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Enoh Meyomesse annonce sa candidature à l’élection présidentielle de 2018

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Dans une interview accordée au Quotidien La Nouvelle Expression quelques jours après sa sortie de prison, l’écrivain et Homme politique camerounais n’a pas fait de mystère sur ses intentions. Il veut surfer sur la popularité qu’il dit avoir acquise durant sa période de détention.

Enoh Meyomesse croit être sur les traces des Hommes politiques africains qui ont dirigé leurs pays après un séjour carcéral. « Dieu a mis quelque chose d’extraordinaire dans la prison. Jomo Kenyata, 10 ans de prison, indépendance du Kenya, il est devenu président. Bourguiba, 10 ans de prison, il a obtenu l’indépendance de la Tunisie, il est devenu président. Nkrumah, quatre ans de prison, il a obtenu l’indépendance du Ghana et est devenu président, Sékou Toure, Jacob Zuma, etc. Et pourquoi moi, je vais m’arrêter ? », Constate l’homme politique dans une interview accordée au Quotidien La Nouvelle Expression, édition du 29 avril 2015. Pour mettre à profit la popularité qu’il dit avoir acquise durant les près de quatre années passées à la Prison Centrale de Yaoundé, il entend se présenter à la prochaine élection présidentielle camerounaise, prévue en 2018. « Ils m’ont rendu cent fois plus populaire que je ne l’étais avant.  Quelque part, je devrais même les remercier. Maintenant, je suis mondialement connu, je recevais des paquets de lettres à la prison. Parfois, il en arrivait 70 par jour. Je vivais de quoi ? De l’argent qui provenait du monde entier », indique l’homme qui s’était toujours présenté comme un prisonnier politique.

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Il pense être victime de la « conspiration » des élites « Bétis » et particulièrement « Bulu » (ethnie du Chef de l’Etat, Paul Biya) qui ne supportent pas de voir un des leurs dans la contestation. Dans cette sortie médiatique, l’écrivain condamné le 16 avril dernier par la Cour d’Appel du Centre à 40 mois de prison pour recel aggravé, alors même qu’il avait déjà passé l’équivalent de ce temps en prison, dénonce ses conditions de détention. Il affirme avoir passé plus d’un mois dans le noir à la Légion de Gendarmerie de Bertoua où il avait été transféré après son arrestation le 22 novembre 2011 à l’aéroport de Yaoundé alors qu’il revenait d’un voyage à Singapour. « J’ai failli tomber aveugle. Ça, ce sont les nouvelles lunettes que j’ai eues. En trente jours, je me suis lavé trois fois, et il fallait corrompre les gendarmes. Je sentais comme un animal. Il était également interdit de nous nourrir », raconte-t-il.   S’il est sorti de prison, seulement, le 27 avril 2015, soit près de deux semaines après le verdict de la Cour d’Appel du Centre, c’est dit-il à cause de la « désinvolture des magistrats » qui disaient attendre les résultats de l’audience. Son conseil a déposé un pourvoi en cassation à la Cour Suprême pour réclamer son acquittement. « Je ne peux pas accepter qu’ils me collent enfin cette histoire de recel. Cela a commencé par : je veux assassiner Paul Biya, ça s’est poursuivi par : je suis allé acheter les armes, et c’est devenu tentative d’insurrection, quatrièmement, c’est devenu vol aggravé en coaction, cinquièmement, c’est complicité de vol aggravé ; maintenant, ça s’achève par recel. Finalement, c’est quoi ? C’est du tâtonnement judiciaire. Il faut qu’on trouve où me pincer. Je ne peux pas accepter le verdict rendu par la Cour d’Appel du Centre », insiste-t-il.

Wiliam Tchango

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