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Droits de l’Homme – les progrès du Cameroun ignorés par les USA

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Dans leur dernier rapport sur les Droits de l’Homme, les USA ferment les yeux sur les grandes enjambées effectuées par le Cameroun en matière de gouvernance, de liberté et même en démocratie.
Quelques morceaux choisisLes gendarmes du monde n’y vont pas de mains mortes. Le Cameroun en sort copieusement noirci et pourtant…

Section I: Conditions de détention dans les prisons et les centres de détention au Cameroun

Les Usa écrivent: «Les conditions d’incarcération étaient mauvaises pour les femmes ainsi que pour les hommes. Les prisonniers juvéniles étaient souvent incarcérés avec les adultes, par-fois dans les mêmes cellules et les mêmes services. Des rapports dignes de foi ont fait état d’agressions sexuelles commises envers les prisonniers – juvéniles par les adultes. Les détenus en détention provisoire étaient régulièrement incarcérés avec des criminels».

Sans jouer les avocats d’un Etat «satané» que serait subitement devenu le Cameroun, nous pouvons tout de même commencer par nous étonner du fait que ce soit le pays de Georges Walter Bush qui passe aux avant-postes d’une dénonciation musclée des conditions de détention des prisonniers gênants. On se souvient en effet, qu’après les attentats du 11 septembre 2001, ce pays, sous le choc, n’a pas fait de détails en ce qui concerne la répression contre les malfrats vrais ou imaginaires. Le monde entier se souvient, comme si c’était hier, de la création rocambolesque de la célèbre prison de Guantanamo destinée à châtier les anti-Américains. Le président américain venait de décider de venger le peuple américain par tous les moyens possibles, humains et inhumains, sans aucune limite raisonnable. On arrêta coupables et innocents et on les enferma dans les mêmes conditions atroces de détention. Et, le plus intéressant sera que pour l’avoir fait, Georges Bush fils recevra des Américains un deuxième mandat. Questions: où étaient passés les droits de l’Homme? On aurait dit que ces nombreux Arabes, musulmans, supposés alliés de Ben Laden, étaient subitement devenus des sous-hommes ou mieux simplement des animaux qu’il fallait domestiquer à l’américaine. C’est cela qui la plupart du temps, fait rire les pays arabes qui ont compris depuis des lustres que les droits de l’Homme dont parlent les Américains ne sont ni plus ni moins que de l’évangile, selon l’orgueil d’une superpuissance qui peut se permettre ce que les petites puissances ne peuvent oser.

Ils écrivent ensuite: «La loi prévoit également que les détenus doivent avoir accès à un avocat et aux membres de leur famille; toutefois les détenus se sont vus refuser cet accès. La loi autorise la mise en liberté sous caution, permet aux citoyens d’interjeter appel et accorde le droit de se pourvoir en justice pour arrestation illégale, mais ces droits ont rarement été exercés».

Revenons à Guantanamo. Tout le monde entier sait que ce fut l’occasion historique de tout ce qui s’appelle arrestation arbitraire, car ces êtres humains qu’on attrapait comme des rats palmistes, n’avaient pas la possibilité d’évoquer la présence d’un avocat, encore moins de dénoncer la procédure d’arrestation quelque fût son illégalité. Aux donneurs de leçons américains, il est peut-être important de poser la question de savoir si la loi c’est finalement pour les plus faibles et si les plus forts peuvent ne pas l’appliquer quand cela leur chante.

Prisonniers et détenus politiques «L’ancien Ministre d’Etat de l’Administration territoriale et de la décentralisation, Marafa Hamidou Yaya arrêté en 2012 et condamné à 25 ans de prison au cours d’un procès sans preuve véritable demeure en prison. Au cours de l’année, il a fait appel auprès de la Cour suprême et auprès du Tribunal criminel spécial. A la fin cette année, les deux tribunaux se sont déclarés incompétents pour recevoir cet appel, ne laissant aucune issue à cette affaire. Le 26 novembre, la Cour suprême a rejeté l’appel de Marafa concernant la réduction de sa peine».

