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Education: être enseignant aujourd’hui

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Comme dans chaque métier, on croise un peu de tout dans cette corporation : passionnés, fiers, riches, pauvres, déçus, aigris…C’est par admiration pour dame Isabelle Tankeu, sa vénérable maîtresse de CM1, qu’Huguette B., professeur de français dans un lycée de la place, a choisi de faire carrière dans l’enseignement. « Je n’aurais pas pu faire un autre métier dans ma vie. Cette maîtresse, sans même le savoir, m’a transmis le feu sacré tellement elle me faisait rêver : toujours bien habillée, parfumée, fraîche par tous les temps. Dès le jour où je suis rentrée à l’Ecole normale, j’ai décidé de vendre le même rêve à mes élèves. Ils doivent savoir qu’il y a une fierté à être enseignant : nous ne sommes pas des gueux. Moi, je suis en catégorie A2, la plus élevée de la Fonction publique », explique le professeur.

Toujours sur son 31, la trentenaire ne passe pas inaperçue dans l’établissement, au point de devenir l’une des références. De sa poche, elle offre des récompenses, -des livres-, à ses meilleurs élèves et n’hésitent pas à visiter les plus vulnérables en famille. « Par ses méthodes, elle accroche vraiment les élèves qui donnent ensuite la peine de travailler dur pour lui plaire. Les classes qu’elle tient voit leurs résultats s’améliorer incontestablement », assure un censeur de secteur dans le lycée.

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Diamétralement à l’opposé de l’enthousiaste sus évoquée, Julie N., professeur de physique et chimie dans un autre établissement public, a tout du fameux personnage de bande dessinée « Schtroumpf  grognon ». Elle avoue avoir trop conscience de tout ce qui ne tourne pas rond : salles de classe bondées où on se fait insulter de plus en plus et n’éprouve plus le plaisir de transmettre son savoir. Effectifs pléthoriques avec pour corollaires des montagnes de copies à corriger, les violences et l’indiscipline en nette croissance, donc. Mais aussi un cadre de travail souvent inapproprié : pas de salle des professeurs dans de nombreux établissements, encore moins de toilettes, une chaise où s’asseoir et une table pour disposer ses effets dans les salles de classe. « Il y a même pire avec des infrastructures ouvertes aux quatre vents et qui exposent enseignants et élèves aux intempéries et maladies. Comment veut-on qu’un enseignant installé dans une salle de classe qui suinte de toutes parts soit propre ? Comment veut-on qu’un maître réduit à dispenser ses cours dans la cuisine enfumée d’une grand-mère soit pris au sérieux ? », interroge Julie N.

Et là arrive sur la table l’épineuse question de la perception de l’enseignant par la société actuelle. Elle est bien loin l’époque où le maître était vénéré par ses élèves, ses propos comptant pour parole d’évangile. Le respect pour l’enseignant, détenteur et dispensateur de connaissances, semble avoir été jeté aux orties. Il n’y a qu’à voir comment certains parents leur parlent et les traitent.

Sources: Camernews

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