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Douala : rentrée scolaire: Les élèves aux abonnés absents

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Rentrée scolaire hypothéqué

La rentrée dans la quasi-totalité des établissements scolaires de la capitale économique du Cameroun, s’est déroulée dans une ambiance de cimetière, contrairement à ce qu’annonçaient certains médias. Les parents, faute de moyens, n’ont pas mis les petits plats dans les grands comme ce fut le cas en septembre 2013. Pourtant annoncée en grande pompe, et ce malgré les efforts déployés par les pouvoirs publics dont les ministères du Commerce (Mincommerce) et des Enseignements secondaires (Minesec) pour leurs luttes respectives contre la surenchère des fournitures et manuels scolaires et les établissements clandestins, le constat reste émouvant. L’on a assisté à une rentrée pratiquement terne dans la ville de Douala.

A l’école publique de Bépanda-Omnisports, comme partout ailleurs, l’heure est encore aux préparatifs. Les parents tardent toujours à inscrire leurs enfants. La plupart accusent la précarité des moyens financiers, le coût exorbitant des fournitures et tenues scolaires. A l’école «Le Réseau», c’est l’expectative des parents. «La direction de l’école qui n’a pas encore enregistré la moindre inscription a renvoyé l’échéance la semaine prochaine», soit lundi 15 septembre, nous confie sous cape l’un des responsables de cet établissement privé. Cette mesure du fondateur Eugène Happy, intervient au moment où la précarité des moyens financiers fait écho dans cette localité de la ville de Douala. Les parents quant à eux soutiennent que la surenchère des fournitures scolaires par des commerçants véreux et l’augmentation des coûts de transport, voire des frais de scolarité dans certains établissements privés constituent les causes principales, non sans souligner le chômage qui a fait son nid dans de nombreux foyers de la cité économique. «J’ai perdu mon emploi il y a de cela deux mois. J’ai quatre bouches à nourrir et je ne sais comment résoudre l’équation de la rentrée scolaire. Mes enfants sont aux aguets. Ils veulent reprendre le chemin de l’école. Je n’ai plus d’argent. En plus, les dirigeants du collège où fréquentent mes deux premiers fils ont revu les frais de scolarité à la hausse. Je ne sais plus quoi faire, ni où mettre la tête. Je suis à bout», renchérit visiblement dépassé, Julien Njock, technicien en Maintenance informatique et habitant du quartier Kassalafam à Douala.

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Tables-bancs cherchent élèves

Aux lycées bilingue de Deido, Akwa, New-Bell, Bonaberi, Koumassi et Bassa, pour ne citer que ceux-là, la fièvre de la rentrée est tombée. Les rares élèves rencontrés dans ces différents établissements avouent ne pas être encore inscrits, car jouissant du statut d’anciens. «Une marge de temps nous a été accordée par le proviseur pour nous inscrire. Vous savez, nos parents crient la conjoncture. C’est vraiment difficile pour eux de joindre les deux bouts. Surtout que nous sommes sept enfants à leur charge», confie Marlyse Nog Béa, élève en classe de 1ère D au collège de l’Agape. Au Lycée de New-Bell, le scénario est le même. «Les professeurs ont presque tous répondus présents. Pendant que, les élèves, comme lors des premiers jours de la rentrée, jouent aux abonnés absents», souligne un responsable dudit établissement sous cape. «Mais les élèves des classes d’examens ont quasiment repris les classes. Ils ont eu leur emploi de temps, les cours ont véritablement débuté», poursuit-il.

A l’École normale d’instituteurs de l’enseignement général(Enieg) à Yabassi, la rentrée a été concrète. «Nous avons effectivement débuté lundi. Les élèves-enseignants étaient présents, de même que leurs professeurs. Je suis arrivée hier et j’ai pu rattraper les cours. Le programme et l’emploi de temps nous ont été déjà donnés. Reste à attendre la date exacte des examens de fin de formation», raconte Mme Ngameni Paulette, étudiante en troisième année, visiblement émue.
Néanmoins, dans les agences de voyage par bus et par train, le plein d’œuf d’élèves de retour des congés est observé depuis lundi. Preuve que pour ces derniers, la rentrée des classes n’est pas encore à l’ordre du jour.


© Edouard Ngameni | La Météo

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