On s’attendait à tout de la part des Usa sauf à l’ingérence dans les affaires sérieuses de sécurité du Chef de l’Etat d’un pays telle que le dossier de l’achat de l’avion présidentiel, piloté à un moment donné par l’ex Sg/Pr Marafa Hamidou Yaya. Sans situer le problème du mis en cause dans son contexte originel, le rapport y va de manière péremptoire en donnant l’impression que seul Marafa aurait été incarcéré dans ce dossier, parce qu’il constituerait une bête noire politique. Où sont passés les Otélé Essomba, Atangana Mebara,Inoni Ephraïm ou encore Yves Michel Fotso dans ce rapport à tête chercheuse? Soit, le rapport reconnaîtrait donc quelque part que les autres sont véritablement coupables et mériteraient le sort qu’ils subissent depuis le début de cette scabreuse affaire. S’il en est ainsi, pourquoi décider comme cela de prendre la défense de quelqu’un qui a piloté de main de maître un dossier aussi grossièrement entaché d’irrégularités financières et prétendre finalement à la fin qu’il a été arrêté sans fondement? La réponse semble se trouver finalement dans ce que plusieurs observateurs appellent les manœuvres de déstabilisation par tous les moyens possibles et, dans le cas d’espèce, ce prisonnier serait intéressant à plus titre, surtout qu’une indiscrétion révèle qu’il aurait fait quelques promesses à l’instance dirigeante américaine sur les richesses que possède le Cameroun. Les manifestations publiques récentes organisées par des associations américaines en faveur de Marafa en disent long sur l’intention historique des Usa de contrôler les pouvoirs à travers le monde. Sauf que leur plus gros obstacle dans le cas du Cameroun c’est le peuple qui en général estime que ces anciens collaborateurs de Paul Biya ont passé le clair de leur temps à narguer et à snober les populations.

Section II Respect des libertés individuelles (liberté d’expression et liberté de la presse)

Le rapport indique «Des responsables gouvernementaux ont fréquemment menacé et harcelé des personnes ou des organisations, ou arrêté des personnes ayant critiqué des politiques gouvernementales ou exprimé des vues opposées à ces politiques, ou ont refusé d’accorder un traitement égal à ces personnes ou organisations. Les personnes qui critiquaient les autorités gouvernementales en public et en privé ont parfois subi des représailles…».

Que dire alors lorsqu’on retrouve un journal qui titre à sa Une «Qui a enceinté la Première Dame?» ou encore «Paul Biya veut laisser le pouvoir à Franck». De la provocation pure et simple. Mais, bien que le Président de la République ait le droit fondamental de porter plainte en justice pour diffamation ou fausse déclaration, on n’a jamais entendu parler d’une action judiciaire intentée par ce citoyen, encore moins par son épouse qui est copieusement mangée dans toutes les sauces des feuilles de choux. Ce que le rapport des Usa refuse d’évoquer, c’est que la ligne éditoriale de certains journaux et médias c’est de faire des caricatures osées du chef de l’Etat ou de son épouse. Pour les autres personnalités n’en disons pas davantage. On s’étonne égale¬ment du fait qu’il occulte la mise en place du Conseil national de la communication avec en son sein des journalistes réputés opposants au régime en place, n’est-ce pas une avancée sur le plan de la promotion de la diversité des vues? Il ne l’évoque que pour montrer comment l’on cherche à limiter fondamentalement la liberté de la presse.

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Liberté de culte

Le rapport n’est pas explicite à ce propos. Il préfère renvoyer le lecteur à un lien sur internet, sachant bien que le Cameroun fait partie des pays encore voie de développement où les recherches sur la toile ne sont pas l’apanage de tous. Mais nous savons que ce que le rapport ne veut pas dire c’est qu’il y a eu courant 2013 une campagne de fermeture des nouvelles églises qui se trouvaient dans l’illégalité et que le Président de la République himself a ordonné que cette campagne s’arrête parce qu’elle ne cadrait pas avec l’esprit démocratique qu’il a décidé d’impulser.

Section III : Respect des droits politiques: le droit des citoyens de changer de gouvernement

Le rapport dit: «En octobre 2011, Paul Biya a été réélu au cours d’une élection marquée par des irrégularités».

On pensait que le rapport allait s’étendre sur les scores enregistrés par les candidats à cette élection pour voir si en cas d’absence d’irrégularités, les autres prétendants à la chaise royale pouvaient inquiéter le tenant du pouvoir. Ce que les Usa savent et qu’ils ne disent pas, c’est que les opposants camerounais ont étalé leurs limites depuis près de 20 ans à travers la division, l’envie de flouer les partenaires, l’orgueil, la cupidité et les calculs égoïstes. Ceci les a fondamentalement fragilisés et à la limite, on se pose bien la question de savoir pourquoi ils sollicitent encore les suffrages d’un peuple qu’ils trahissent en permanence. Voilà le vrai débat et le vrai rapport si on veut rester cohérent dans l’analyse de la situation politique du Cameroun. La pratique de la candidature indépendante, le multipartisme, la pluralité des candidatures ainsi que la pluralité des institutions nouvellement créées, sont autant d’éléments que le rapport ne mentionne pas, pourtant ils ont considérablement métamorphosé le paysage électoral. Rien à avoir avec la candidature, unique d’antan.

