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Ecrans Noirs 2014: C’est parti pour une semaine de cinéma

Ecran noir

Le coup d’envoi de la 18ème édition du Festival Ecrans Noirs a été donné samedi dernier à Yaoundé

Le Palais des Congrès de Yaoundé a abrité samedi soir la cérémonie d’ouverture de la 18ème édition du festival du film africain «Ecrans Noirs». Au programme : la traditionnelle montée des marches sur tapis rouge, avec son strass, ses paillettes et les crépitements de quelques flashes de photographes; et la projection du film d’ouverture du festival. Le musicien Ekambi Brillant a été mis à contribution pour chauffer la salle avant le lancement du film d’ouverture qui a connu un léger retard à la diffusion. Programmé à 20h30, il a plutôt démarré à 21h20. Pour cette édition, Bassek Ba Khobio – le promoteur du festival – a décidé de présenter à ses invités, en guise de film d’ouverture, une fiction poussiéreuse : «A la recherche du mari de ma femme», du réalisateur marocain Mohammed Abderrahman Tazi.

«A la recherche du mari de ma femme»

ecrans noirs - bassek ba Kobihio

ecrans noirs – bassek ba Kobihio

Le film raconte l’histoire tragique et comique de Mohamed Ben Moussa, riche bijoutier polygame dans la ville de Fès, et de ses trois épouses : Lala Rabea, Lalla Hobbi et Houda, la plus jeune des trois. Le ménage mène une vie plutôt paisible jusqu’au jour où le chef de famille, très grincheux et jaloux, décide de répudier Houda lui reprochant simplement le fait d’avoir ouvert la porte au vendeur de moutons dans une tenue laissant transparaitre ses atours. Très vite, les deux autres femmes manifestent leur mécontentement en négligeant de prendre soin de Mohamed Ben Moussa. Il en va de même de l’un des enfants du ménage, envoyé à l’école coranique pour avoir demandé le retour de la femme répudiée. Le film prend un tour comique au moment où Mohamed Ben Moussa décide de reprendre Houda, qu’il affectionnait toujours par ailleurs, dans son ménage. Malheureusement pour lui, l’autorité religieuse lui apprend que c’est la troisième répudiation et qu’il y a dans ce cas un prix à payer: Que la femme soit mariée à quelqu’un d’autre et que ce dernier la répudie en retour.

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«un homme qui n’y prendrait pas goût»

Mohamed Ben Moussa entreprend alors des démarches pour trouver un homme à Houda, «un homme qui n’y prendrait pas goût» et qui devrait la répudier le lendemain du mariage. Aidé par des proches, le riche bijoutier accepte qu’un certain Mostapha, vacancier dans la ville, épouse Houda pour la répudier le lendemain, contre forte rémunération financière Malheureusement pour le polygame, Mostapha, qui a une autre casquette de braqueur, apprenant que la police est à ses trousses pour une voiture volée, quitte le pays précipitamment le lendemain du mariage… sans répudier sa nouvelle épouse. Apprenant cet événement inattendu, Mohamed Ben Moussa décide d’aller le retrouver en Belgique. A l’ambassade, à la question du motif de son voyage, le riche bijoutier répond : «Je m’en vais à la recherche du mari de ma femme». Le visa lui est refusé et c’est par la mer que le téméraire Mohamed Ben Moussa tente de se rendre en Belgique à bord d’une vieille barque avec d’autres migrants. Le film s’achève sur cette image à la limite du risible.

C’est sous de chaudes ovations que le réalisateur, Mohamed Abderahmane Tazi, a été présenté au public présent au Palais des Congrès de Yaoundé à la fin de diffusion de ce film produit en 1993. On le devine bien, Bassek Ba Kohbio a voulu rendre hommage au cinéma marocain en projetant cette fiction, cinéma à l’honneur cette édition avec une thématique qui lui est consacrée: « Cinéma. Art, commerce et industrie. Les cas marocain et Nigérian : Quel choix pour l’Afrique centrale ? »

Cette comparaison laisse l’observateur pantois vue la taille de la production du Maroc : 22 ou 23 films par an ; par rapport au Nigéria dont l’industrie cinématographique permet de produire plus de 1200 films par an. Le colloque prévu vendredi prochain sur la thématique du festival devrait permettre de voir plus clair dans le choix de Bassek Ba Kohbio pour ces deux pays. Les «Ecrans Noirs» s’achèvent le 26 juillet 2014 après une semaine d’activités qui seront marquées par des projections gratuites dans certains sites dédiés et des rencontres professionnelles autour du cinéma camerounais et africain.

Eugène C. Shema – JournalDuCameroun

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