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Ebola, la désastreuse psychose

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La perception que l’on a de la fièvre Ebola pourrait être aussi pernicieuse que la maladie elle-même.

Le temps passe vite, voilant la mémoire. Qui se souvient encore de ce collège de jurés portant des masques lors du procès d’un homosexuel sidéen, en 1982 à Los Angeles ? On en était au début de l’épidémie de sida. On ne maîtrisait pas parfaitement ses modes de transmission. La porte s’ouvrait, par conséquent, à toutes sortes d’actes irrationnels par peur de la maladie.Que dire aujourd’hui de l’épidémie Ebola, lorsqu’on regarde certaines décisions censées la conjurer ? Lorsque qu’au nom de cette fièvre hémorragique des hommes d’affaires brésiliens annulent un voyage en Namibie.

Lorsque qu’une compagnie thaïlandaise met une croix sur un déplacement de ses personnels en Afrique du Sud. En regardant sur une carte d’Afrique, on se rend compte tout de même que ces deux pays de la partie australe du continent se situent à des milliers de Kilomètres des foyers épidémiques d’Afrique de l’Ouest ou de la République démocratique du Congo. Mais que dire, plus près de nous, de la Guinée équatoriale qui suspend les vols de sa compagnie nationale vers… le Cameroun ? Faudrait toutefois préciser que cette mesure concernait déjà les pays de la côte ouest-africaine.

Le virus Ebola, en soi, on sait aujourd’hui qu’il ne se transmet que par contact direct avec les fluides corporels du malade : sang, sueur, vomissures… Le virus ne se transmet pas dans l’air. Ce qui a commencé à rendre dérisoire les combinaisons de martiens que l’on voit, à la télévision, porter certains personnels sanitaires. Il est vrai que la prise en charge des premiers cas d’Ebola a fait quelque 120 victimes parmi les personnels hospitaliers en Guinée, Sierra Leone, Liberia et Nigeria. Mais cette saignée a cessé dès lors que des mesures d’hygiène appropriées ont été prises dans les centres de traitement. Ce qui fait que, seul le port de gants et d’un masque de chirurgien, pour la protection de la bouche et du nez, sont exigés aujourd’hui, dans les milieux sanitaires de ces pays.

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Les médias ne parlent pas assez de ces meilleures pratiques simples qui sont pourtant de nature à tempérer la psychose. L’on a avancé un taux de mortalité de 90% au début d’Ebola. L’on a beaucoup parlé de ces volontaires américains contaminés en Afrique de l’Ouest et guéris par un médicament expérimental. Mais pas assez de ces milliers de guérisons dans les pays touchés, lorsque le malade est pris en charge à temps, grâce à la réhydration et aux transfusions sanguines, le cas échéant. On ne parle pas assez des rémissions obtenues grâce au traitement de patients par une forte dose de vitamine C, comme l’ont prouvé les recherches du Professeur Robert F. Cathcart, un spécialiste en médecine Ortho-moléculaire. Sans doute parce qu’on attend un vaccin ou un sérum-miracle. Comme pour le paludisme. Lequel continue à faire des millions de morts chaque année, alors que des méthodes simples, dont l’assainissement du milieu, l’usage de moustiquaires, ont pourtant démontré leur efficacité, depuis bientôt cent ans.

Or, la psychose qui entoure Ebola aura des conséquences économiques désastreuses. Comme ce fut le cas pour la grippe aviaire du milieu de la décennie 2000. La psychose décima plus de volailles que la grippe. Il est temps d’aborder l’épidémie d’Ebola dans ses justes proportions au risque de mettre inutilement l’Afrique en quarantaine.

MONDA BAKOA | Cameroon-tribune

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