 

S’il était meilleur communicant, son influence serait certainement plus importante dans le foot du Cameroun. Conscient de cette lacune, il s’emploie à la compenser en démontrant en permanence sa foi en Dieu, et en s’octroyant un pacte de non-agression avec la presse sportive. 

17.-Mathias Tangue 

On l’appelle le prophète de Bamboutos, mais personne ne connait sa fonction officielle au sein de ce club, question qu’il élude lui-même chaque fois qu’on la lui pose. Cependant, c’est lui qui s’exprime généralement au nom de Bamboutos FC, et aucun dirigeant officiel du club ne s’en est jamais offusqué publiquement, ni ne l’a renié. 

Quand les médias ne l’invitent pas, il s’invite lui-même, et à chaque fois, il fait une annonce fracassante qui se vérifie assez souvent. Il sait entretenir le suspense, focaliser les regards sur son club, et même faire planer une forme de mystère dans son fonctionnement. Et si Bamboutos FC draine autant de supporters dans tous les stades du pays, cela est dû pour une grande partie à son déploiement dans les médias et sur le terrain. 

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18.- Iya Mohammed 

L’ancien président de la Fecafoot est certes incarcéré à la prison de Yaoundé, mais son ombre plane toujours sur le football camerounais. D’une part parce que Coton sport, club qu’il a façonné, lui a survécu, et reste performant ; d’autre part parce que certains de ses fidèles, soucieux de ne pas apparaître ingrats continuent d’écumer les plateaux des médias pour faire semblant de soutenir le CN et mieux insinuer que ça allait mieux sous leur mentor. Cela leur permet de rester dans le jeu sans renier lya Mohammed. 

On remarque également certaines autres «créatures» d’Iya Mohammed qui se démènent pour se donner une nouvelle virginité dans le foot du pays, en essayant de prendre des distances avec le bilan de cette ère de la gouvernance du foot. Leur technique consiste à dénoncer des dérives du système qu’ils ont servi, en indiquant qu’ils avaient attiré en vain l’attention de lya Mohammed sur la mauvaise voie qui était empruntée. 

Finalement, le système lya semble lui survivre, et il n’est pas exclu que du fond de sa cellule, il actionne encore certains leviers afin que les siens ne soient pas complètement éjectés de la gestion du football camerounais. 

Evidemment, comme toutes les sélections, celle que vous venez de découvrir ne fera pas l’unanimité. Au contraire! Alors, qui dit mieux?

Charles Mongue-Mouyeme | Aurore Plus

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