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Eau potable: Le problème reste profond

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La journée mondiale dédiée au précieux liquide hier, permet de constater que plusieurs foyers de Yaoundé sont toujours victimes de coupures.Y a-t-il un son plus mélodieux que celui provoqué par l’écrasement d’un filet d’ eau au fond d’une bassine après des semaines passées sans le précieux liquide ?

Aucun de l’avis de Marion Ntounda, riveraine du quartier Ayene à Yaoundé. Samedi encore, elle et ses deux enfants ont fait des va-et-vient incessants entre leur maison et le « point forage » – nom donné à ce robinet des Brasseries du Cameroun –  non loin de son domicile. Comme nombre de ses voisins, elle a fini par baisser les bras et ne s’interroge même plus sur la sécheresse des robinets. « Quand l’ eau coule, nous sommes contents. Quand elle se coupe, nous nous battons pour trouver des moyens d’en obtenir. Personne ici ne se prend plus la tête pour cela », dit-elle. « Ce qui est surprenant, c’est que nous suivons tous les jours à la radio et à la télévision que les stations d’eau sont réhabilitées et que les choses vont s’améliorer », rechigne un des voisins qui capte la conversation au vol. « C’est la journée mondiale de l’eau demain ? Ça se célèbre aussi chez nous ? », se moque un autre.

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Après la résignation, le mot d’ordre adopté c’est la débrouille. A Ayene, mais aussi dans de nombreux quartiers de la ville. Puits, forages, réserves… Tous les moyens sont bons pour contrer la pénurie. Tous les 22 mars, la journée mondiale s’intéresse à l’accès à l’eau potable par les populations. A Damase, autre secteur de Yaoundé fortement touché par le manque d’eau, deux femmes s’attèlent à trouver de l’eau, potable ou non. Elles se réfèrent au puits le plus proche, chez un voisin. Et là il faut payer. « Je suis préoccupée par le prix du seau de cinq litres que j’ai avec moi, pas de la qualité. On verra cela une fois rentrée à la maison », déclare l’une d’elles.

La potabilisation de l’eau, lorsqu’on y a enfin eu accès, est un autre problème, en cause dans les cas de maladies hydriques. « Quand j’ai puisé mon eau, je peux y mettre une ou deux gouttes d’eau de javel », affirme Sylvain Nkono, riverain de Mvan. D’autres se penchent sur des techniques moins traditionnelles, comme la « méthode Sodis », qui consiste à exposer de l’eau au soleil pendant six heures dans des bouteilles en plastique. Si plusieurs quartiers étaient sans eau hier, la 22eédition de la journée mondiale de l’eau ne s’est pas déroulée sur une note triste pour tout le monde. « L’eau est revenue dimanche matin », a révélé une riveraine de Nsimeyong, en savourant ce retour comme une petite victoire.

Monica NKODO 

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