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En attendant le remaniement, quelques indiscrétions du Palais

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Le Chef de l’Etat aurait par ailleurs dit-on, réaménagé, son agenda en fonction-dans un ordre quelconque-de la réorganisation du gouvernement, du Cinquantenaire de la réunification, du Conseil constitutionnel, du Conseil supérieur de la magistrature et de la nomination des directeurs généraux.Ses apparitions et séances de travail, à la présidence de la République tous les vendredis, étaient devenues immuables depuis quelques mois. Le 20 décembre, le Premier Ministre, Philémon Yang a été retenu plus longuement que d’habitude par le Président Biya. Au terme de cette audience de routine pas comme les autres de près de deux heures, des témoins ont décrit un chef du gouvernement à la mine déconfite, qui avait repris le chemin de l’Immeuble étoile. Cette humeur maussade sera aussi constatée le dimanche suivant au stade Ahmadou Ahidjo, pendant la finale de la Coupe du Cameroun de football où le Pm n’a, aucun moment, desserré les mâchoires.

Philémon Yang aurait-il été notifié de sa mise à l’écart, comme il se murmure de plus en plus au sein du sérail? Ou alors, aurait-il été blâmé pour sa non maîtrise des dossiers et le manque d’autorité, que lui prêtent certains observateurs? Difficile d’y répondre avec précision. Sauf à vouloir masquer une confiance à lui renouvelée par sa plus haute hiérarchie, l’homme du Nord-Ouest en est ressorti, d’après des observateurs, transformant à gouttes. Ce qui ne lui augurerait évidemment pas des lendemains agréables. Ce qui semble constant, par contre, c’est que le Chef de l’Etat n’aurait pas ménagé son agenda, ces derniers jours. Paul Biya aurait en effet, selon des sources introduites, reçu en audience l’universitaire Dorothy Njeuma, également membre du conseil électoral d’Elections Cameroon (Elecam). Cette femme à poigne fut, un temps, pressentie pour diriger le gouvernement. Elle fut écartée de la liste parce que, dit-on, elle avait trop bruyamment vendu la mèche auprès de sa communauté du Sud-Ouest et Paul Biya n’aurait pas apprécié cette imprudence.

Mais, Mme Njeuma n’est pas la seule actuellement en lice pour la primature. Selon des indiscrétions, l’ambassadeur du Cameroun en République démocratique du Congo, Martin Chungong Ayafor, séjourne depuis bientôt trois semaines dans un hôtel situé sur les hauteurs de Yaoundé. Paul Biya l’aurait ainsi invité à se rendre «disponible» pour toute autre «mission» qui viendrait à lui être confiée.

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Gouvernement d’ouverture. Et, pendant que les présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale, Marcel Niat Njifendji et Cavaye Yeguie Djibril respectivement, étaient également aperçus dans les couloirs du Palais de l’unité récemment, l’on indique que Paul Biya aurait confié, à l’un de ses plus proches collaborateurs et non moins directeur du cabinet civil, Martin Belinga Eboutou, le soin d’entrer en pourparlers avec les dirigeants du Social Democratic Front (Sdf), dans une perspective de formation d’une équipe davantage d’ouverture. Vice-président de cette formation d’opposition, Joshua Osih, interrogé par la chaîne de télévision privée Equinoxe, est resté évasif sur le sujet: «La question a été posée de façon informelle.» Son supérieur, Ni John Fru Ndi, chez notre confrère Le Jour, a posé ses préalables: «Le Sdf est un parti comme tous les autres et peut naturellement apporter sa contribution à la bonne marche du pays. Cependant, M. Biya doit faire des propositions et nous négocions par la suite. Je n’ai pas sollicité l’entrée du Sdf au sein du nouveau gouvernement, mais je dois dire que l’admission des membres de mon parti doit être négociée. Toute entrée du Sdf dépend au préalable d’une proposition de la part du Chef de l’Etat et d’une négociation avec moi». A se demander en quoi l’entrée au gouvernement du Sdf peut-elle faire l’objet d’une «négociation» du pouvoir avec le parti de Fru Ndi. Bien au contraire, c’est bien ce dernier qui en profiterait dès lors que rien, mais alors rien, n’oblige visiblement Paul Biya qui dispose d’une très large majorité dans les deux chambres (Assemblée nationale et Sénat), et surtout que le pays ne n’observe en ce moment aucune crise, susceptible de former forcément gouvernement d’union nationale. Seule, la politique de la main tendue de Paul Biya à la plupart des partis politiques représentatifs pourrait expliquer une telle démarche. Et, dans la même perspective, le retour du Mdr, le parti de Dakolé Daissala aux affaires n’est pas à exclure.

Dans cette ambiance studieuse, Paul Biya aurait dû, apprend-on d’une source généralement crédible, réaménager son agenda de fin 2013 et début 2014. Ainsi, sauf changement de dernière heure, la traditionnelle cérémonie de présentation des vœux, initialement prévue le 3 janvier, aurait été repoussée au 9 du même mois. La mise en place du Conseil constitutionnel et le remaniement ministériel pourraient alors intervenir dans l’espace. Sans oublier la célébration du Cinquantenaire de la réunification, qui avait été annoncée pour avant fin 2013, mais qui devrait être marquée par l’entrée en scène de nouvelles figures, aussi bien à la tête qu’au sein de l’équipe. Dans la même veine, l’on annonce la tenue imminente d’une session du Conseil supérieur de la magistrature. Son président, qui n’est autre que le Chef de l’Etat, préparerait en ce moment d’importants actes de promotion de magistrats, des sanctions contres des magistrats véreux, mais aussi, des mesures de grâce à l’intention de certains détenus à qui des formulaires y relatifs auraient été distribués depuis le début de la semaine dernière.

WebAdmin

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