Société

Douala : Quand les « hommes de Dieu » salissent la ville

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Ce n’est pas assez que de le dire ainsi. Les évangélistes font le désordre dans la métropole économique. L’on aura tous observé. La ville de Douala est depuis quelque temps inondée par les affiches qui annoncent une grande parade d’évangélisation au stade Omnisports de Bépanda le 29 mars 2015. Du carrefour Ndokoti, en passant par Akwa, Bépanda, village. Les affiches sont pleines et posées de manière à susciter un regard. Un passage sur le pont du Wouri, laisse voir un autre décor le long de la barrière provisoire mise pour la sécurisation de l’espace des travaux de construction du 2ème pont. Ici, la couleur rouge domine les tôles et les bois.

«On se demande même s’il y a encore une autorité dans cette ville. Je crois que l’affichage anarchique est considéré comme un désordre urbain. Mais comme il y a une règlementation à deux vitesses, on est obligé de vivre ce genre de spectacle observé», laisse entendre Omer Kenfack, habitant le quartier Deido. Une opinion partagée par un autre citoyen qui pense pour sa part que, «ces affichages ne sont pas innocents. Parce qu’aucune croix St André n’est marquée jusqu’ici sur ces affiches. Il faut maintenant savoir combien les organisateurs ont payé et établir les responsabilité de ceux qui ont laissé faire», dit-il.

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Au-delà donc du caractère insalubre, il y a une autre polémique que ces affiches suscitent. Pour certains observateurs des croyances : «le Cameroun est un Etat laïc dans sa constitution. Ce qui veut dire que la religion doit rester dans une sphère purement privée», soutient Paul Foula, sociologue des religions qui s’interroge d’ailleurs: «lorsque nous tolérons aujourd`hui que des propagandes des évangélistes envahissent les murs de nos rues, avec des phrases appelant au Jihad comme « Donne ta vie à Jésus », ou encore « Venez, Ecoutez et Recevez la bénédiction de Dieu », que dirons nous lorsque les islamistes feront de même pour recruter les adeptes au suicide sur nos marchés?».

La question est toute posée et les réponses encore et toujours en attente.

© La Nouvelle Expression : Alphonse Jènè

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