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Douala sans viande de bœuf

La-viande-de-bœuf-de-plus-en-plus-chère-à-Maroua

En raison d’un mouvement d’humeur des bouchers, opposés à la hausse du prix d’abattage. La boucherie chrétienne de Bonamoussadi (arrondissement de Douala 5e) est fermée depuis dimanche. Yves D., son propriétaire, a choisi de mettre la clé sous le paillasson, au grand dam de ses multiples clientes.

Il n’est pas le seul à avoir pris pareil « congé » dans la filière. Hier matin, 6 janvier, l’absence des bouchers se faisait ressentir. Une ménagère, à la vue des reporters de CT, déclare : « C’est depuis dimanche que nous n’avons pas de viande ici au marché ». A quelques mètres de là, Moussa, un autre boucher, est présent en revanche. Mais sur son étal, juste quelques abats qu’il liquide : « Il s’agit des restes du dernier abattage », précise-t-il.

Justement, le problème vient de cette opération d’abattage. Selon des informations obtenues par votre journal, il leur est désormais demandé 2000 francs supplémentaires au niveau de l’abattoir à Bonabéri par bœuf abattu. L’opération passant donc de 6300 à 8300 par animal. Pour les bouchers, il y a manifestement… un os. En tout cas, selon notre vendeur de viande, il est difficile d’accepter cette hausse. En outre, il explique que les abatteurs retiennent au moins 2 kilos de tendons sur chaque bête abattue. Une situation que les bouchers avaient déjà du mal à admettre.

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Au Marché New Deido et dans quelques supermarchés visités hier, la situation est la même : point de viande de bœuf, ou si peu. L’on propose désormais d’autres viandes : poulet, dinde, veau, mouton et lapin. D’après le responsable boucherie d’un supermarché de la place, la situation est très tendue. Il affirme d’ailleurs que c’est un manque à gagner considérable.

Les pertes ne s’arrêtent pas au niveau des boucheries ou grandes surfaces. Micheline, vendeuse de pain-viande à Akwa, est désemparée. C’est grâce à cette activité qu’elle nourrit ses enfants. Depuis deux jours, cette mère de famille multiplie les va-et-vient entre son domicile et l’espace marchand espérant, que la situation s’améliore. Un restaurateur rencontré sur le terrain est lui aussi aux abois. Dans son établissement, les filets de steak ou encore la fricassée de viande sont des plats très demandés. « Si rien n’est fait dans les prochains jours, ce sera la catastrophe », s’inquiète-t-il.

Pour en revenir aux bouchers, beaucoup attendent que les pouvoirs publics prennent une décision. Nombre d’entre eux espèrent même partir de cette situation pour régler d’autres problèmes, eux qui se disent « victimes de beaucoup arnaques au long de la chaîne d’abattage ». Aux dernières nouvelles, le préfet du Wouri, saisi de la situation, devait rencontrer les différentes parties sur le terrain pour trouver solution au problème.

Mireille ONANA MEBENGA

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