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Endettement du Cameroun: la mise en garde du FMI

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L’institution financière internationale s’inquiète du rythme d’endettement du Cameroun et des effets découlant du risque sécuritaire.Quel est le bulletin de santé économique de l’Afrique subsaharienne ? De quels arguments pourrait-elle se prévaloir pour se prémunir contre « les vents contraires » qui tendent à entraver aujourd’hui sa croissance ? Les réponses à ces questions ont été données hier  à l’hôtel Hilton lors de la présentation du rapport du Fonds monétaire international (Fmi) sur les perspectives économiques de l’Afrique subsaharienne, avril 2015. 

Au cours de la cérémonie solennelle de présentation dudit rapport ouverte par Alamine Ousmane Mey, le ministre des Finances, les cadres du Fmi ont indiqué que « l’économie de l’Afrique subsaharienne devrait, cette année encore, enregistrer de bons résultats et connaître une croissance soutenue, de l’ordre de 4.5 %, en 2015. » Seulement, selon
Roger Nord, le directeur adjoint du département Afrique du Fmi, « cette vigueur annoncée de la croissance économique n’est cependant pas exempte de risques ».

Les assises réparties sur deux sessions autour des thèmes « Faire face aux vents contraires » et « Les chaînes de valeur mondiales, maillon manquant de l’intégration commerciale» ont permis de relever entre autres risques, les déficits budgétaires prononcés dans certains pays, le choc pétrolier ou la chute des cours internationaux de pétrole qui ont baissé de 50 %, des risques intérieurs liés à la sécurité, l’épidémie de fièvre Ébola, la chute du cours des matières premières.

D’après Roger Nord, l’Afrique subsaharienne a connu en 2014 une croissance économique robuste de 5 %, grâce surtout à la vigueur de l’investissement dans le secteur minier et les infrastructures et au niveau de la consommation privée.

Cependant, cette croissance selon de nombreux observateurs du Fmi présents s’est inscrite légèrement en retrait par rapport à l’année précédente du fait de la baisse des cours internationaux de pétrole.

Le rapport précise d’ailleurs que « l’activité devrait continuer  de ralentir en 2015 » même si l’Afrique subsaharienne restera l’une des régions les plus dynamiques du monde.

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A propos du Cameroun, Mario de Zamaroczy, le chef de division du département du Fmi a affirmé que « la baisse du prix du pétrole et le risque sécuritaire ont particulièrement aggravé la situation du Cameroun». Pour lui, ce double choc a une incidence énorme sur notre économie même si « la part du secteur pétrolier est relativement plus faible ».

Déplorant le déficit budgétaire qui ne cesse de se creuser depuis quatre ans, il a indiqué que c’est le secteur privé qui doit permettre une croissance rapide. Relativement à l’émergence proclamée et projetée pour 2035, Mario de Zamaroczy a précisé que c’est le secteur privé qui peut permettre une croissance rapide. « Nous ne sommes pas encore au niveau souhaitable et il faut faire très attention à l’endettement».

Pour affronter les chocs qui hypothèquent l’émergence du Cameroun, il a invité à prioriser les dépenses et reconstruire le matelas budgétaire, d’éliminer le mécanisme de subvention des prix du pétrole, persévérer dans les efforts visant à améliorer le climat des affaires pour favoriser l’investissement privé, optimiser la stratégie d’endettement et améliorer la surveillance et le suivi du système financier pour favoriser l’accès aux services au plus grand nombre.

Propos relativisés par Le Minfi pour qui nonobstant « les vents », l’Afrique a d’importants potentiels et l’économie du Cameroun se situe autour de 6%.

D’après Bertrand Besse Ngniah, l’un des panélistes et cadre à la Béac, l’analyse faite par le Fmi cadre avec l’économie de la sous-région. « Le choc enregistré depuis mi-2014 aura des conséquences défavorables sur l’économie de la sous-région en 2015 ». Relevant les paradoxes du rapport, l’économiste Touna Mama s’est interrogé sur le niveau d’intégration de l’Afrique dans la chaîne des valeurs, véritable problème à ses yeux.

En rappel, l’Afrique de l’Est et l’Afrique de l’Ouest semblent mieux se porter contrairement à l’Afrique centrale. C’est Emmanuel Nganou Djoumessi, le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire qui a mis fin aux travaux.

Jean-Philippe Nguemeta

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