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Emballages plastiques: où en est-on ?

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Le 10 avril dernier, les services des Douanes dans le Littoral ont mis la main sur une cargaison masquée de 30 tonnes de boissons hygiéniques et d’emballages plastiques non-autorisées. Ces plastiques « non-autorisés », objets de la saisie, sont ceux interdits depuis le 24 avril 2014 au Cameroun. En effet, cela fait exactement un an que le gouvernement a décidé d’interdire l’utilisation des emballages plastiques de moins de 61 microns (non-recyclables), présentant des dangers pour l’homme et l’environnement. Cette décision s’est matérialisée par l’entrée en vigueur des textes réglementant ce secteur.

L’annonce de la saisie d’emballages plastiques non-conformes sur le territoire camerounais, un an après l’entrée en vigueur des textes, force à poser deux constats. Le premier : les emballages plastiques de moins de 61 microns continuent de circuler, malgré l’interdiction en vigueur. Le deuxième : le problème de la contrebande qui déverse encore d’énormes quantités de plastiques non-conformes persiste. Les emballages non-autorisés saisis à Douala le 10 avril dernier, venaient de franchir les frontières du Sud-Ouest du pays. Preuve que les mesures de contrôle à ces niveaux devraient être renforcées pour rassurer et calmer les industries locales qui crient à la concurrence déloyale.

Outre le phénomène de la contrebande qui a la peau dure, il y a la faible production d’emballages plastiques conformes au niveau local. Le moins que l’on puisse dire, est que les professionnels de ce secteur se sont arrimés à la nouvelle norme, en dépit du délai de grâce a eux accordés avant l’entrée en vigueur des textes. C’est qu’il y a eu, comme une mauvaise interprétation de la nouvelle réglementation. Des échanges ont d’ailleurs eu lieu entre les opérateurs du secteur de la plasturgie et le ministère des l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable(Minepded).

Dans une interview accordée il y a quelques jours à Cameroon Tribune, Hele Pierre, ministre en charge de l’Environnement, expliquait à ce sujet que : « des débats, il a été décidé de clarifier la notion de bio et de non biodégradabilité et de revoir les textes réglementaires en conséquence. Pour trancher sur les débats interminables sur les oxo, les bioplastiques et les non-biodégradables, il a été retenu que tout plastique est autorisé à la seule condition d’avoir une épaisseur égale ou supérieure à 61 microns. » Il reste la question de la cherté des matières premières nécessaires à la production des emballages plastiques conformes. Pour cette préoccupation et toutes celles portées à l’attention du gouvernement par les  industriels locaux de la filière plasturgie, les concertations se poursuivent pour trouver le juste milieu entre la préservation de leurs investissements et la protection de l’environnement et de l’homme.

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Parvenir à éradiquer complètement les emballages plastiques, c’est gagner le pari de la sensibilisation, afin d’amener les Camerounais à se défaire des vieilles habitudes qui, on le sait, ont la peau dure. Le Minepded continue de sensibiliser sur les dangers des plastiques non-recyclables sur la santé humaine et sur la nature. 
La mise sur pied des comités et équipes au niveau des circonscriptions administratives sous la supervision des gouverneurs de région ont permis à fin 2014, soit huit mois après l’entrée en vigueur des textes, de saisir 431 tonnes de plastiques non-conformes, d’après les données du Minepded. Pratiquement la moitié, soit 200 tonnes ont été saisies dans la région du Littoral. A ce stade de la répression, le Minepded se dit satisfait. L’objectif n’est pas de voir disparaître totalement les emballages plastiques, mais d’enlever des circuits, les emballages de moins de 61microns. Sur le marché, les emballages interdits côtoient encore ceux conformes à la réglementation. Ces derniers sont plus visibles dans les supermarchés et autres grandes surfaces où les clients doivent choisir soit de se les offrir au prix fort, soit de transporter leurs produits en main. Les solutions alternatives aux plastiques annoncés en grande pompe il y a un an pour satisfaire la demande restent attendues.

Un an après l’interdiction des emballages plastiques de moins de 61 microns, le gouvernement est certes loin d’avoir gagné la guerre. Toutefois, les batailles vont se poursuivre jusqu’à atteindre les trois objectifs visés dans la stratégie nationale de gestion des déchets en ce qui concerne les emballages plastiques : interdire et retirer de la circulation 30% des déchets d’emballages plastiques par la mise sur pied d’un cadre réglementaire ;  valoriser 40% des emballages plastiques ; détruire 30% des plastiques restants. De manière globale, le respect des normes devrait permettre à chaque producteur de récupérer et de recycler au moins 80% des emballages plastiques. Ainsi, le Cameroun pourra réussir ce pari que d’autres pays tiennent déjà.

Josiane TCHAKOUNTE

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