Section IV : Corruption et manque de transparence au sein du gouvernement

Le rapport souligne: «la loi prévoit des sanctions pénales contre la corruption; cependant, l’Etat n’a pas effectivement fait appliquer cette loi et la corruption était généralisée dans toute la fonction publique. Les fonctionnaires se sont souvent livrés à des pratiques corrompues avec impunité et les indicateurs de la gouvernance de la banque mondiale les plus récents reflétaient la gravité du problème».

Comme quoi aucun effort n’est fait pour éradiquer la corruption de la pratique quotidienne dans l’administration camerounaise. Et l’Anif? Et la Conac? Et le Tcs récemment créé? Et que dire des nombreux dossiers transmis au Tcs par le contrôle supérieur de l’Etat? En réalité, à lire de près nos amis américains, on peut conclure que la corruption est organisée et institutionnalisée pourtant les discours du Président de la République ne manque pas d’édification dans ce sens. Mais on voit clairement que le rapport américain ne met pas en exergue le passage de Paul Biya de la parole à l’acte en ce qui concerne la corruption surtout, lorsqu’il annonce au 3ème Congrès extraordinaire du Rdpc que le combat contre la prévarication de la fortune publique va se poursuivre «en s’intensifiant» et que quelques temps après, il ordonne l’arrestation de plusieurs pontes du régime. Faut-il peut-être comprendre que le rapport américain sur les droits de l’homme au Cameroun est un ramassis de ragots d’ennemis de Paul Biya avec une orientation qui banalise et occulte l’action gouvernementale? Rien n’est moins sûr.

Section VI : Discrimination, abus sociaux et trafic des personnes

Les Usa écrivent: les relations sexuelles avec une personne du même sexe, avec Nicolas Ntamack qui a été condamné à une année d’emprisonnement sur la même charge. Ombgwa et la sentence sont venus deux années plus tard après qu’Omgbwa a été arrêté alors qu’il essayait de vendre à un homme une pornographie gay Dvd dans une opération dudard de la police apparente. Ntamack était arrêté plutôt quand il désirait visiter Omgbwa au poste de police. Le mouvement de la jeunesse camerounaise a organisé des brigades anti-homosexuelles durant pour localiser et embarrasser la Lgbt jusque dans les boites de nuit. En août, le mouvement a organisé une marche publique pour préconiser plus de répression de la part du gouvernement sur l’homosexualité. Les membres suspects de la communauté Lgbt ont reçu des menaces anonymes par téléphone, des messages textes et e-mails. Ceux des membres de la Lgbt qui ont sollicité une protection des autorités, étaiera constamment extorqués, rejetés ou arrêtés».

La plupart des Camerounais qui ont eu l’occasion de lire cette partie du rapport américain, se sont tout de suite posé la question de savoir si les Américains ne confondent pas leur pays avec le nôtre. Ce qui reste clair c’est que le peuple camerounais a des valeurs avec lesquelles il ne transige pas. Les relations sexuelles avec une personne du même sexe constituent un délit au Cameroun et aux yeux de la loi, les auteurs sont considérés comme des criminels au même titre que les trafiquants de drogue ou d’organes humains. On s’étonne du fait que ce rap¬port qui veut à chaque fois s’appuyer sur la loi n’ait pas fait mention de la disposition légale qui classe l’homosexualité parmi les pratiques interdites. Tout comme il est probable que les Américains aient vu d’un très mauvais œil la mise en relief du club Homo de Marafa et connexes par votre journal qui s’était indigné du fait que l’assassinat de Djomo Pokam par sodomie n’ait pas consterné la communauté inter¬nationale. Au moment où le journal Le Messager dans son n°4034 du lundi 10 mars 2014 annonce un deuxième cas de sodomie d’un garçon de 8 ans dans cette famille, aucun rapport ne vient des Usa pour s’élever contre ce viol de mineur. Franchement, il est important qu’on comprenne où veulent nous mener les superpuissances: vers une homosexualité généralisée? Le feu Charles Ateba Eyene pensait qu’on n’en était pas très éloigné.

Section VII Les droits du travailleur

«Le gouvernement intervient généralement dans les activités syndicales. Le gouvernement a appliqué la loi du travail de façon inconsistante et la loi relative à certains secteurs du travail n’avait aucune force ou effet parce que la présidence de la République ne trouve pas d’intérêt à publier ou à rendre effectif des décrets».

Ce que ce rapport refuse de dire en gros c’est que le problème fondamental qui est celui de Paul Biya aujourd’hui, concernant la jeunesse, Cameroun de demain, c’est la création de l’emploi. C’est bon qu’on évoque le droit d’accès au travail, mais il serait plus intéressant de dire quel est l’effort fait par le gouvernement pour créer des emplois. On sait de nos jours que les projets structurants sont une occasion idoine de création d’emplois décents.


André Michel Bayiha

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