Economie

en 9 ans d’activités, la DSX n’affiche que 500 milliards FCfa de capitalisation boursière

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Depuis le mois de mai 2006, date de l’introduction de la toute première entreprise (Société des eaux minérales du Cameroun) à la Douala Stock Exchange (DSX), la bourse des valeurs mobilières du Cameroun, ce marché financier ne totalise que 500 milliards de francs Cfa de capitalisation boursière, a indiqué le ministre des Finances, Alamine Ousmane Mey, au cours d’un exposé lors du dernier Cameroun Business Forum (CBF), plateforme d’échanges entre le gouvernement et les opérateurs du secteur privé.

«On ne saurait se satisfaire de ces résultats, quand on sait que le Cameroun, dont le PIB se situe à 16 000 milliards de francs Cfa, avec un secteur privé dynamique, doit se doter d’une économie diversifiée capable d’accélérer sa croissance pour une prospérité davantage partagée, grâce à un système financier plus performant», a confessé ce membre du gouvernement camerounais. Ce dernier a également précisé que la capitalisation de la DSX ne représente qu’à peine 3,25% du PIB du pays, contre 16% pour le secteur bancaire.

Ce bilan des 9 ans de fonctionnement effectif de la DSX, qui a été créée en 2001 mais n’a lancé ses activités qu’en mai 2006, est d’autant plus inquiétant que, selon les chiffres du Ministre Alamine Ousmane Mey, le compartiment actions de ce marché financier n’affiche que 164 milliards de francs milliards, contre 337 milliards de francs Cfa pour le compartiment obligataire. Pourtant, au lancement de la DSX, le gouvernement camerounais ambitionnait d’introduire à sa cote, pas moins de 10 entreprises au cours des cinq premières années de fonctionnement.

Mais, 14 ans après sa création et 9 ans après le lancement effectif de ses activités, la DSX ne cote que trois lignes d’actions (Semc, Socapalm et Safacam). Bien plus, les seules entreprises présentent sur ce marché financier ne l’ont été qu’au moyen d’opérations visant à céder une partie des actifs de l’Etat dans ces sociétés. Même sur le compartiment obligataire, les opérations sont davantage, sinon exclusivement, conduites par des entités publiques (Etats du Cameroun et du Tchad, BDEAC et SFI).

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Des prestations onéreuses

Bref, le secteur privé camerounais semble bouder la DSX. En effet, ces opérateurs qui ne cessent pourtant de décrier l’accès difficile aux financements dans le pays, se contentent de participer aux transactions sur cette place boursière située dans la capitale économique, ville qui abrite pourtant 79 des 100 premières entreprises du Cameroun en termes de chiffres d’affaires, selon un recensement de l’Institut national de la statistique (INS). Mêmes les mesures d’incitations fiscales prises par l’Etat, notamment un abattement substantiel de l’impôt sur les sociétés pour les entreprises cotées, n’ont pas encore réussi à convaincre les investisseurs à aller lever les fonds à la DSX.

A l’origine de ce manque d’intérêt pour le marché financier camerounais, les opérateurs économiques camerounais invoquent surtout la cherté des opérations. «Le coût de sortie d’un investissement à la bourse de Douala n’est pas très compétitif par rapport à ce qu’offre le secteur bancaire», avait confié à l’hebdomadaire Le Financier d’Afrique, Albert Florent Bengala, DG de Cenainvest, une entreprise de capital risque qui a pignon sur rue dans le pays. Suffisant pour que les institutions bancaires, agréées comme prestataires de services d’investissements (PSI) à la DSX, livrent une concurrence déloyale au marché financier camerounais.

En effet, apprend-on de bonnes sources, il n’est pas rare que les PSI de la bourse de Douala, jouant sur les coûts élevés des opérations à la DSX, détournent plutôt vers leur propres portefeuilles crédits, les opérateurs économiques désirant lever des fonds à la bourse de Douala. Dans ce cas, ces intermédiaires de bourse proposent alors aux entreprises ainsi détournées de la DSX, des taux d’intérêts sur crédits nettement plus compétitifs. Au grand dam de la place boursière de Douala, qui joue ainsi inconsciemment un rôle de dynamisation du marché du crédit bancaire.

Brice R. Mbodiam

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